Au café

le café est servi…

bien installé devant la table, je peux commencer à matérialiser mes pensées…

… bâillonner le bavard électronique, ouvrir mon carnet, décapuchonner ma plume, laisser mon regard s’absenter, puis concentrer mon attention…

… clarifier mes réflexions sur le sujet, laisser venir l’inspiration, les observations… puis les noter…

… écarter celles qui sont intéressantes, certes parfois connexes au sujet, mais néanmoins non pertinentes…

… rassembler les autres, les ordonner, les tisser progressivement dans une trame…

… laisser aller

 

 

 

Étude : au quart de seconde

 

me promenant, anonyme, la caméra pointée droit devant au bout du bras droit plus ou moins ballant, le doigt sur le bouton de déclenchement, sans qu’il y paraisse, déclenchant selon l’inspiration, à une vitesse d’obturation réglée au quart de seconde…

une suite de quatre déclenchements…

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dans la station de métro, me dirigeant vers l’entrée de la Grande Bibliothèque, montant sur l’escalier mobile, m’immobilisant quelques secondes sur le grand escalier face aux cages d’ascenseur, puis poursuivant ma marche dans un corridor, jusque vers la salle de la Collection nationale…

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American Notes : le parcours d’un livre

American Notes, de Charles Dickens. Exemplaire imprimé chez T. B. Peterson & Brothers, Philadelphie. Date de publication estimée : 1857

Pour poursuivre ma lecture de American Notes, de Charles Dickens, ce récit du voyage de six mois que le grand écrivain anglais a effectué, de janvier à juin 1842, en Amérique du Nord, je dois me rendre, sur place, à la Grande Bibliothèque.

Examinez les photos du livre, ci-haut et dans le billet précédent. C’est un vieux livre. Je tourne les pages avec précaution ; elles sont raides, comme du carton ; la reliure du livre est fragile.

Cet exemplaire du livre m’intrigue. La page titre nous informe que le livre a été imprimé aux États-Unis, à Philadelphie. Il n’y a pas de date, ni de mention de droit d’auteur, uniquement le nom et l’adresse de l’imprimeur. Au milieu du 19è siècle, les auteurs, dont Dickens, luttaient toujours pour faire valoir leurs droits sur leurs œuvres. Les Américains notamment, refusaient de reconnaître l’institution du copyright international. L’exemplaire que j’ai en main est forcément une publication piratée.

Je voulais en savoir plus, connaître le parcours de cet exemplaire spécifique.

Il y a quelques jours, une bibliothécaire de la Grande Bibliothèque m’a aimablement guidé dans ma recherche sur le parcours de ce livre. Elle m’a signalé d’abord que le livre avait fait partie de la Collection Gagnon, une collection d’une grande importance que je ne connaissais pas. Ensuite, naviguant dans l’Internet d’une source de renseignements à une autre, elle a réussi à retracer l’année de la publication de l’édition américaine de American Notes : cet exemplaire du livre a été publié aux États-Unis par T. B.  Peterson & Brothers, à Philadelphie, en 1857, il y a 160 ans.

***

La Collection Gagnon

La Grande Bibliothèque est l’une des constituantes de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Elle est devenue dépositaire de diverses collections de documents lors de la fusion des activités de la Grande Bibliothèque et de la  Bibliothèque nationale du Québec il y a une quinzaine d’années, et de la fusion subséquente de la Bibliothèque nationale et des Archives nationales du Québec il y a douze ans.

Un fiche collée à l’intérieur de la couverture du livre nous informe que cet exemplaire fait partie de la Collection Gagnon. J’apprends que la Collection Gagnon est un véritable trésor bibliographique sur l’histoire de l’Amérique et particulièrement de l’Amérique française. Cette collection comporte des ouvrages et des documents très anciens, qui remontent jusqu’ au début des années 1500, soit jusqu’aux premiers récits des grandes explorations du continent américain. On y retrouve, entre autres, les écrits de Bartolomé de las Casas, qui a dénoncé dès le 16è siècle la barbarie des Conquistadors espagnols à l’égard des peuples amérindiens de l’Amérique. Cette collection contient aussi la première édition du récit des voyages de Jacques Cartier, les Voyages de Champlain, les Relations des Jésuites et d’autres récits de voyages et d’explorations.

Mais ce qui m’a le plus surpris, c’est l’origine de la Collection Gagnon.

