La mesure d’une vie…

Mardi, 27 mars 2018

Le téléphone sonne tôt ce matin, peu après le petit déjeuner.

La voix de Thérèse est grave. Le message, court, ne me surprend pas. Il n’y a pas grand chose à dire. Il y aura plus de renseignements dans les jours qui viennent.

Robert Dion est mort.

J’ai le souffle coupé. Je suis incapable de parler.

 

J’écoute Satie, et d’autres musiques semblables, pendant des heures, pour me conforter, m’apaiser l’âme… amorcer mon deuil.

Je le connaissais peu. Depuis peu de temps… cinq ans max. Ce n’était pas un proche. Je le croisais à l’occasion des activités du club de photo que nous fréquentions tous les deux. Nous avions siégé sur le même Conseil d’administration pendant deux ans. Nous suivions souvent les mêmes cours, de philosophie et de politique, dans le cadre du programme d’Éducation 3e âge (ÉTA) du Collège Maisonneuve. Nous participions aux séances du groupe de philosophie des membres de l’ÉTA.

Depuis un an, je suis devenu un peu plus « intime » avec lui. Il me confiait, avec une grande retenue, ce qu’il était en train de vivre. Il me décrivait, d’une façon méthodique et très détaillée, les traitements qu’il était en train de subir, afin de lutter contre le cancer, un cancer de la prostate.

Graduellement, on le voyait moins souvent, au club de photo, aux cours d’ÉTA, aux séances mensuelles du groupe de philo.

C’est par hasard que nous nous sommes rencontrés il y a quelques mois, sur le traversier qui voguait vers les Iles-de-la-Madeleine. C’était, pour lui, un voyage improvisé… une décision d’une dernière minute, prise sur un coup de tête. Nous avions jasé de choses et d’autres, pendant quelques minutes, avant de débarquer. Puis, nous sommes allés chacun de notre côté, à explorer les Iles.

Le phare de l’Étang du Nord, aux Iles-de-la-Madeleine

Quelques jours plus tard, nous nous sommes retrouvés à nouveau, au pied du phare de l’Étang du Nord. Il devait repartir plus tôt que nous, pour retourner à Montréal — un rendez-vous médical, un suivi aux traitements qu’il subissait. Je le sentais inquiet… ce qui m’a surpris, puisque je croyais qu’il était en voie de rémission. Néanmoins, j’ai ressenti que ce voyage aux Iles serait son dernier voyage.

Je l’ai revu, une dernière fois, quelques semaines plus tard, au cours d’une réunion régulière du Club de photo. Je me suis informé de son retour des Îles, de son état. La description très minutieuse et complète de sa consultation médicale m’avait laissé soucieux. J’appréhendais, sans oser en être convaincu, que c’était le début de la fin. J’avais pressenti qu’il se savait condamné, sans pour autant avoir abandonné tout espoir, en s’accrochant à la moindre lueur d’espoir.

Puis, il y a quelques semaines, j’ai appris qu’il avait été hospitalisé au cours de la période des Fêtes de Noël et du Jour de l’an. J’ai communiqué avec lui par courriel. La teneur de sa réponse a confirmé mes intuitions : ses jours étaient comptés. Une conversation avec un de ses amis m’a révélé qu’on ne lui donnait plus que six mois à vivre. La mort est arrivée plus tôt.

Son décès me rappelle, me souligne encore plus qu’auparavant, alors que je franchis l’étape de mes 70 ans, combien nous sommes tous vulnérables… notre sort est inéluctable. Bien que je puisse espérer vivre encore une décennie, un quart de siècle si je suis chanceux, et peut-être quelques poussières de temps supplémentaire, son décès m’avise que je ne peux rien prendre pour acquis.


Lundi, le 9 avril 2018

Mesurer tout le cheminement d’une vie humaine, qui aurait pu, qui aurait dû, si le sort avait été plus favorable, être plus longue. C’est jeune aujourd’hui, mourir à 68 ans, dans notre société.

Je suis allé me consoler du départ de Robert hier, en compagnie de sa famille, ses amis, ses anciens collègues de travail, les membres des groupes qu’il fréquentait, au cours d’une cérémonie de deuil, une cérémonie très simple, au salon funéraire près de chez-moi.

Au moment d’arriver au salon, j’aperçois au loin, deux membres du Club de photo dont Robert était lui aussi un membre. À l’intérieur, je me retrouve dans un rassemblement important, où je ne reconnais personne. Je m’installe devant un écran où on projette des images qui résument en quelques minutes, 68 ans de vie : des photos d’enfance, sa naissance, l’école primaire, la première communion, l’école secondaire, l’adolescence, la vie quotidienne de la famille qu’il fonde avec Manon, sa compagne de toute une vie, ses filles, ses réunions de famille, d’amis, ses voyages, la pêche… Puis, je passe dans l’autre salle, où on projette sur un autre écran, d’autres photos, des photos « de sa caméra », plus personnelles… des paysages, des études de fleurs, de nature, de voyages. Enfin, un groupe de membres du programme d’Éducation 3e âge du Collège Maisonneuve arrive… un de mes points d’ancrage depuis que je suis arrivé à Montréal il y a six ans, là où je l’ai connu, au cours des dernières années de sa vie.

