Adieu Monsieur Cohen

So long Mister Cohen…

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic ’til I’m gathered safely in
Lift me like an olive branch and be my homeward dove
Dance me to the end of love

 

Un grand merci, Monsieur Cohen,

pour avoir rythmer nos vies, selon les marées de nos humeurs, de nos amours, de nos espoirs tout autant que de nos angoisses et de nos colères…

Si j’étais Américain…

Si j’étais Américain, j’irais annuler mon vote aujourd’hui.

Quel que soit le résultat des élections américaines aujourd’hui, que ce soit Trump ou Clinton, et lequel des deux principaux partis, des Républicains ou des Démocrates, contrôlera le Sénat et la Chambre des représentants, les Américains se retrouveront dans une situation instable. Les scénarios de l’avenir qui en découlera, tels qu’évoqués par les observateurs, tant de l’intérieur que de l’extérieur, sont nombreux et contradictoires. Aucun, toutefois, ne prévoit une résolution des aspirations et des volontés conflictuelles entre les diverses composantes des États de moins en moins unis.

Ceux qui y trouveront leur compte seront en minorité. La grande majorité de ceux qui auront voté l’auront fait non pas en faveur d’un candidat, d’un parti, d’une option, mais plutôt contre l’autre candidat, l’autre parti, l’autre option. Beaucoup de partisans républicains auront voté non pas pour Trump, mais contre Clinton, et inversement, un grand nombre de partisans démocrates iront voter contre Trump et non pas pour Clinton. Environ quinze pour cent de l’électorat voteront pour deux partis minoritaires, les Libertariens ou les Verts.

Au cours de ma virée à travers le Mid-Ouest et le Sud-Ouest américain au printemps dernier, j’ai sondé, de manière informelle, les Américains : la majorité des personnes avec lesquelles je me suis entretenu étaient indécises, désemparées incapables de se brancher, profondément inquiètes, découragées même. Les uns étaient incapables de s’imaginer Trump au pouvoir, tout en ne pouvant pas se convaincre de voter pour Clinton… et vice versa.

À plusieurs reprises, tant des partisans démocrates que républicains ont évoqué les noms de leaders du passé, Lincoln, Roosevelt, Kennedy, voire Reagan, qui avaient guidé le pays à travers des temps difficiles. On ne parvenait pas à s’expliquer pourquoi des candidats de valeur aient été incapables de se démarquer, de s’imposer au sein des deux grands partis, afin de les inspirer, leur proposer une façon de sortir de ce qu’ils considèrent comme une impasse. Ils s’interrogeaient sur les déficiences de leur système politique :  comment en étaient-ils arrivés là où ils se trouvaient ?

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The Fourth Branch: An Editorial

Je suis américain aujourd’hui…

The Red Cedar

by Mike LaForest

“[We the People] of the United States, in order to form a more perfect union, establish justice, insure domestic tranquility, provide for the common defence, promote the general welfare, and secure the blessings of liberty to ourselves and our posterity, do ordain and establish this Constitution for the United States of America.

I consider the people to be a branch of government — the fourth branch of American government. We the People are more powerful than the other three branches combined. We maintain our constitutional republic by adhering to and respecting the rule of law established by our constitution. Additionally, our forefathers put in place three branches of government as a series of checks and balances, so that [the people] would not have to worry about the tyranny of the minority.

Every President in my memory has tested the limits of their power through “executive order” in…

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Une deuxième fois, cinq ans plus tard

Le Jardin Lauritzen – le 3 juillet 2016

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Au centre du jardin victorien

Nous avions conservé un bon souvenir de notre premier séjour à Omaha, il y a cinq ans. C’est donc avec plaisir que nous nous y sommes arrêtés, au cours de la longue fin de semaine du congé de la fête nationale américaine, sur la route du retour de notre virée à travers les états du Mid-Ouest et du Sud-Ouest américain au printemps dernier.