La bibliothécaire m’informe que la Bibliothèque centrale de Montréal avait acquis cette Collection d’un certain Philéas Gagnon, un négociant de Québec, en 1910 ; que ce collectionneur avait assemblé sa collection sur une période de 35 ans, de 1875 jusqu’à 1910.

De retour chez-moi, je poursuis mes propres recherches. Le Dictionnaire bibliographique du Canada contient une notice biographique sur Philéas Gagnon. J’y apprends que Gagnon est un tailleur, qui a pignon sur rue à Québec. Ce négociant, dès le début de la vingtaine, commence à s’adonner à la collection de livres.

Malgré une formation scolaire relativement mince et de modestes revenus de tailleur, Gagnon réussit, par des achats judicieux dans les nombreuses ventes à l’encan locales, par l’utilisation d’encarts publicitaires dans des revues spécialisées même étrangères, et par la publication de ses propres catalogues de vente, dans lesquels il offrait le surplus de ses acquisitions, à se bâtir une collection que ses contemporains, historiens, chercheurs et littérateurs, à la fois plus scolarisés et mieux nantis, allaient reconnaître comme la meilleure et la plus complète au Canada.

En 1895, ce « modeste » tailleur publie, à compte d’auteur, un essai de bibliographie canadienne qui révèle la richesse de sa collection. Cette publication lui vaut une nomination au poste de conservateur des Archives judiciaires du District de Québec en 1898. Déjà, il travaillait à pérenniser son œuvre. Il cherche à vendre sa collection à des intérêts américains ; le gouvernement du Canada ne saisit pas l’occasion. Finalement, c’est la Bibliothèque de Montréal qui l’acquiert.

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C’est dans un tout autre esprit, que je retournerai la semaine prochaine à la Grande Bibliothèque pour poursuivre ma consultation de ce livre. Je le manipulerai avec encore plus d’attention… avec un sentiment de reconnaissance à l’égard de ce modeste tailleur qui nous a légué un trésor.

American Notes

Pendant que Stendhal se promenait d’un bout à l’autre de la France et de l’Italie en touriste et que Flaubert allait se trimballer au Moyen Orient au cours de la première moitié du 19è siècle, l’Anglais Charles Dickens traversait l’océan pour aller explorer les États-Unis.

Il publia son récit de voyage, American Notes, quelques mois après son retour en Grande Bretagne. J’ai lu la traduction française de ce livre il y a trois ans. Je voulais le relire, dans le texte original.

L’unique exemplaire disponible à la Grande Bibliothèque est conservé dans la Collection nationale. Les bibliothécaires ont estimé que le livre est trop fragile pour le laisser circuler hors des murs de la Bibliothèque. La couverture est usée ; le papier, un peu jauni, est épais, sec, rigide, friable ; le livre doit être manipulé avec soin. Il n’est donc pas surprenant qu’il faille le lire sur place à la bibliothèque.

Ce n’est pas tous les jours qu’on peut feuilleter un exemplaire d’un livre publié originalement il y a 175 ans. La lecture de ce livre est fascinante en ce qu’elle nous permet de constater l’évolution de ce pays, les États-Unis, que nous croyons, je spécifierais même, que nous prétendons connaître si bien.

Lendemain de tempête

Toute la journée, pendant que des bourrasques occasionnelles saupoudraient toujours nos trottoirs, on ne parlait que de la tempête et de la catastrophe qui, heureusement, ne s’est pas transformée en tragédie humaine. Plusieurs centaines de personnes sont demeurées coincées dans leur véhicule, pendant toute la nuit, sur une autoroute, en pleine ville… Avec la surveillance, constante, de toutes les caméras, partout en ville… l’omniprésence de réseaux de communication téléphonique, alors que dès la fin de la soirée, toutes les stations de radio et de télévision rapportaient que l’autoroute était devenue un stationnement… comment les ministres responsables des transports publics et de la sécurité civile ont-ils pu dormir, et n’apprendre ce qui s’est passé qu’à leur réveil ce matin ?

Cette tempête nous a révélé l’ampleur de l’incompétence de ceux qui nous dirigent et pourtant, personne ne veut reconnaître que nous l’avons avons élu ce gouvernement… et que ceux qui l’ont porté au pouvoir l’ont fait, malgré sa faiblesse, malgré la corruption, parce qu’on préfère le conserver en place de peur de devenir souverain.