La cérémonie commence… des témoignages d’anciens collègues de travail, d’un des pilliers d’ÉTA Maisonneuve, des amis intimes, ses filles, un de ses frères, sa conjointe qui, en conclusion, nous invite à chanter Cohen, Dance Me to the End of Love… Ces témoignages me révèlent qu’en très peu de temps, j’ai appris à bien connaître cet homme, mieux que je ne le croyais — ses qualités autant que ses travers, même si je n’avais pas cheminé dans les mêmes sentiers que lui, sur l’ile de Montréal pendant plus d’un demi-siècle de vie adulte… son engagement professionnel comme animateur communautaire, son engagement syndical… ses passions pour la photo, la pêche, la cuisine, le vin…

… alors que ces témoignages se suivaient les uns aux autres, j’aperçois, entre les portes de la salle où nous nous trouvons, un cortège funéraire qui traverse le corridor, dirigé par un prêtre catholique vêtu de ses vêtements de cérémonie… le passé du Québec passe et croise le présent…

La jeune génération, celle de nos filles et fils qui engendrent la nouvelle génération qui assurera la suite de notre monde, est en train d’inventer avec nous, de nouveaux rites de passage et de nouvelles formes de festivité, de célébrations de toutes les dimensions de nos vies, individuelles et collectives : naissance, l’école, l’accouplement, le travail, la communauté, la mort.

Au cours de cette période qui commence à la mi-temps du siècle dernier, nous avons conservé Noël, le Nouvel an, Pâque, tout en décapant leur vernis religieux et nous avons cessé de parader dans les rues à la Fête-Dieu en mai. Nous avons converti la parade de la Saint-Jean en fête nationale, et nous y avons invité tous les membres de la société québécoise à y participer. L’accueil des nouveaux-nés se limite à la famille immédiate et aux amis les plus proches, en l’absence de l’institution religieuse ; voire, qu’avec le retour progressif des sages-femmes, on réduit de plus en plus la présence impériale de l’institution médicale à la naissance. On institue d’autres fêtes, l’Holloween, par exemple, et on multiplie les diverses formes de festivités communautaires, les festivals, les événements sportifs…

La question d’une des filles de Robert nous saisit tous, nous bouleverse : « Dis-moi papa, comment je m’habille pour te voir mourir ? » Robert a choisit le jour de sa mort, a planifié son adieu ultime. La loi nous permet aujourd’hui, depuis quelques années l’assistance médicale à mourir. C’est un élément du caractère unique de notre société en Amérique du nord. L’adoption de cette loi s’est faite sans déchirer le tissu de la société québécoise. C’était dans l’air du temps. Nous sommes en train d’inventer une nouvelle forme sociale d’apprivoisement de la mort. Pourquoi s’acharner à prolonger la vie inutilement, contre-nature ? Néanmoins, ce n’est pas une démarche facile. Robert avouait lui-même, dans un de ses derniers messages, que ce n’était pas facile de vivre stoïquement cette étape de la vie.

Beaucoup de leçons à tirer de cet événement… Aujourd’hui, sauf pour un accident, une maladie, une surprise, je compte bien vivre de nombreuses années. Mon vieil oncle, un des frêres de mon père, est décédé à l’âge respectable de 95 ans il y a trois ans. Mes tantes, les soeurs de mon père, sont toujours vivantes et s’acheminent vers un centenaire de vie. Mais je ne peux prendre pour acquis cet espoir d’une longue vie heureuse. Nous devons tous nous confronter à la mort ; c’est une démarche qui nous engage sur tous les plans, tant intellectuel et rationnel, qu’émotif, et social. C’est toute la personne qui doit la regarder en face.


Je me souviens, il n’y a que trois ans, nous étions trois couples assis autour d’une même table, au repas annuel des Fêtes de Noël et du Jour de l’an de l’ÉTA-Maisonneuve. Depuis, Jacques d’abord, puis Robert, nous ont quittés.

À cette occasion, Robert et Manon avaient parlé de leur projet de voyage : former une caravane de voyageurs, chacun dans leur véhicule récréatif, pour cheminer au Mexique. Ils essayaient de nous convaincre d’en faire partie. C’est un projet qui a été d’abord mis en suspend, lorsque le cancer s’est manifesté. Il y a un an, Robert reprenait confiance, envisageait même l’avenir avec confiance. Quelques mois plus tard, le sort en a voulu autrement. Lorsque je l’ai rencontré sur le traversier des Iles, j’avais perçu que la maladie l’avait beaucoup ébranlé. Il conservait l’espoir, mais sans pour autant se faire d’illusion. Ce fut, comme je l’avais pressenti, son dernier voyage.

La mort, c’est l’affaire des vivants. Robert a témoigné que c’est possible de l’accueillir sereinement.

 

 

 

Cheminant vers les Îles… journal de bord

( transcriptions des notes manuscrites de mon journal personnel, illustrées d’un dessin et d’une photo récentes, ainsi que de photos d’époque )

Shippagan, Acadie, le 26 août 2017

C’est beaucoup plus par curiosité que par nostalgie que je reviens sur des lieux, la Péninsule acadienne, que j’ai visités il y a quarante ans.

Il y a deux jours, le Village acadien. Hier, le Phare de Miscou. Aujourd’hui, une courte marche dans Shippagan.

Il faudrait que je replonge dans le passé pour mesurer toute la distance du temps – retrouver les négatifs de photos que j’ai prises à cette époque, relire les notes manuscrites dans mes calepins… faire remonter les souvenirs de l’époque…

 

Miscou 1976

 

Je me souviens qu’à l’été 1976, nous avions fait le tour complet de la Gaspésie avant d’arriver ici, en pays acadien.

Nous avions fait du camping, sauf pour les jours de pluie intense, à l’occasion desquels nous allions à l’hôtel ( pas souvent, mais je me souviens particulièrement de celui de Fort Prével ).