Nous retournons rarement visiter des lieux une deuxième fois. Néanmoins, le Jardin Lauritzen de Omaha nous avait impressionnés ; nous étions curieux de voir comment il avait évolué depuis notre première visite.

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Découvrir où le chemin nous mène

La route - Route de campagne en OhioParfois, alors qu’on croit savoir où on va, on se rend compte qu’on s’engage sur un chemin qu’on ne reconnait pas, qui n’est pas celui qu’on avait prévu, ou qui ne mène pas là où on veut se rendre.

À ce moment, on court le risque de se perdre au détour… mais c’est là que commence la découverte.

La plupart du temps, on ne découvre que ce que l’on veut bien découvrir. Là où commence la véritable exploration toutefois, c’est de découvrir l’inattendu. Et la découverte la plus inattendue que l’on puisse faire, celle qui nous surprendra le plus, c’est de découvrir un nouveau point de vue sur soi-même… Ce peut-être le point de départ d’un autre voyage… Il faut parfois du courage pour s’y aventurer.

Quelques campings sur les Grandes Plaines de l’Ouest

Salina, Kansas – le 8 juin 2016

Cinq heures de route depuis Independence Missouri, incluant l’arrêt pour le lunch sur le bord de l’autoroute. Il fait chaud, très chaud, c’est sec et il vente, il vente très fort, un vent qui soulève la poussière ; mais on est bien à l’intérieur, à l’air climatisé.

Les préposés à l’accueil du camping à Salina, Kansas, nous disent que le mercure du thermomètre s’élèverait rapidement bien au dessus des 100 degrés F s’il n’y avait pas de vent.  On s’installe en milieu d’après-midi, avant l’arrivée de tous les autres voyageurs.

Le camping se remplit progressivement jusqu’en début de soirée. Sur le bord de l’autoroute I-70, au milieu des champs de blé. De passage pour une nuit ; une nuit chaude. On reprend la route tôt le lendemain matin, pour s’engager sur la Piste de Santa Fe.

Camping - Salina
Fin d’après-midi, bien installés à l’ombre, à Salina, Kansas ; en arrière-plan, les camions à remorque filent sur la I-70 vers l’est.

Dodge City, Kansas – les 9 et 10 juin 2016

Après un premier arrêt au cours de l’avant-midi à Pawnee Rock, le lunch à midi dans un restaurant mexicain à Larned, et une visite du site historique du Fort Larned National Historical Park, on file vers Dodge City. On passe la nuit au Gunsmoke RV Park.

Le lendemain, tôt le matin, il fait déjà chaud, très chaud, comme la journée précédente. On part visiter la ville : le Boot Hill Museum, une visite guidée des environs de la ville… ( pour les fans de Lucky Luke, les Dalton, ce n’est pas une fiction ; ils ont réellement existé ; on peut même visiter leur maison familiale à quelques km de distance, un peu plus à l’ouest de Dodge City ). Nous retournons au camping.

Camping - Gunsmoke RV Park
Tôt le matin, un employé nettoie la piscine devant le complexe d’accueil du Gunsmoke RV Park à Dodge City, Colorado.

Las Vegas, Nouveau Mexique – 13 juin 2016

En quittant, on pousuit vers l’ouest sur la US 50, jusqu’à La Junta, Colorado. Nous y passons deux nuits, puis nous filons à nouveau vers le sud, en direction de Santa Fe.

Une dernière halte d’une nuit au KOA, à Las Vegas, Nouveau Mexique, avant de se diriger le lendemain à Santa Fe. Le camping est bien situé sur une colline rocailleuse, mais boisée : un beau paysage montagneux devant notre emplacement. On ne sent pas la présence de l’autoroute 25, juste de l’autre coté de la colline.

Quelques jours plus tard, nous apprenons qu’il n’est pas rare d’y croiser des serpents à sonnettes ; puis, on nous informe par la suite qu’il n’y a plus d’eau au camping de Las Vegas. Nous comprenons alors pourquoi, bien que le camping soit bien entretenu, l’état des douches et des toilettes laisse néanmoins à désirer. Et je ne regrette pas d’avoir été prudent ; je n’y ai pas risqué de m’aventurer dans les sentiers environnants.