Entretemps, je me console en me promenant dans les rues et ruelles de ma ville en contemplant ses paysages urbains sous un manteau blanc… Les météorologues nous rappellent que le printemps arrivera bientôt… lundi prochain nous dit-on…

 

 

 

 

en attendant le printemps…

prêt pour l'été

fin de tempête

Ce matin, je ne m’attendais pas à ce que le camelot livre le journal. Un coup d’œil par la fenêtre m’indique qu’il a été fidèle, malgré la tempête qui a barouetté le pays depuis la veille.

Comme tous les matins, avant d’amorcer la préparation du déjeuner, j’ouvre donc la porte pour prendre le journal…

On ne voit qu’une partie des voitures qui circulent sur le boulevard, à quatre voies, devant chez-moi. D’ailleurs, conformément aux recommandations de toutes les autorités publiques, il n’y a pas beaucoup de circulation ce matin. La nature force la ville à ralentir… il n’y a pas d’école et, pour ceux qui le peuvent, journée de télétravail aujourd’hui.

Il y a quelques minutes, je suis allé dégager la porte de secours du bâtiment, qui donne sur la terrasse derrière chez-moi. La neige est légère, relativement sèche, quoique paquetée par le vent par endroit.

De vieux souvenirs reviennent à la surface …

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Ce qui nous importune c’est l’instabilité du climat. Il y a tout juste trois semaines, nous avions reçu une belle chute de neige, d’un peu plus de 25 cm. Tout avait fondu dans les jours qui ont suivi. Nous n’avions même pas eu le temps d’en profiter.

Cet hiver a été frustrant sur ce plan. Un peu de neige mais beaucoup plus de pluie que de neige en janvier ; des périodes fréquentes et longues de redoux qui font fondre la neige, ponctuées par de courtes périodes de froid intense… pas moyen de profiter véritablement des avantages de la saison froide.

Les tempêtes de neige en mars ne sont pas rares. Ce qui est rare, c’est qu’elles soient aussi fortes que celle que nous avons connue depuis hier, pour ce temps-ci de l’année.

***

Je suis de cette génération qui se souvient d’une tempête, au début de mars 1971, qui nous avait confinés à l’intérieur pendant deux jours : nous nous étions retrouvés sous une couverture supplémentaire de cinquante cm de neige à la fin de l’hiver. Pour ceux qui, comme moi à l’époque, n’avaient pas d’obligations ou de contraintes professionnelles, qui ne possédaient pas de voiture et qui demeuraient à distance de marche de tout, une telle occurrence nous offrait tout simplement une pause, un arrêt dans un rythme de vie encore beaucoup plus lent que celui d’aujourd’hui, mais une pause tout de même bienvenue…

Après deux jours à l’intérieur, j’étais sorti, me rendre au petit restaurant à quelques pas de chez-moi, tenu par trois « tantes » d’un âge déjà respectable. La tempête avait transformé mon quartier, la Côte de sable, en parc silencieux, fraîchement revêtu de blanc…

l’après tempête est un parc tout blanc
trois vieilles enneigées y ont tout le temps

on entre chez les trois tantes
on y prend le temps de parler du temps

et avec le temps qui passe, deux œufs et un café
on savoure au rythme de la gentillesse ordinaire

recommencements

Je déambule dans mon passé… je dépouille mes archives, je ranime de vieux souvenirs, je me relis, et je redécouvre parfois ce que j’ai égaré dans les replis de la mémoire…

scintillement – 1974

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le recommencement

la genèse est depuis longtemps conclue
et fossilisée au fin fond des enfers et des cauchemars
et piégées dans les silences entre les synapses
les trompettes de l’apocalypse ne me taquinent plus

j’ai stoppé le temps
j’ai déposé un océan et un continent
des montagnes au nord de l’est jusqu’à l’ouest
un croissant de baie : la mer au sud
entre le passé et l’avenir

l’automne crétois est un soleil qui pendule à l’envers
d’août jusqu’en novembre
et revient par quand octobre glisse en septembre
– comme on glisse en sieste –
au rythme de la mer
au gré du vent du jour

Ierapetra, Crète – Octobre 1971

Rodos, Grèce, avril 1977

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Extase matérielle : cimicifuga, fin octobre 2005 —  souvenir de mon jardin, Gatineau, Québec.