Déjà en 1976, on abandonnait des quais en Gaspésie…

 

Nous avions une tente en toile bleue, épaisse, une « pup tent », où j’avais tout juste ma taille, de la tête jusqu’aux pieds.

On roulait en Toyota Celica, une voiture sportive, dont le coffre était juste assez volumineux pour contenir tous nos sacs et équipements — un minimum d’équipement, un réchaud pour faire chauffer une soupe ou du café, et une glacière qu’il fallait remplir de glace.

Nous nous étions rendus jusqu’à Caraquet, puis Tracadie, Shippagan, Miscou, avant de faire demi-tour. La région était peu développée sur le plan touristique ; peu d’intérêt, sinon que pour les lieux en eux-mêmes et les gens qu’on y rencontre — essentiellement, des villages de pêcheurs. Moi, qui suis allergique aux crustacés, j’avais eu de la difficulté à trouver de quoi manger sur les îles relativement isolées de Lamèque et Miscou.

Il y a quelques jours, à Charlo, lors d’une conversation avec un employé du camping, ce dernier m’a corrigé : je ne pouvais pas avoir circulé sur la route 11 puisque celle-ci est récente. Nous avions roulé sur la route qui longe le littoral, la 134. Nous y sommes retournés cette année. J’ai constaté qu’il y a plusieurs maisons et édifices abandonnés dans certaines sections de la route. Un grand nombre de maisons sont neuves et on devine que, certaines, plus anciennes, ont été rénovées.

Il y a une certaine industrie touristique, ainsi que des centres d’achat, des édifices publics neufs. La modernité a rattrapé la Péninsule acadienne.

Le chantier maritime de Caraquet en 1976

Mais il n’y a plus de chantier maritime à Caraquet et le journal L’Acadie nouvelle a remplacé L’Évangéline.

L’Acadie, c’est un peuple… pas un pays doté d’institutions d’état, pas une province.

C’est un peuple qui affirme aujourd’hui sa fierté d’être ; un peuple qui a été fondé sur des origines tragiques : le grand dérangement, la déportation, en 1755. L’Acadie a survécu à cet événement.

C’est ce que nous expliquait notre voisine de camping hier soir. On a une forte mémoire historique en Acadie, qui s’est transmise à travers le temps.

Sa grand-mère lui disait : « Be Acadian, speak English ! ». On n’en est plus là.

Mais il reste tout de même des inquiétudes quant à l’avenir, même si le Tintamare annuel de la Fête des Acadiens affirme une présence ostentatoire au monde. Et comme au Québec, si on compte sur une immigration francophone, on demeure réservée à son égard.

Pour ma part, j’estime que cette tentative d’ethnocide ne fut qu’un des premiers épisodes d’une longue suite de nettoyages ethniques des peuples amérindiens, effectués par les Anglais d’abord, puis par leurs successeurs américains, sur tout le continent nord-américain pendant deux siècles.


Le 28 août – Sur la route… maritime

Je me détache de l’actualité depuis une semaine. Désintoxication de l’Internet notamment… pas de courriels quotidiens, pas de furetage dans mes réseaux. Je n’ai plus de connexions quotidiennes. Et je m’en passe bien, tout en reconnaissant que j’y retournerais si je le pouvais — qu’une heure seulement.

On a oublié comment on fonctionnait il n’y a pas si longtemps sans ces outils de communication sociale. Ceux-ci accaparent beaucoup de notre temps. Nous avions aussi beaucoup plus de temps pour vaquer à d’autres occupations.

La route du littoral, le long du Détroit de Northumberland

Au cours de ce voyage, je trouve utile de recourir aux cartes géographiques traditionnelles, sur papier, complémentairement à mon appareil de géolocalisation. Ce dernier n’est pas de grande utilité si on veut s’écarter, rouler sur des routes de travers, sur le circuit de la route acadienne par exemple, qui longe de littoral du Nouveau-Brunswick, de la Péninsule acadienne jusqu’au pont de la Confédération. Je ne me sers de mon appareil de géo-positionnement que lorsque les cartes traditionnelles manquent de précision.

Si je me détache des réseaux télématiques, et de l’actualité, je me positionne mieux dans le temps. Je mesure mieux le temps qui passe.

À Lamèque, j’arrête dans une station de service pour faire le plein et demander des directions, comme je le fais autrefois. Je me rends compte que je me retrouve dans un établissement qui a conservé son allure d’autrefois, tout en s’étant branché au 21e siècle : la station service est toujours un garage et pas seulement un point de service pour faire le plein d’essence ; le magasin vend toujours des items reliés à l’entretien mécanique de véhicules motorisés — ce n’est pas un dépanneur où on s’approvisionne en chocolat, en sucre et en sel tout en faisant le plein. Toutefois, la caisse est branchée sur les réseaux de flux commerciaux et financiers électroniques. On ne retrouve ce genre d’établissements à l’allure traditionnelle que dans des régions qualifiées d’excentriques, par rapport aux centres urbains ou dans les axes qui les relient — ou dans les villages historiques. Mais encore, même dans une région relativement excentrique, ces vieux garages, « comme déjà », sont devenus rares.

Je ne m’ennuie pas d’un temps qui ne s’est pas figé dans le passé. Je me souviens trop bien de certains aspects que je ne regrette pas de ce passé. Mais, pourtant, oui, parfois je déplore certaines dimensions de l’évolution culturelle, sociale et économique de notre société. Surtout, je déplore l’accélération du rythme de vie et tout ce qui en découle.