Camping - KOA Las Vegas NM
Au camping KOA de Las Vegas, Nouveau Mexique, perché sur un colline rocailleuse devant un paysage montagneux semi-désertique, enchanteur.

Pueblo, Colorado – le 25 juin 2016

Il n’y a qu’une heure et demi de route entre Las Vegas NM et Santa Fe. Nous nous arrêtons au Parc national historique de Pecos avant de nous diriger vers la capitale du Nouveau-Mexique, au pied des montagnes Sangre de Cristo. Nous y séjournons une dizaine de jours, avant de reprendre la route vers la nord… direction Laramie, Wyoming.

Un arrêt de quelques heures à Trinidad, Colorado — un lunch délicieux avant une visite du musée d’histoire locale — la Piste de Santa Fe, la découverte de métal, notamment le charbon, le développement de la ville, les luttes syndicales…

Halte d’une nuit, environ à mi-chemin, en bordure la I-25, près de Pueblo, Colorado. Il fait déjà moins chaud qu’à Santa Fe.

Conversation intéressante avec mon voisin de camping, qui est originaire de la région, mais qui vit aujourd’hui la moitié de l’année à Taos NM et l’autre moitié à Talahasse Floride.

Diane - Camping de South Pueblo
On peut entrevoir un camion sur l’autoroute I-25, en arrière-plan. L’hôtesse vous souhaite la bienvenue à la porte de son domicile sur roue.

Cheyenne, Wyoming – les 29 et 30 juillet 2016

De Pueblo, on roule vers le nord ; on traverse Denver, sans s’arrêter. On poursuit sur la I-25 jusqu’à Fort Collins. On s’engage ensuite sur la US 287, qui longe, pendant quelques instants, la rivière Cache la Poudre, un affluent de la South Platte.

On se retrouve dans les contreforts des Rocheuses ; en quelques minutes, on s’élève jusqu’à plus de 8 500 mètres avant de redescendre à Laramie. Une nuit, une journée à visiter Laramie, puis on file vers la capitale du Wyoming, Cheyenne.

Visite du Jardin botanique le matin ; lunch ; on entre, par curiosité, au Boot Barn, anciennement le magasin phare des jeans Wrangler ( achat d’une paire de jeans et d’un manteau d’hiver, en vente – une véritable aubaine ), suivie d’une visite au Cowgirls of the West Museum en après-midi, puis on se dirige vers le KOA de Cheyenne, à quelques km à l’ouest en bordure de la I-80.

Une deuxième nuit ; une journée complète immergé dans l’univers de l’épopée des trains dans l’Ouest américain ; lunch à l’Albany, à côté de l’ancienne gare de la Union Pacific. Vers la fin de la journée, on subit un orage, une véritable douche. Puis le temps se dégage pour la nuit.

Camping - Cheyenne
Au KOA de Cheyenne Wyoming : des installations minimales, mais un accueil chaleureux. La tempête passe au sud… au-delà de la I-80…

Cheyenne - camping koa

Le lendemain, on entreprend la traversée du Nebraska.

In God We Trust

Il est impossible de cheminer sur les routes sans constater à quel point la religion est omniprésente dans la société américaine. Le sentiment religieux s’affiche littéralement partout dans le paysage.

On vous incite à la vertu ; on vous rappelle qu’il sera trop tard lorsque vous sonnerez à la porte du paradis ; et on souligne surtout que c’est Jésus qui est l’unique réponse aux écarts moraux qui affligent le pays.

Messages religieux 1
Citation au bas de l’affiche : « Quand les justes gouvernent, le peuple est en liesse ; quand les mauvais dominent, le peuple gémit. ( Proverbes 29, 2 ) » Traduction tirée de la version de la Bible de Jérusalem

Bien qu’un Américain sur cinq déclarent ne pas avoir de religion et qu’un grand nombre de croyants pratiquent peu, le sentiment religieux demeure une arcane importante dans tous les domaines de la vie sociale et politique américaine.