Montréal, le 19 août 2014

… je me réconcilie avec ce que je fus, avec ce que je suis, ce que j’ai toujours été… mon parcours dans la vie, les choix que j’ai faits, les lignes droites tout autant que les courbes et les détours…

… ne rien regretter — les coups de tête, les crâneries, les démissions, les abstentions… non plus me complaire des illuminations, des quelques coups de génie, des consécrations…

…reconnaître, accepter, ainsi soit-il…

The Open Road : mes road trips américains

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Un vieux camion Chevrolet Apache de la fin des années 50, en territoire sioux dans le Old West américain — Murdo, Dakota du Sud, Juin 2011.

En 1960, la photographe Inge Morath traverse le continent américain en automobile, de New York jusqu’à Reno, Nevada, en compagnie de Henri Cartier Bresson. Elle se sert autant de sa dactylo portative que de sa caméra pour annoter ses observations.

Ce sont les photos de Morath, que j’ai examinées attentivement en tournant les pages du livre de photos The Open Road ( The Road to Reno ),  qui m’ont inspiré pour tisser ici la courtepointe de mes road trips américains.

Bonnes routes…


winnebago
Camping, South Bend, Indiana – juin 2011 — Les « Native Americans » n’apprécient guère qu’on se serve des noms dérivés de leurs cultures, les noms de tribus ou de leurs grands chefs historiques, pour identifier des marques de commerce, telles, par exemple, la Pontiac, la Winnebago, le camion Chevrolet Apache, ou la Jeep Cherokee… Il est intéressant d’observer qu’après avoir tenté d’éliminer leurs cultures, on en valorise des éléments aujourd’hui.

 

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Winterset, Iowa, juin 2011 — Ville natale de John Wayne et chef-lieu du comté de Madison, où on a tourné le film The Bridges of Madison County, mettant en vedette Clint Eastwood et Meryl Streep. Le jeune couple qui pose devant la statue de John Wayne est venu du Texas jusqu’à Winterset`, pour visiter la maison natale de cet acteur qui a personnifié une certaine image de l’homme américain de son époque.

 

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Ponderosa Campground, Cody, Wyoming, juin 2011 — On peut toujours s’offrir un repas à l’hôtel Irma, au coeur de Cody, la ville fondée par Buffalo Bill Cody, marcher sur la rue principale, entrer dans un magasin, s’acheter un chapeau et une veste de cowboy… Pour admirer une magnifique collection d’art de l’Ouest américain, ainsi que la collection des armes à feu qui ont servi à conquérir l’Ouest, et pour mieux connaître le territoire des Rocheuses, ses paysages, les Indiens des Plaines et, enfin, le personnage de Buffalo Bill Cody, le voyageur devra passer quelques heures, sinon deux jours pour visiter l’étonnant Buffalo Bill Heritage Centre. D’autres photos de Cody, Wyoming ici.

 

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Parc national Pecos Pueblo, Nouveau Mexique, juin 2016 — Notre guide, un descendant des Espagnols qui se sont installés dans l’ancienne province du Nouveau-Mexique,  bien avant la conquête américaine il y a plus d’un siècle et demi, raconte une version plus équilibrée de l’histoire de sa région et de ce site, selon les points de vue espagnol, pueblo, et américain.

 

Patrimoine architectural historique de la communauté noire de Cape May, New Jersey, mai 2014 — Au cours des années 60, une terrible tempête d’hiver ravage Cape May pendant quelques jours. Le quatier habité par la communauté noire est plus touché que les autres. Les édiles municipaux, en majorité blancs, qui lorgnaient sur le potentiel immobilier de ce secteur de la ville, manœuvrent pour élaborer un plan de rénovation urbaine. Il reste encore quelques traces du quartier historique de la communauté noire de la ville. En été, un organisme qui veille sur le patrimoine de cette communauté organise des visites guidées, à pied, à l’intention des touristes, pour raconter l’histoire de leur communauté.

 

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Santa Fe, Nouveau-Mexique, juin 2016 — Qui n’a pas rapporté un ou des souvenirs de leurs voyages… du sable de plage, un vase, un crâne de vache… ? Certains souvenirs sont plus modestes que d’autres. La valeur de ceux-ci est souvent plus émotive que monétaire.