Je fuis vers les Îles-de-la-Madeleine, là où, à ce qu’on me dit, le rythme est plus lent.

 

 

 

Un temps chaotique

 

Lundi après-midi, le 17 juillet 2017

Au moment où j’écris ces lignes, un nuage passe. Fait-il partie de ce système qui pourrait nous déverser d’autres ondées, sous forme d’orage, plus tard, comme les météorologues l’anticipent ? C’est à voir. Tout ce que je constate, pour l’instant, c’est que le temps est redevenu gris, après un intermède ensoleillé de quelques heures.

Ce matin, le temps était à la pluie… toute la matinée… ce ne fut pas une surprise lorsque l’averse est tombée, drue. Le fond de l’air était frais… puis, dès que le rideau des nuages s’est ouvert, en début d’après-midi, pour laisser place au soleil, l’air s’est réchauffé… humide…

Voici, je regarde le faîte des arbres derrière chez-moi. Les rayons du soleil éclaircissent à nouveau le tableau.

 

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Le Musée d’anthropologie et d’histoire de Pointe-à-Callière. au cœur historique de Montréal. C’est ici qu’il y a 375 ans, qu’on a posé les fondements de ce qui deviendra une aventure…

 

Vendredi dernier, ce fut le contraire : soleil le matin, suivie d’une couverture nuageuse progressive de plus en plus sombre autour de l’heure du midi, et d’une pluie intense dès le début de l’après-midi.

Je ne m’y étais pas préparé. Je n’avais pas apporté mon parapluie pour notre sortie au Musée de Pointe-à-Callière, au cœur du Vieux-Montréal.

Bon… on en prend notre partie et on prolonge notre visite du musée pour passer le temps, en espérant que la pluie cesse.

On visite l’exposition en cours sur l’évolution des communications téléphoniques à Montréal depuis un siècle… une visite d’autant plus agréable qu’elle est agrémentée de la présence de ma petite fille qui faisait la découverte d’une époque qu’elle n’aura jamais connue, en compagnie de sa mère, ma fille qui, comme moi, se promenait dans la mémoire de sa propre expérience du passé…. Ensuite, on passe quelques minutes à explorer, dans une autre salle, l’Amazonie et l’univers des chamanes qui se l’ont apprivoisée… un autre voyage dans le temps…

Enfin, il faut bien se résigner à retourner chacun chez soi, quitte à se faire mouiller en se lançant d’un pas alerte sous une véritable douche, vers la station de métro la plus près…

 

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Et c’est ainsi depuis des mois.

La terre est gorgée d’eau dans ma région. Je le constate chaque fois que je traverse le boisé derrière chez-moi ou en flânant dans les parcs et les rues. C’est inhabituel à ce temps-ci de l’année.

Quel contraste avec ce qui se passe à l’autre bout du continent, en Colombie-britannique. C’est très sec là bas et les vents forts et chauds soufflent sans relâche. Quarante mille personnes doivent, ou ont dû abandonner leur logis et trouver refuge en fuyant les quelque 150 feux de forêts qui ravagent la province. L’épaisse fumée devient nocive pour la santé. Les autorités sont débordées. L’an dernier, c’était les habitants de Fort McMurtry, dans la région des sables bitumineux de l’Alberta, qui avaient dû fuir les feux qui ont détruit toute la ville.

Il y a quelques mois, il a plu à presque tous les jours, pendant six semaines en avril et mai. Des milliers de résidences ont été inondées le long des cours d’eau qui ceinturent la grande région de Montréal.

Ailleurs dans le monde, un immense iceberg — douze fois la surface de l’île de Montréal — se détache d’une des banquises de l’Antarctique. Outre Atlantique, un déluge sur Paris provoque des inondations qui s’infiltrent dans le Louvre, menaçant des toiles et des objets d’antiquité.

Ces événements climatiques deviennent non seulement de plus en plus fréquents, mais aussi de plus en plus intenses.  C’est ce que les scientifiques avaient prévu il y a plus d’un quart de siècle : des variations climatiques d’une plus grande amplitude.

Il y a deux mois, je relisais mon journal personnel du voyage que nous avons fait à travers les grandes plaines des États-Unis il y a six ans. Tout le bassin du Missouri avait été inondé tout au long du printemps jusqu’au mois de juillet. À un moment donné, nous avions été obligés de modifier notre itinéraire pour tenir compte des risques d’une catastrophe qui planait dans la région de la capitale du Dakota du sud. Quelques semaines plus tard, nous nous étions installés dans un camping au Montana, à quelques enjambées d’une rivière remplie à ras bord.

À quelques enjambées de la Clark Fork River, à Deer Lodge, Montana, le 2 juillet 2011

 

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On commence à reconnaître qu’il y aurait un rapport entre tous ces drames qui nous affligent et le réchauffement climatique de la planète… que ce sont là des manifestations du changement climatique. C’est notre absence collective de conscience planétaire qui nous empêche de « voir »…

Dans un monde de plus en plus interconnecté, où nous sommes littéralement « inondés » d’information, omniprésente, en continu, on refuse toujours de contempler l’avenir qui s’annonce pourtant si clairement. Il n’est plus suffisant de se contenter de petits gestes personnels, individuels, d’initiatives personnelles, « agir localement » chacun dans notre cour. Il faut aussi complètement repenser collectivement nos manières de vivre.


