Les premiers voiliers d’outardes passent dans le ciel ; les arbres se dénudent progressivement ; les crémeries ferment leurs portes… l’automne s’est installé à Montréal.
Fin de saison à la Crémerie Dairy Queen, 12 octobre 2013
J’ai cessé depuis belle lurette de me demander si Montréal est une « belle » ville. Lorsque, devant chaperonner des étrangers, je leur offre le tour du propriétaire, je suis frappé chaque fois par ses laideurs. Je côtoie à longueur d’année ses rue bordées d’immeubles qui paraissent en si piteux état qu’on craindrait qu’un vent un peu violent ne les balaie incontinent. Je connais bien ses trottoirs éventrés que j’arpente sans répit. Ses affiches criardes me proposent un anglais qui m’agresse et un presque français qui me hérisse. Certains de ces étrangers aiment Montréal au premier coup d’œil, d’autres se rebiffent. Je ne m’en offusque plus et ne tente rien pour les convaincre. Le pacte que nous avons signé, Montréal et moi, interdit les interrogations trop poussées. Puisque je suis né dans cette ville, et que j’y mourrai très probablement, je l’accepte en bloc.
Gilles Archambault, Puisqu’il faut naître quelque part, dans Montréal des écrivain, 1988
Les journées s’allongent. La température est froide, mais agréable.
Ce matin, j’ai entendu des corneilles annoncer que l’hiver basculera bientôt vers le printemps.
Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura plus de tempêtes de neige, ni d’abondantes averses ou bordées de neige. Les plus vieux d’entre nous se souviennent que mars nous a déjà souvent réservé des surprises… le cas échéant, à cette occasion, le temps s’arrête, le silence impose la sérénité, on se replie dans la chaleur des foyers pour une dernière fois…
En attendant, on profite des belles journées de février