 

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Old Faithful, dans le Parc national Yellowstone, juin 2014 — Les visiteurs, venus de tous les continents, se rassemblent graduellement ; l’auditoire s’étale sur le trottoir en bois… on attend… Patience… le geyser si célèbre n’est plus aussi régulier, ni aussi spectaculaire que par le passé. Aussitôt le spectacle presque terminé, il ne faut pas rater l’occasion de prendre une photo, pour le souvenir du moment — d’autres photos ici.

 

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Charleston, Caroline du sud, mai 2014 — Samedi matin, la onzième édition du Charleston Dog Show.

 

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Jetée, Virginia Beach, Virginie, mai 2014 — Quoi faire sur le long de la plage quand la journée n’est pas propice à la baignade ? Toutefois, les pêcheurs doivent parfois faire concurrence aux dauphins qui s’adonnent aussi à cette occupation.

 

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Pike Place Market, Seattle, Washington, juillet 2011. Les voyageurs qui parcourent de longues distances en autocaravane peuvent choisir d’y préparer leurs repas dans leur « maison mobile » plutôt que d’aller au restaurant. Pour s’approvisionner, outre les supermarchés, ils peuvent fréquenter, là où il y en a, les marchés publics, comme celui-ci, toujours animé. De plus, ces voyageurs savent que qui dit marché public dit aussi restauration. D’autres photos de Seattle ici.

 

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Café, Corning, New York — Une pause après la visite d’un musée, prendre des notes de voyage, consulter les cartes routières, ou avant de reprendre la route…

Je suis en train de préparer une présentation sur mes road trips américains, que je livrerai dans quelques semaines à mon club de photo. J’envisage de décomposer cette présentation en plusieurs thèmes, tout en la clôturant avec une nouvelle version d’un diaporama qui porterait sur la route en soi, telle que vue derrière le pare-brise de notre autocaravane…

Soucis de sécurité en voyage aux États-Unis

Le 8 juillet, 2016… on traverse la frontière

Tôt le matin, je passe au bureau du camping, pour remercier le personnel avant de partir, pour prendre des renseignements, et faire un peu de jasette en ce beau vendredi matin ensoleillé…

Je dis aux employés que nous sommes sur le chemin du retour vers chez-nous, à Montréal, que c’est notre dernière matinée aux États-Unis… on nous recommande de nous préparer pour traverser la frontière, en nous prévenant que les douaniers canadiens exercent un contrôle sévère des armes à feu… je leur réponds que c’est ce que nous attendons de nos douaniers et que, comme la plupart des Canadiens, nous ne possédons pas d’armes à feu… ce qui déclenche une conversation amicale sur ce sujet si controversé. On s’étonne de ce que nous terminons un aussi long voyage, sur une si longue distance, sur une période de deux mois, sans armes.

Dans mes conversations avec les Américains sur ce sujet, j’ai appris qu’il vaut mieux, selon les circonstances… d’être poli, ou de chercher à dévier la conversation sur un autre sujet, ou de convenir d’être en désaccord quant à nos opinions sur le sujet, ou parfois même, d’en rire.

Je ne comprend pas l’obsession presque fétichiste des Américains à l’égard de la possession d’armes à feu. Ce qui est clair, c’est que l’impasse politique sur le resserrement du contrôle des armes à feu favorise le maintien du statu quo.

Ce que je comprends, c’est que tout revient constamment à la question de la sécurité. On répète qu’il faut absolument voir à se protéger contre toute menace qui pourrait survenir. Je m’interroge, sans jamais le leur demander : est-ce qu’ils ont vraiment l’impression de vivre dans une jungle, ou une zone de guerre ?

D’autre part, de retour chez-nous et avant de repartir sur les routes, on nous pose souvent la question si nous avons peur de circuler aux États-Unis… peur de se tromper de chemin et de se retrouver dans une zone moins sécuritaire… peur de se faire agresser…

De façon générale, nous sommes conscients qu’il faut être prudent ; nous reconnaissons que nous nous sommes sentis inconfortables à quelques occasions. Mais, nous n’avons pas eu peur de voyager aux États-Unis. Néanmoins, nous avons constaté que le climat social s’est détérioré depuis quelques années.