Quelques pistes de solutions :
  • apprendre à vivre plus simplement ; ralentir notre rythme de vie ; militer pour une réduction universelle de la semaine de travail ; transiter d’une économie et d’une société axée sur la consommation à une société de loisir — cultiver nos jardins, enjoliver notre environnement, apprendre à flâner…
  • réduire radicalement notre consommation, notamment notre consommation d’énergie et corriger notre manie d’accumuler…
  • lutter activement contre l’obsolescence programmée, particulièrement dans le domaine de l’informatique ; résister aux incitations de remplacer nos appareils de communication et de traitement de l’information…
  • cesser de gaspiller, préférer les produits locaux surtout en alimentation ; recycler systématiquement…
  • réduire les dépenses militaires ; rétablir les contrôles sévères et la réglementation des institutions financières, particulièrement des banques — interdire le financement de l’état par les banques…
  • décentraliser nos institutions politiques ; recentrer la base de l’exercice démocratique au niveau local ; limiter le pouvoir des grands ensembles…

 

 

 

Au café

le café est servi…

bien installé devant la table, je peux commencer à matérialiser mes pensées…

… bâillonner le bavard électronique, ouvrir mon carnet, décapuchonner ma plume, laisser mon regard s’absenter, puis concentrer mon attention…

… clarifier mes réflexions sur le sujet, laisser venir l’inspiration, les observations… puis les noter…

… écarter celles qui sont intéressantes, certes parfois connexes au sujet, mais néanmoins non pertinentes…

… rassembler les autres, les ordonner, les tisser progressivement dans une trame…

… laisser aller

 

 

 

Étude : au quart de seconde

 

me promenant, anonyme, la caméra pointée droit devant au bout du bras droit plus ou moins ballant, le doigt sur le bouton de déclenchement, sans qu’il y paraisse, déclenchant selon l’inspiration, à une vitesse d’obturation réglée au quart de seconde…

une suite de quatre déclenchements…

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dans la station de métro, me dirigeant vers l’entrée de la Grande Bibliothèque, montant sur l’escalier mobile, m’immobilisant quelques secondes sur le grand escalier face aux cages d’ascenseur, puis poursuivant ma marche dans un corridor, jusque vers la salle de la Collection nationale…

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American Notes : le parcours d’un livre

American Notes, de Charles Dickens. Exemplaire imprimé chez T. B. Peterson & Brothers, Philadelphie. Date de publication estimée : 1857

Pour poursuivre ma lecture de American Notes, de Charles Dickens, ce récit du voyage de six mois que le grand écrivain anglais a effectué, de janvier à juin 1842, en Amérique du Nord, je dois me rendre, sur place, à la Grande Bibliothèque.

Examinez les photos du livre, ci-haut et dans le billet précédent. C’est un vieux livre. Je tourne les pages avec précaution ; elles sont raides, comme du carton ; la reliure du livre est fragile.

Cet exemplaire du livre m’intrigue. La page titre nous informe que le livre a été imprimé aux États-Unis, à Philadelphie. Il n’y a pas de date, ni de mention de droit d’auteur, uniquement le nom et l’adresse de l’imprimeur. Au milieu du 19è siècle, les auteurs, dont Dickens, luttaient toujours pour faire valoir leurs droits sur leurs œuvres. Les Américains notamment, refusaient de reconnaître l’institution du copyright international. L’exemplaire que j’ai en main est forcément une publication piratée.

Je voulais en savoir plus, connaître le parcours de cet exemplaire spécifique.

Il y a quelques jours, une bibliothécaire de la Grande Bibliothèque m’a aimablement guidé dans ma recherche sur le parcours de ce livre. Elle m’a signalé d’abord que le livre avait fait partie de la Collection Gagnon, une collection d’une grande importance que je ne connaissais pas. Ensuite, naviguant dans l’Internet d’une source de renseignements à une autre, elle a réussi à retracer l’année de la publication de l’édition américaine de American Notes : cet exemplaire du livre a été publié aux États-Unis par T. B.  Peterson & Brothers, à Philadelphie, en 1857, il y a 160 ans.

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La Collection Gagnon

La Grande Bibliothèque est l’une des constituantes de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Elle est devenue dépositaire de diverses collections de documents lors de la fusion des activités de la Grande Bibliothèque et de la  Bibliothèque nationale du Québec il y a une quinzaine d’années, et de la fusion subséquente de la Bibliothèque nationale et des Archives nationales du Québec il y a douze ans.

Un fiche collée à l’intérieur de la couverture du livre nous informe que cet exemplaire fait partie de la Collection Gagnon. J’apprends que la Collection Gagnon est un véritable trésor bibliographique sur l’histoire de l’Amérique et particulièrement de l’Amérique française. Cette collection comporte des ouvrages et des documents très anciens, qui remontent jusqu’ au début des années 1500, soit jusqu’aux premiers récits des grandes explorations du continent américain. On y retrouve, entre autres, les écrits de Bartolomé de las Casas, qui a dénoncé dès le 16è siècle la barbarie des Conquistadors espagnols à l’égard des peuples amérindiens de l’Amérique. Cette collection contient aussi la première édition du récit des voyages de Jacques Cartier, les Voyages de Champlain, les Relations des Jésuites et d’autres récits de voyages et d’explorations.

Mais ce qui m’a le plus surpris, c’est l’origine de la Collection Gagnon.

La bibliothécaire m’informe que la Bibliothèque centrale de Montréal avait acquis cette Collection d’un certain Philéas Gagnon, un négociant de Québec, en 1910 ; que ce collectionneur avait assemblé sa collection sur une période de 35 ans, de 1875 jusqu’à 1910.

