fin de tempête

Ce matin, je ne m’attendais pas à ce que le camelot livre le journal. Un coup d’œil par la fenêtre m’indique qu’il a été fidèle, malgré la tempête qui a barouetté le pays depuis la veille.

Comme tous les matins, avant d’amorcer la préparation du déjeuner, j’ouvre donc la porte pour prendre le journal…

On ne voit qu’une partie des voitures qui circulent sur le boulevard, à quatre voies, devant chez-moi. D’ailleurs, conformément aux recommandations de toutes les autorités publiques, il n’y a pas beaucoup de circulation ce matin. La nature force la ville à ralentir… il n’y a pas d’école et, pour ceux qui le peuvent, journée de télétravail aujourd’hui.

Il y a quelques minutes, je suis allé dégager la porte de secours du bâtiment, qui donne sur la terrasse derrière chez-moi. La neige est légère, relativement sèche, quoique paquetée par le vent par endroit.

De vieux souvenirs reviennent à la surface …

***

Ce qui nous importune c’est l’instabilité du climat. Il y a tout juste trois semaines, nous avions reçu une belle chute de neige, d’un peu plus de 25 cm. Tout avait fondu dans les jours qui ont suivi. Nous n’avions même pas eu le temps d’en profiter.

Cet hiver a été frustrant sur ce plan. Un peu de neige mais beaucoup plus de pluie que de neige en janvier ; des périodes fréquentes et longues de redoux qui font fondre la neige, ponctuées par de courtes périodes de froid intense… pas moyen de profiter véritablement des avantages de la saison froide.

Les tempêtes de neige en mars ne sont pas rares. Ce qui est rare, c’est qu’elles soient aussi fortes que celle que nous avons connue depuis hier, pour ce temps-ci de l’année.

***

Je suis de cette génération qui se souvient d’une tempête, au début de mars 1971, qui nous avait confinés à l’intérieur pendant deux jours : nous nous étions retrouvés sous une couverture supplémentaire de cinquante cm de neige à la fin de l’hiver. Pour ceux qui, comme moi à l’époque, n’avaient pas d’obligations ou de contraintes professionnelles, qui ne possédaient pas de voiture et qui demeuraient à distance de marche de tout, une telle occurrence nous offrait tout simplement une pause, un arrêt dans un rythme de vie encore beaucoup plus lent que celui d’aujourd’hui, mais une pause tout de même bienvenue…

Après deux jours à l’intérieur, j’étais sorti, me rendre au petit restaurant à quelques pas de chez-moi, tenu par trois « tantes » d’un âge déjà respectable. La tempête avait transformé mon quartier, la Côte de sable, en parc silencieux, fraîchement revêtu de blanc…

l’après tempête est un parc tout blanc
trois vieilles enneigées y ont tout le temps

on entre chez les trois tantes
on y prend le temps de parler du temps

et avec le temps qui passe, deux œufs et un café
on savoure au rythme de la gentillesse ordinaire

Carpe diem

Dernières traces de l'hiver
Parc Maisonneuve, Montréal, 2 avril 2016

Quelques mots, pour passer le temps… pour me distraire de ce sur quoi je bosse… et que je n’ai rien d’autre à dire… ou plutôt, que je préférerais passer mon temps sur d’autres sujets, mais que je dois terminer le travail que j’ai promis, et qu’ainsi, je dois remettre à plus tard ce que je voudrais raconter, si j’en avais le temps. Vous ne me suivez pas ? pas d’importance !

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Voici la version en noir et blanc de la photo précédente : les dernières traces de l’hiver.

Je suis convaincu qu’une même prise de vue peut susciter des impressions très différentes selon le traitement qu’on en fait : la version en noir et blanc, ci-haut, de la photo précédente en témoigne fort bien à mon avis.

( = ( : ) = )

Le dicton dit bien qu’en avril, il ne faut pas se découvrir d’un fil.

