… après ça …

après ça dans la Graham-Paige année 1927 d’Old Bull ils partirent vers le Nebraska… Des nuages géants des prairies s’amassaient et marchaient au-dessus de l’anxiété indescriptible de la surface de la terre où les hommes vivaient tandis que leur voiture se faisait petite dans l’immensité, rampaient vers l’est comme une bibitte à patates sur des routes qui n’aboutissaient à rien.

Jack Kerouac, La vie est d’hommage, Boréal, 2016
( page 142 )

I-80 Wyoming 2
L’autoroute I-80, s’enfonçant dans l’horizon vers l’est, du Wyoming vers le Nebraska…

Quelques semaines avant de me lancer à nouveau dans une autre exploration de l’Amérique, les Éditions Boréal publiaient un recueil de textes inédits rédigés en français par Jack Kerouac — La vie est d’hommage.

Je l’ai trimbalé avec moi tout au long de ma longue virée jusqu’au Sud-Ouest, en filant sur les autoroutes et les routes de campagne de la Vallée de l’Ohio, en suivant le parcours de la légendaire Piste de Santa Fe et, enfin, en retournant vers l’est jusqu’à domicile. De retour chez-moi, en poursuivant la lecture de ces textes qui me fascinent et me dérangent à la fois, je prolonge le voyage, dans tous les sens du terme, tout en relisant et en complétant mon journal de voyage.

Ces textes, qui dormaient dans les archives de Kerouac à la New York Public Library, ont été établis et présentés par le chercheur Jean-Christophe Cloutier. Ce dernier a épluché et étudié attentivement ces textes surprenants. Dans la préface au recueil, Avant Propos : Les travaux de Jean-Louis Kerouac, le chercheur nous révèle ce qu’il qualifie, avec raison, de véritable trésor.

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Souvenirs

Dimanche 29 juin

Journée chaude aujourd’hui… Souvenirs des étés de mon enfance, de mon adolescence…

… au cours de certaines journées chaudes de mon enfance, il m’arrivait souvent de vagabonder, le corps léger, tous les sens en alerte. Parfois, l’esprit se mettait à dériver. Sans que je m’en rende compte, je m’estompais dans l’espace du monde.  Je me retrouvais alors dans un état de ravissement devant un objet familier, un jouet par exemple, ou une plante…

L’émerveillement d’être… une extase naturelle.

On ne provoque pas ce genre d’expérience : cet état survient. Bien entendu, il faut du temps, une disponibilité, un détachement de soi… n’attendre rien.

Ce n’est que devenu jeune adulte que j’ai commencé à comprendre la nature de ces expériences… et encore… avec le temps, l’expérience, ai-je vraiment compris ce qu’il en est ?

Profondeur
… de boisés mystérieux à demi domestiqués.

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Conjuguer ses histoires… pour la suite du monde (3)

Il y a un mois, Radio Canada a lancé une nouvelle série d’émissions, Qui êtes-vous?. Je suis convaincu que cette série témoignera de l’intérêt de beaucoup d’entre nous pour la généalogie. Quiconque passe le moindrement de temps à remonter le temps à la recherche de ses ancêtres constate rapidement à quel point la généalogie est un passe-temps très populaire. Nous sommes tous intéressés à savoir qui nous sommes. Nous voulons connaître nos histoires.

Au cours de la première émission, l’animateur bien connu de jeux télévisés, Patrice L’Écuyer est visiblement touché de se rendre compte que l’histoire de sa famille est inscrite dans celle de notre nation. Je suis persuadé que beaucoup de téléspectateurs ont partagé ses émotions, à chaque étape de ses découvertes ; lorsqu’il s’interroge sur le rôle que son ancêtre aurait pu jouer au cours de la Rébellion de 1837-1838 ; lorsqu’il apprend que Jeanne Mance, qu’on considère comme la cofondatrice de Montréal, a signé à titre de témoin l’acte de mariage de son premier ancêtre en terre d’Amérique, il y a environ 350 ans.

À titre de grand-père, c’est surtout la conclusion à laquelle il arrive au terme de son expérience qui m’a touché : considérant ce que ses ancêtres ont vécu et ce qu’ils lui ont légué, il prend conscience de la responsabilité qu’il lui incombe à l’égard de l’avenir de ses propres enfants. Qu’est-ce que je vais leur léguer ? Lire la suite…

Conjuguer ses histoires (2)

Il y a longtemps, lors de conversations avec des membres de ma famille, j’ai appris que mon aïeul en terre d’Amérique s’appelait Pierre Jamme, ou Gemme. J’ai retenu aussi qu’il était originaire du Calvados, en Normandie ; qu’il était arrivé avec un régiment militaire et qu’il s’était établi dans la région de Montréal ; que ses descendants avaient progressivement migré vers l’ouest en passant dans la région de Saint-Eustache avant de traverser la rivière des Outaouais il y a un peu plus d’un siècle. Ma connaissance de mon histoire familiale se résumait à ces quelques lignes.

J’ai voulu en savoir plus en revenant de mon dernier périple à Ottawa il y a quelques semaines. Depuis ce moment, je fouine sur Internet, voir ce que je pourrais y trouver. Lire la suite …

Conjuguer ses histoires… (1)

Racines familiales
Quatre générations – la continuité de la vie…

Un devoir de mémoire

Quelques années avant de mourir, ma mère m’avait donné plusieurs vieilles photos de famille. À l’occasion, au cours des années, elle m’avait raconté les histoires liées à certaines de ces photos. Malheureusement, je n’avais pas pris de notes lors de ces conversations. La mémoire ne retient en général que ce qu’on estime comme étant important dans l’immédiat. Les souvenirs se logent dans les replis du cerveau, puis la trace pour s’y retrouver se dissipe. C’est pour cette raison que je saisis toutes les occasions de sortir ces photos, et d’interroger les témoins toujours vivants qui pourraient me renseigner sur mes histoires.

Ainsi, il y a quelques semaines, je suis retourné à Ottawa, ma ville natale, pour accomplir des devoirs : des devoirs de famille, de reconnaissance, de mémoire.. pour lier le passé à l’avenir, pour retisser et reconjuguer mes histoires… pour les transmettre à ma petite-fille, pour qu’elle puisse à son tour, les retransmettre à ses petits-enfants…  Lire la suite…