De retour chez-moi, je poursuis mes propres recherches. Le Dictionnaire bibliographique du Canada contient une notice biographique sur Philéas Gagnon. J’y apprends que Gagnon est un tailleur, qui a pignon sur rue à Québec. Ce négociant, dès le début de la vingtaine, commence à s’adonner à la collection de livres.

Malgré une formation scolaire relativement mince et de modestes revenus de tailleur, Gagnon réussit, par des achats judicieux dans les nombreuses ventes à l’encan locales, par l’utilisation d’encarts publicitaires dans des revues spécialisées même étrangères, et par la publication de ses propres catalogues de vente, dans lesquels il offrait le surplus de ses acquisitions, à se bâtir une collection que ses contemporains, historiens, chercheurs et littérateurs, à la fois plus scolarisés et mieux nantis, allaient reconnaître comme la meilleure et la plus complète au Canada.

En 1895, ce « modeste » tailleur publie, à compte d’auteur, un essai de bibliographie canadienne qui révèle la richesse de sa collection. Cette publication lui vaut une nomination au poste de conservateur des Archives judiciaires du District de Québec en 1898. Déjà, il travaillait à pérenniser son œuvre. Il cherche à vendre sa collection à des intérêts américains ; le gouvernement du Canada ne saisit pas l’occasion. Finalement, c’est la Bibliothèque de Montréal qui l’acquiert.

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C’est dans un tout autre esprit, que je retournerai la semaine prochaine à la Grande Bibliothèque pour poursuivre ma consultation de ce livre. Je le manipulerai avec encore plus d’attention… avec un sentiment de reconnaissance à l’égard de ce modeste tailleur qui nous a légué un trésor.

American Notes

Pendant que Stendhal se promenait d’un bout à l’autre de la France et de l’Italie en touriste et que Flaubert allait se trimballer au Moyen Orient au cours de la première moitié du 19è siècle, l’Anglais Charles Dickens traversait l’océan pour aller explorer les États-Unis.

Il publia son récit de voyage, American Notes, quelques mois après son retour en Grande Bretagne. J’ai lu la traduction française de ce livre il y a trois ans. Je voulais le relire, dans le texte original.

L’unique exemplaire disponible à la Grande Bibliothèque est conservé dans la Collection nationale. Les bibliothécaires ont estimé que le livre est trop fragile pour le laisser circuler hors des murs de la Bibliothèque. La couverture est usée ; le papier, un peu jauni, est épais, sec, rigide, friable ; le livre doit être manipulé avec soin. Il n’est donc pas surprenant qu’il faille le lire sur place à la bibliothèque.

Ce n’est pas tous les jours qu’on peut feuilleter un exemplaire d’un livre publié originalement il y a 175 ans. La lecture de ce livre est fascinante en ce qu’elle nous permet de constater l’évolution de ce pays, les États-Unis, que nous croyons, je spécifierais même, que nous prétendons connaître si bien.

Lendemain de tempête

Toute la journée, pendant que des bourrasques occasionnelles saupoudraient toujours nos trottoirs, on ne parlait que de la tempête et de la catastrophe qui, heureusement, ne s’est pas transformée en tragédie humaine. Plusieurs centaines de personnes sont demeurées coincées dans leur véhicule, pendant toute la nuit, sur une autoroute, en pleine ville… Avec la surveillance, constante, de toutes les caméras, partout en ville… l’omniprésence de réseaux de communication téléphonique, alors que dès la fin de la soirée, toutes les stations de radio et de télévision rapportaient que l’autoroute était devenue un stationnement… comment les ministres responsables des transports publics et de la sécurité civile ont-ils pu dormir, et n’apprendre ce qui s’est passé qu’à leur réveil ce matin ?

Cette tempête nous a révélé l’ampleur de l’incompétence de ceux qui nous dirigent et pourtant, personne ne veut reconnaître que nous l’avons avons élu ce gouvernement… et que ceux qui l’ont porté au pouvoir l’ont fait, malgré sa faiblesse, malgré la corruption, parce qu’on préfère le conserver en place de peur de devenir souverain.

Entretemps, je me console en me promenant dans les rues et ruelles de ma ville en contemplant ses paysages urbains sous un manteau blanc… Les météorologues nous rappellent que le printemps arrivera bientôt… lundi prochain nous dit-on…

 

 

 

 

en attendant le printemps…

prêt pour l'été

fin de tempête

Ce matin, je ne m’attendais pas à ce que le camelot livre le journal. Un coup d’œil par la fenêtre m’indique qu’il a été fidèle, malgré la tempête qui a barouetté le pays depuis la veille.

Comme tous les matins, avant d’amorcer la préparation du déjeuner, j’ouvre donc la porte pour prendre le journal…

On ne voit qu’une partie des voitures qui circulent sur le boulevard, à quatre voies, devant chez-moi. D’ailleurs, conformément aux recommandations de toutes les autorités publiques, il n’y a pas beaucoup de circulation ce matin. La nature force la ville à ralentir… il n’y a pas d’école et, pour ceux qui le peuvent, journée de télétravail aujourd’hui.

Il y a quelques minutes, je suis allé dégager la porte de secours du bâtiment, qui donne sur la terrasse derrière chez-moi. La neige est légère, relativement sèche, quoique paquetée par le vent par endroit.

De vieux souvenirs reviennent à la surface …

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Ce qui nous importune c’est l’instabilité du climat. Il y a tout juste trois semaines, nous avions reçu une belle chute de neige, d’un peu plus de 25 cm. Tout avait fondu dans les jours qui ont suivi. Nous n’avions même pas eu le temps d’en profiter.