Cette année, le printemps prend son temps pour s’installer. Une masse d’air frais nous convainc de ne pas ranger nos manteaux d’hiver trop rapidement. Il ne suffit pas du soleil pour nous éblouir ; il faut aussi la chaleur. La neige est presque toute fondue, mais la saison froide traîne encore un peu. En sortant à l’extérieur ce matin pour déposer les ordures ménagères sur le bord du trottoir, j’ai senti, et le thermomètre m’a confirmé, que la température était nettement sous la moyenne pour ce moment-ci de la saison.

Dans les circonstances, cette autre version en noir et blanc serait plus conforme à la « réalité », telle qu’on la ressent ces jours-ci. On pourrait jaser longtemps dans les cafés, du temps qu’il fait, des impressions de la « réalité » que suscitent divers traitements d’une photo, tout en passant le temps en attendant l’apparition des jonquilles et des tulipes… en attendant aussi de pouvoir sortir dehors sur les terrasses, afin de poursuivre cette conversation infinie sur le temps qu’il fait.

Carpe diem, disait-il, Horace, le poète latin, déjà, il y a très longtemps… entre deux gorgées de vin, puisqu’il n’y avait pas de café, ou de thé, dans ces temps-là. Peut-être, lorsque j’aurai un peu plus de temps, devrais-je donner rendez-vous à ce vieux sage, au Musée des beaux-arts, où on nous présente, jusqu’à la fin de l’été, une magnifique exposition sur Pompéii.

Que le temps passe vite…

Déjà !

Aujourd’hui, le jour sera aussi long que la nuit. Demain, la nuit sera déjà plus courte que le jour.

Il y a trois jours, tous ceux qui se dirigeaient vers la station de métro tout près de chez moi ont entendu plusieurs volés d’outardes passer en jacassant sur le bord du fleuve. On rapporte qu’elles sont arrivées, beaucoup plus tôt que d’habitude, et en grand nombre, toutes en même temps.

Le printemps est arrivé.

C’était dans l’air : depuis deux semaines, la neige fond aussi rapidement que l’hiver a filé.

 

Le printemps
Parc Maisonneuve, 19 mars 2016

L’hiver aura été court, et relativement doux cette année.

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Pendant ce temps-là…

Pourtant… il m’est apparu si long sur un autre plan.

J’ai été surpris plus tôt ce matin, quand j’ai relu mes notes personnelles de journal. Je croyais avoir consacré beaucoup de temps à ruminer sur le sujet qui a accaparé mon attention depuis plusieurs mois, soit le début de l’hiver. Je me suis rendu compte que je n’ai consacré en réalité que quelques semaines à examiner le cheminement de mon identité… à retracer l’évolution de la composition de mes identités… personnelle, collective, intellectuelle, professionnelle…

Qui suis-je ?

Serais-je devenu autre que je suis aujourd’hui si, à plusieurs moments donnés de ma vie, au hasard des circonstances, j’avais pris « d’autres » décisions que celles que j’ai prises ?

Depuis des semaines, j’explore les dimensions de ma généalogie personnelle ; j’examine comment j’ai manœuvré dans le cadre de l’évolution de notre société, de notre monde, tant sur un plan personnel que professionnel. J’étudie, je tente de comprendre, de faire éclater l’exiguïté de ma condition d’être au monde.

J’aurai vécu toute ma vie, tout comme mes ancêtres, sur les marges, les franges des zones frontalières de diverses cultures et de leur évolution : cette lisière de l’espace où on peut traverser d’un bord à l’autre, tout en demeurant chez-soi, chez-nous ; je traverse et je reviens… une lisière étroite, dans un univers qui semble infini !

Ma grand-mère, qui est venue au monde dans l’est de l’Ontario, se disait canadienne ; les autres, c’était pour elle, les Anglais. Je suis né Canadien-français. Plus tard, au moment de devenir adulte, j’ai choisi de m’identifier comme étant québécois, sans nier mon origine franco-ontarienne.

Dans une communauté aussi fermée sur elle-même, il y avait peu de place pour un jeune homme qui voulait explorer d’autres dimensions de l’univers, d’autres façons d’être, de penser, d’agir ?

La contre-culture pouvait-elle s’exprimer en français ? L’étude de l’histoire m’a appris qu’il peut en coûter cher de papillonner dans les turbulences des grands courants de l’évolution du monde… Kerouac, par exemple, parmi tant d’autres.