Quelques anecdotes…

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Jeudi matin…

ruelle-lhiver

… j’erre à travers les rues, les ruelles et les parcs de Montréal… une pause au café, une autre pour une session de tai chi hebdomadaire…

portrait-sans-visage

retournant me fondre dans la ville tout en laissant ma voix intérieure ruminer, divaguer, en s’égarant parfois ici, en se concentrant sur une vision quelconque, ou là, en immobilisant la vision, fascinée, sur un objet…

stationnee-pour-lhiver

janvier est doux cette année, quoique parfois ponctué d’une journée froide, ou encore vraiment frette comme on l’dit en canayen ici au Québec… peu de neige, malheureusement…

parc-laurier-debut-janvier-2017mais les augures qui scrutent les données que leur fournissent les instruments qui leur servent d’entrailles de volailles, nous avertissent qu’il y aura une bordée de neige cette nuit… ( les jointures de mes doigts me le confirment ) … et que, à plus long terme, février sera froid ( ce que mes jointures n’ont pas encore perçu ).

parc-laurier

Parce que c’était lui…

Parce que c’était lui, parce que c’était moi.

Montaigne, Les Essais, Livre 1, Sur l’amitié

le temps devant soi
… surprise au tournant du sentier …

J’ai été estomaqué d’apprendre le décès de mon ami Jacques Fournier, il y a une semaine. J’ai eu beaucoup de mal, j’ai encore du mal à digérer mon deuil. Littéralement. C’est physique.

Lorsque, vendredi soir dernier, j’ai lu le courriel qui nous annonçait cette triste nouvelle, mon premier réflexe, celui du cerveau, fut de le nier. Mais rapidement, la négation se dissipa, se métamorphosant en refus de l’accepter. Mais que peut la volonté face à l’évidence. J’ai dû me résigner.

Il ne me restait plus qu’à pleurer.

***

On a voulu changer le monde

Je ne me souviens pas exactement de la première fois que nous nous sommes rencontrés. C’était à la fin de l’adolescence… lorsqu’on a l’impression qu’on a tout le temps devant soi, qu’on se lance dans la vie sans garde-fou.

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Adieu Monsieur Cohen

So long Mister Cohen…

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic ’til I’m gathered safely in
Lift me like an olive branch and be my homeward dove
Dance me to the end of love

 

Un grand merci, Monsieur Cohen,

pour avoir rythmer nos vies, selon les marées de nos humeurs, de nos amours, de nos espoirs tout autant que de nos angoisses et de nos colères…

Si j’étais Américain…

Si j’étais Américain, j’irais annuler mon vote aujourd’hui.

Quel que soit le résultat des élections américaines aujourd’hui, que ce soit Trump ou Clinton, et lequel des deux principaux partis, des Républicains ou des Démocrates, contrôlera le Sénat et la Chambre des représentants, les Américains se retrouveront dans une situation instable. Les scénarios de l’avenir qui en découlera, tels qu’évoqués par les observateurs, tant de l’intérieur que de l’extérieur, sont nombreux et contradictoires. Aucun, toutefois, ne prévoit une résolution des aspirations et des volontés conflictuelles entre les diverses composantes des États de moins en moins unis.

Ceux qui y trouveront leur compte seront en minorité. La grande majorité de ceux qui auront voté l’auront fait non pas en faveur d’un candidat, d’un parti, d’une option, mais plutôt contre l’autre candidat, l’autre parti, l’autre option. Beaucoup de partisans républicains auront voté non pas pour Trump, mais contre Clinton, et inversement, un grand nombre de partisans démocrates iront voter contre Trump et non pas pour Clinton. Environ quinze pour cent de l’électorat voteront pour deux partis minoritaires, les Libertariens ou les Verts.

Au cours de ma virée à travers le Mid-Ouest et le Sud-Ouest américain au printemps dernier, j’ai sondé, de manière informelle, les Américains : la majorité des personnes avec lesquelles je me suis entretenu étaient indécises, désemparées incapables de se brancher, profondément inquiètes, découragées même. Les uns étaient incapables de s’imaginer Trump au pouvoir, tout en ne pouvant pas se convaincre de voter pour Clinton… et vice versa.

À plusieurs reprises, tant des partisans démocrates que républicains ont évoqué les noms de leaders du passé, Lincoln, Roosevelt, Kennedy, voire Reagan, qui avaient guidé le pays à travers des temps difficiles. On ne parvenait pas à s’expliquer pourquoi des candidats de valeur aient été incapables de se démarquer, de s’imposer au sein des deux grands partis, afin de les inspirer, leur proposer une façon de sortir de ce qu’ils considèrent comme une impasse. Ils s’interrogeaient sur les déficiences de leur système politique :  comment en étaient-ils arrivés là où ils se trouvaient ?

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