Cet hiver a été frustrant sur ce plan. Un peu de neige mais beaucoup plus de pluie que de neige en janvier ; des périodes fréquentes et longues de redoux qui font fondre la neige, ponctuées par de courtes périodes de froid intense… pas moyen de profiter véritablement des avantages de la saison froide.

Les tempêtes de neige en mars ne sont pas rares. Ce qui est rare, c’est qu’elles soient aussi fortes que celle que nous avons connue depuis hier, pour ce temps-ci de l’année.

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Je suis de cette génération qui se souvient d’une tempête, au début de mars 1971, qui nous avait confinés à l’intérieur pendant deux jours : nous nous étions retrouvés sous une couverture supplémentaire de cinquante cm de neige à la fin de l’hiver. Pour ceux qui, comme moi à l’époque, n’avaient pas d’obligations ou de contraintes professionnelles, qui ne possédaient pas de voiture et qui demeuraient à distance de marche de tout, une telle occurrence nous offrait tout simplement une pause, un arrêt dans un rythme de vie encore beaucoup plus lent que celui d’aujourd’hui, mais une pause tout de même bienvenue…

Après deux jours à l’intérieur, j’étais sorti, me rendre au petit restaurant à quelques pas de chez-moi, tenu par trois « tantes » d’un âge déjà respectable. La tempête avait transformé mon quartier, la Côte de sable, en parc silencieux, fraîchement revêtu de blanc…

l’après tempête est un parc tout blanc
trois vieilles enneigées y ont tout le temps

on entre chez les trois tantes
on y prend le temps de parler du temps

et avec le temps qui passe, deux œufs et un café
on savoure au rythme de la gentillesse ordinaire

recommencements

Je déambule dans mon passé… je dépouille mes archives, je ranime de vieux souvenirs, je me relis, et je redécouvre parfois ce que j’ai égaré dans les replis de la mémoire…

scintillement – 1974

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le recommencement

la genèse est depuis longtemps conclue
et fossilisée au fin fond des enfers et des cauchemars
et piégées dans les silences entre les synapses
les trompettes de l’apocalypse ne me taquinent plus

j’ai stoppé le temps
j’ai déposé un océan et un continent
des montagnes au nord de l’est jusqu’à l’ouest
un croissant de baie : la mer au sud
entre le passé et l’avenir

l’automne crétois est un soleil qui pendule à l’envers
d’août jusqu’en novembre
et revient par quand octobre glisse en septembre
– comme on glisse en sieste –
au rythme de la mer
au gré du vent du jour

Ierapetra, Crète – Octobre 1971

Rodos, Grèce, avril 1977

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Extase matérielle : cimicifuga, fin octobre 2005 —  souvenir de mon jardin, Gatineau, Québec.

Montréal, le 19 août 2014

… je me réconcilie avec ce que je fus, avec ce que je suis, ce que j’ai toujours été… mon parcours dans la vie, les choix que j’ai faits, les lignes droites tout autant que les courbes et les détours…

… ne rien regretter — les coups de tête, les crâneries, les démissions, les abstentions… non plus me complaire des illuminations, des quelques coups de génie, des consécrations…

…reconnaître, accepter, ainsi soit-il…

The Open Road : mes road trips américains

 

En 1960, la photographe Inge Morath traverse le continent américain en automobile, de New York jusqu’à Reno, Nevada, en compagnie de Henri Cartier Bresson. Elle se sert autant de sa dactylo portative que de sa caméra pour annoter ses observations.

Ce sont les photos de Morath, que j’ai examinées attentivement en tournant les pages du livre de photos The Open Road ( The Road to Reno ),  qui m’ont inspiré pour piquer ici la courtepointe de mes road trips américains.

Bonnes routes…


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Camping, South Bend, Indiana – juin 2011 — Les « Native Americans » n’apprécient guère qu’on se serve des noms dérivés de leurs cultures, les noms de tribus ou de leurs grands chefs historiques, pour identifier des marques de commerce, telles, par exemple, la Pontiac, la Winnebago, le camion Chevrolet Apache, ou la Jeep Cherokee… Il est intéressant d’observer qu’après avoir tenté d’éliminer leurs cultures, on en valorise des éléments aujourd’hui.

 

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Winterset, Iowa, juin 2011 — Ville natale de John Wayne et chef-lieu du comté de Madison, où on a tourné le film The Bridges of Madison County, mettant en vedette Clint Eastwood et Meryl Streep. Le jeune couple qui pose devant la statue de John Wayne est venu du Texas jusqu’à Winterset`, pour visiter la maison natale de cet acteur qui a personnifié une certaine image de l’homme américain de son époque.

 

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Ponderosa Campground, Cody, Wyoming, juin 2011 — On peut toujours s’offrir un repas à l’hôtel Irma, au coeur de Cody, la ville fondée par Buffalo Bill Cody, marcher sur la rue principale, entrer dans un magasin, s’acheter un chapeau et une veste de cowboy… Pour admirer une magnifique collection d’art de l’Ouest américain, ainsi que la collection des armes à feu qui ont servi à conquérir l’Ouest, et pour mieux connaître le territoire des Rocheuses, ses paysages, les Indiens des Plaines et, enfin, le personnage de Buffalo Bill Cody, le voyageur devra passer quelques heures, sinon deux jours pour visiter l’étonnant Buffalo Bill Heritage Centre. D’autres photos de Cody, Wyoming ici.