Et si j’avais bifurqué vers la physique et le génie plutôt que la philosophie ou la littérature ? Je parle à mes amis ingénieurs et je m’interroge sur moi-même.

Et voici qu’à l’instant présent de ce cheminement, je décide de me retirer, de me distancer un peu de cette frontière, de la multitude de ces frontières où j’ai vécu toute ma vie… et je me rends compte que la frontière entre moi et l’autre, les autres, me suit, me poursuit.

On lutte continuellement pour maintenir une cohésion, ralentir le dépérissement, le démembrement.


Identité… identités…

Je vivais à l’étroit dans l’Ontario-français de ma naissance, sur le versant sud de la Grande rivière, l’Outaouais ; l’Amérique ne m’est pas étrangère, et pourtant mon terreau culturel est beaucoup plus français, européen, qu’américain…

L’été dernier, je me suis senti étranger lorsque j’ai fait une tournée dans le sud de l’Ontario, ce Haut-Canada profond qui n’est plus loyaliste, qui est devenu multiculturel, tellement multiculturel que je ne le reconnais plus… Je m’y suis senti aussi étranger que lorsque je voyage dans le reste du continent nord-américain… qui m’est pourtant plus familier que le territoire de la France…

La lecture, au cours de l’hiver qui se termine, de la correspondance que deux universitaires, François Paré et de François Ouellet, ont entretenue pendant deux ans, publiée dans Traversées ( Éditions Nota Bene, 2014 ) puis, subséquemment, de l’essai de François Paré, Les littératures de l’exiguïté ( Le Nordir, 1992 ), a débloqué l’horizon de ma vision sur cette question de l’identité.

Greffées à d’autres — entre autres, Écrire à Montréal, de Gilles Marcotte, Boréal 1997 –, ces lectures m’ont révélé de nouveaux points de vue sur une réflexion qui me hante depuis longtemps. Ouellet, qui s’interroge sur l’identité du père, de sa représentation dans la littérature québécoise contemporaine ; Paré, qui s’interroge sur l’identité exprimée par les « petites » littératures des peuples « minoritaires », marginales par rapport à celles qu’on considèrent comme étant les « pôles du monde ».

Comme François Paré, je fais partie d’une génération qui traîne un héritage lourd dont nous ne parvenons pas à nous délester. Nous avons tenté de le remoduler, de le réorienter. Au delà de notre identité personnelle, quelle dimension prend notre identité collective aujourd’hui, notre être social ? Sommes-nous devenus « autres » ? Nous reconnaissons-nous encore au terme de ce cheminement, de cet effort d’affirmation collective, depuis un demi-siècle ?

Plus concrètement, qu’est-ce qu’on entend, que veut dire cette expression « vivre ensemble », à Montréal, au Québec, aujourd’hui ? La même question se pose aussi ailleurs dans le monde. Que veut dire « vivre ensemble » dans un monde « mondialisé », sur lequel nous n’avons pas plus de prise qu’il y a un demi-siècle, tant sur le plan local que régional ou national ? Que veut dire « vivre ensemble » à l’échelle planétaire, alors que nous basculons dans une nouvelle ère géologique que nous aurons créée sans même en avoir été conscient ?

 

Poudrerie

Coup de vent - Parc Maisonneuve - format écran

PS — le 3 mars 2016

Merci à L’Oiseau bleu, qui évoque La légende du cheval blanc, une chanson de Claude Léveillée ( voir le commentaire ci-bas ). Il est vrai que cette poudrerie soulevée par le vent, peut susciter l’image de chevaux blancs qui caracolent dans ce paysage hivernal.

Je vous encourage à aller l’écouter, ainsi que cette autre chanson de Vigneault, mise en musique par Claude Léveillée, L’Hiver, comme le rappelle Caroline Dufour ci-bas. Il faut écouter cette chanson qui a envoûté toute une génération il y a un demi-siècle.

L’attente et l’arrivée de l’hiver

Lundi, 21 décembre, 2015 – Journée du solstice d’hiver

Début de l’hiver astronomique au Québec, tard en soirée, quelques minutes avant minuit… la journée la plus courte de l’année, le solstice d’hiver.

Contrairement à l’habitude, je n’y porte pas attention. Je ne me suis même pas renseigné sur la date et l’heure exacte de cet événement au cours des jours qui ont précédé.

Il n’y a aucune trace de l’hiver dans les parages. Depuis presque le début du mois, la température se maintient au-dessus du point de congélation. On bat des records de chaleur régulièrement.

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Jeudi, 24 décembre 2015 – La veille de Noël

Je marche d’un pas vif sur les trottoirs de la ville, au rythme monotone du passage des voitures. Les pneus roulent sur la chaussée mouillée, s’harmonisant au ruissellement des rigoles qui coulent vers les caniveaux.

Une pluie drue arrose la ville en ce matin de la veille de Noël. L’air, très humide, est extrêmement doux par rapport à la moyenne de ce temps-ci de l’année : 20 C au-dessus de la moyenne, un record… un record exceptionnel, pas loin d’une dizaine de degrés de plus que l’ancien record.

Culturellement, Noël et l’hiver sont associés à la neige au Québec. Ce n’est pas Noël ici, ni l’hiver, tant que la neige ne s’est pas déposée sur les toits, les trottoirs, les branches des arbres, les parcs… que la neige n’a pas couvert le pays en entier. Mon pays, c’est l’hiver, comme le clame si bien notre poète national, Vigneault, et tel que l’a si bien chanté Monique Leyrac :

Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver
Mon jardin ce n’est pas un jardin, c’est la plaine
Mon chemin ce n’est pas un chemin, c’est la neige
Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver

La publicité sur les sites Internet… les vitrines et les étals des magasins… les chansons qui hantent les corridors des centres d’achat… les émissions spéciales à la télévision… On n’y échappe pas ; tout focalise notre attention sur la saison des fêtes. Mais je demeure distrait : quelque chose nous manque… la neige…

On se résigne enfin à ne plus l’attendre, à s’en passer. Le réveillon commence dans quelques heures.

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Montréal, le 25 décembre 2015

Vendredi, 25 décembre 2015 – Noël

On parlera probablement longtemps de l’année du Noël sans neige à Montréal, comme on parle des événements climatiques exceptionnels qui ont marqué nos vies.

Ceux qui se se promènent aujourd’hui dans les parcs raconteront qu’ils s’étaient baladés lentement, savourant l’air, qui n’est pas aussi doux que la veille certes, mais qui demeure néanmoins confortablement au-dessus du point de congélation ; ils se souviendront que les joggeurs et les cyclistes avaient profité de l’extension exceptionnelle d’un automne qui n’en finissait plus pour faire un circuit supplémentaire autour du parc, que les écureuils, plus nombreux que d’habitude, s’énervaient et sautaient tout autour, ne s’écartant des sentiers que lorsque des promeneurs ou des chiens les dérangeaient en passant.

Si les augures ont raison, si le climat se réchauffe au cours des années à venir, on s’en souviendra comme de la toute la première circonstance de ce qui deviendra éventuellement peut-être la norme.

Souvenirs du printemps

Je ressasse, tout en me promenant, mes souvenirs des Noël passés.

Depuis deux ou trois décennies, les premières neiges qui restent au sol arrivent de plus en plus tardivement… d’abord à la fin de novembre, puis en décembre. Immanquablement toutefois, quelques jours avant le solstice, la neige s’amène ; qu’importe que la couverture soit mince, presque symbolique, voire qu’elle fonde quelques jours plus tard, l’important, c’est qu’elle décore le paysage de façon appropriée pour la fête de Noël.

Mes pas se maintiennent en mode de pilotage automatique sur les sentiers du parc alors que mes neurones cheminent dans les labyrinthes de la mémoire… : c’est la première fois depuis plus de quarante ans que je passe une journée de Noël sans aucune trace de neige.

Je me souviens de cette journée unique, où jeune adulte, je m’étais échoué sur l’ile de Patmos, en Grèce pour y passer la fête de Noël : je revois mentalement le paysage devant moi.. Tout était tranquille. Seuls les coqs persistaient à vouloir animer la vie des villages.