 

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Parc national Pecos Pueblo, Nouveau Mexique, juin 2016 — Notre guide, un descendant des Espagnols qui se sont installés dans l’ancienne province du Nouveau-Mexique,  bien avant la conquête américaine il y a plus d’un siècle et demi, raconte une version plus équilibrée de l’histoire de sa région et de ce site, selon les points de vue espagnol, pueblo, et américain.

 

Patrimoine architectural historique de la communauté noire de Cape May, New Jersey, mai 2014 — Au cours des années 60, une terrible tempête d’hiver ravage Cape May pendant quelques jours. Le quatier habité par la communauté noire est plus touché que les autres. Les édiles municipaux, en majorité blancs, qui lorgnaient sur le potentiel immobilier de ce secteur de la ville, manœuvrent pour élaborer un plan de rénovation urbaine. Il reste encore quelques traces du quartier historique de la communauté noire de la ville. En été, un organisme qui veille sur le patrimoine de cette communauté organise des visites guidées, à pied, à l’intention des touristes, pour raconter l’histoire de leur communauté.

 

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Santa Fe, Nouveau-Mexique, juin 2016 — Qui n’a pas rapporté un ou des souvenirs de leurs voyages… du sable de plage, un vase, un crâne de vache… ? Certains souvenirs sont plus modestes que d’autres. La valeur de ceux-ci est souvent plus émotive que monétaire.

 

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Old Faithful, dans le Parc national Yellowstone, juin 2014 — Les visiteurs, venus de tous les continents, se rassemblent graduellement ; l’auditoire s’étale sur le trottoir en bois… on attend… Patience… le geyser si célèbre n’est plus aussi régulier, ni aussi spectaculaire que par le passé. Aussitôt le spectacle presque terminé, il ne faut pas rater l’occasion de prendre une photo, pour le souvenir du moment — d’autres photos ici.

 

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Charleston, Caroline du sud, mai 2014 — Samedi matin, la onzième édition du Charleston Dog Show.

 

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Jetée, Virginia Beach, Virginie, mai 2014 — Quoi faire sur le long de la plage quand la journée n’est pas propice à la baignade ? Toutefois, les pêcheurs doivent parfois faire concurrence aux dauphins qui s’adonnent aussi à cette occupation.

 

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Pike Place Market, Seattle, Washington, juillet 2011. Les voyageurs qui parcourent de longues distances en autocaravane peuvent choisir d’y préparer leurs repas dans leur « maison mobile » plutôt que d’aller au restaurant. Pour s’approvisionner, outre les supermarchés, ils peuvent fréquenter, là où il y en a, les marchés publics, comme celui-ci, toujours animé. De plus, ces voyageurs savent que qui dit marché public dit aussi restauration. D’autres photos de Seattle ici.

 

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Café, Corning, New York — Une pause après la visite d’un musée, prendre des notes de voyage, consulter les cartes routières, ou avant de reprendre la route…

Je suis en train de préparer une présentation sur mes road trips américains, que je livrerai dans quelques semaines à mon club de photo. J’envisage de décomposer cette présentation en plusieurs thèmes, tout en la clôturant avec une nouvelle version d’un diaporama qui porterait sur la route en soi, telle que vue derrière le pare-brise de notre autocaravane…

Soucis de sécurité en voyage aux États-Unis

Le 8 juillet, 2016… on traverse la frontière

Tôt le matin, je passe au bureau du camping, pour remercier le personnel avant de partir, pour prendre des renseignements, et faire un peu de jasette en ce beau vendredi matin ensoleillé…

Je dis aux employés que nous sommes sur le chemin du retour vers chez-nous, à Montréal, que c’est notre dernière matinée aux États-Unis… on nous recommande de nous préparer pour traverser la frontière, en nous prévenant que les douaniers canadiens exercent un contrôle sévère des armes à feu… je leur réponds que c’est ce que nous attendons de nos douaniers et que, comme la plupart des Canadiens, nous ne possédons pas d’armes à feu… ce qui déclenche une conversation amicale sur ce sujet si controversé. On s’étonne de ce que nous terminons un aussi long voyage, sur une si longue distance, sur une période de deux mois, sans armes.

Dans mes conversations avec les Américains sur ce sujet, j’ai appris qu’il vaut mieux, selon les circonstances… d’être poli, ou de chercher à dévier la conversation sur un autre sujet, ou de convenir d’être en désaccord quant à nos opinions sur le sujet, ou parfois même, d’en rire.

Je ne comprend pas l’obsession presque fétichiste des Américains à l’égard de la possession d’armes à feu. Ce qui est clair, c’est que l’impasse politique sur le resserrement du contrôle des armes à feu favorise le maintien du statu quo.

Ce que je comprends, c’est que tout revient constamment à la question de la sécurité. On répète qu’il faut absolument voir à se protéger contre toute menace qui pourrait survenir. Je m’interroge, sans jamais le leur demander : est-ce qu’ils ont vraiment l’impression de vivre dans une jungle, ou une zone de guerre ?

D’autre part, de retour chez-nous et avant de repartir sur les routes, on nous pose souvent la question si nous avons peur de circuler aux États-Unis… peur de se tromper de chemin et de se retrouver dans une zone moins sécuritaire… peur de se faire agresser…

De façon générale, nous sommes conscients qu’il faut être prudent ; nous reconnaissons que nous nous sommes sentis inconfortables à quelques occasions. Mais, nous n’avons pas eu peur de voyager aux États-Unis. Néanmoins, nous avons constaté que le climat social s’est détérioré depuis quelques années.


Quelques anecdotes…

poursuivre votre lecture…