Au cours de mon exploration des environs ce matin-là, j’avais fait une pause pour m’asseoir sur un petit quai de béton. Me prélassant sous un soleil qui tardait à percer la brume, au fond d’une grande crique s’échappant entre deux collines dénudées, jusque sur la mer Égée, je m’étais déchaussé pour baigner mes pieds parmi les écrevisses, au son des clapotis de l’eau calme.

Puis, après le déjeuner, j’avais fait une longue marche solitaire sur les hauteurs au sud de l’ile : un paysage sec, rocailleux, quasi désertique, et la mer qui s’étend, bleue, à chaque tournant des sentiers, tout autour.

Le temps devenait de plus en plus frais, à mesure que le soleil s’abaissait à l’horizon. Je suis retourné à l’hôtel.

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Dimanche, le 27 décembre 2015 – Première neige

Amorce de l'hiver

Enfin ! une première neige saupoudre le paysage de Montréal ce matin : un mince tapis couvre la ville — quelques centimètres tout au plus, pas assez pour le ski, mais trop pour le vélo.

Je retourne encore une fois, d’abord au Parc Maisonneuve ( ci-haut ), et ensuite, maintenant que la neige est arrivée, au Jardin botanique ( ci-bas ).

Jardin japonais
L’étang du Jardin japonais n’est toujours pas complètement gelé
Retour au jardin alpin
Jardin alpin

De retour chez-moi, en attendant la tempête qu’on nous annonce pour le lendemain, je fouille dans mes archives photographiques.

Il y a trois ans, à la même date, les Montréalais s’étaient encabanés chez-eux pour laisser passer une tempête. J’avais allumé un feu dans le foyer, pour mieux climatiser le spectacle derrière chez-moi : des bourrasques de vent fouettaient les branches des arbres, soufflaient la neige parfois presque à l’horizontale, l’étalaient sur les rues, et sculptaient des arabesques autour des obstacles. La visibilité était très limitée. Vingt-quatre heures plus tard, une couverture épaisse de 45 centimètres de neige s’était déposée sur la ville.

Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver
Mon refrain ce n’est pas un refrain, c’est rafale
Ma maison ce n’est pas ma maison, c’est froidure
Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver

De mon grand pays solitaire
Je crie avant que de me taire
À tous les hommes de la terre
Ma maison c’est votre maison
Entre mes quatre murs de glace
Je mets mon temps et mon espace
À préparer le feu, la place
Pour les humains de l’horizon
Et les humains sont de ma race

27 décembre 2012Je me suis aussi souvenu d’une autre tempête, toujours entre Noël et le Jour de l’an. Je n’habitais pas Montréal à l’époque.Tout avait débuté le lendemain de Noël, en 1969.

Mais un ami m’avait prêté son appartement, face au Parc Lafontaine. Une amie était passée m’y rendre visite au tout début de la tempête. Isolés du reste du monde, nous avions perdu le temps, à contempler la neige virevolter, à parler, à écouter de la musique, à lire, à boire et manger, et à se gaver et s’ennivrer l’un de l’autre, pendant trois jours. Lorsque nous sommes sortis, à la fin de la tempête, le paysage était féérique ; il y a avait une soixantaine de centimètres de plus sur le sol.

Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’envers
D’un pays qui n’était ni pays ni patrie
Ma chanson ce n’est pas une chanson, c’est ma vie
C’est pour toi que je veux posséder mes hivers

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Mercredi, le 31 décembre, 2015

L’hiver est arrivé pour de bon. On nous annonce un temps polaire pour les jours qui viennent.

Les amateurs de ski sont heureux. Les enfants sortent leurs toboggans et leurs tapis de glisse et envahissent la moindre pente ; ils entreprennent de construire des châteaux et des forts de neige.

Il n’y a plus de joggeur, ni de cyclistes dans les parcs de la ville.

Parc Maisonneuve - Dernier jour de l'année en nb

Montréal l'hiver en nb
Montréal s’est vêtue d’un manteau de neige
Belle journée pour le ski
Belle journée pour le ski