Dans son discours à la convention démocrate il y a quelques jours, Hillary Clinton a fait allusion à la devise du pays : E pluribus unum ( De plusieurs, nous faisons qu’un ). Hors, ce n’est pas la devise officielle du pays ; c’est plutôt In God We Trust ( En Dieu nous croyons ), et  cette devise est d’ailleurs présente sur tous les billets de banque américains.

Il faut bien comprendre l’origine et le contexte au sein duquel cette devise a été adoptée il y a un demi-siècle. La constitution américaine a institué une séparation claire entre les Églises et l’État. Il ne s’agit pas de laïcité, mais bien plutôt d’une neutralité à l’égard de toutes les confessions religieuses.

Il y a certes un sentiment de méfiance à l’égard des Musulmans au sein de la société. Toutefois, même si on se questionne sur l’expression de certaines formes de croyances, on ne remet pas en question le principe même de la tolérance religieuse.

Rappel, sur le bord d’une autoroute I-80, au centre du pays : le seul chemin vers la vérité et le salut

Les Américains pourraient élire une femme à la présidence de leur pays. Mais je doute qu’un non-croyant pourrait être élu pour diriger le pays. Des études sociologiques démontrent qu’on se méfie toujours des non-croyants dans toutes les sphères de la société américaine.

Madame Clinton n’a pas manqué de souligner ses racines familiales et les enseignements inspirés des principes de la religion méthodiste que pratiquait sa mère. Elle a aussi dit que sa mère lui avait enseigné qu’il faut tenir tête aux brutes et aux harceleurs. Elle voulait montré qu’elle peut être ferme, et agressive si les circonstances l’imposent.

Je n’ai pas été surpris de lire ce matin dans le New York Times que des employés du Parti démocrate aient envisagé l’opportunité de suggérer à des journalistes d’interroger Bernie Sanders sur ses croyances religieuses, en sous-entendant que celui-ci serait incroyant.

La campagne électorale américaine a été virulente entre les candidats au sein des deux partis au cours des primaires. Imaginons ce que ce sera au cours des mois à venir. Les sentiments voleront bas… l’esprit ne sera pas très « chrétien », comme on le dit chez-nous.

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Quelques témoignages sur l’élection américaine

Piste de Santa Fe - Independence MI
Independence, Missouri

Je reviens d’un séjour de neuf semaines aux États-Unis ;  en mai, juin et au début du mois de juillet, dans toutes les régions que nous avons visitées, de la Pennsylvanie au Nouveau-Mexique, en passant par le Kansas et le Michigan, je me suis entretenu avec des Américains. J’ai aussi observé les traces visibles de la campagne électorale… notamment, j’ai constaté la présence des nombreuses affiches que les partisans de « Bernie » ( Sanders ) ont parsemées,  partout, dans les fenêtres, sur des parterres devant les maisons, sur les pare-chocs des automobiles, etc… quelques affiches de soutien à Trump, moins d’une demi-douzaine en tout, mais pas une seule affiche en faveur de Hillary Clinton.

Ce n’est pas en journaliste, mais bien en touriste que j’ai visité les États Unis au cours du printemps. Je ne me suis pas promené dans une quinzaine d’états en cherchant à rencontrer des porte-parole officiels des partis politiques, ou des spécialistes qui font métier d’analyser l’évolution de la société américaine. J’ai plutôt croisé des citoyens ordinaires, dans des campings et des restaurants, des sites touristiques, des commerces.

Lorsque je sentais que le contexte le permettait, j’ai pris l’initiative de soulever le sujet de la campagne électorale au cours de conversations. À quelques occasions, ce qui m’a surpris d’ailleurs, ce sont eux qui ont abordé la question.

Depuis deux décennies, j’ai effectué plusieurs séjours chez nos voisins du Sud, parfois pour des raisons professionnelles, parfois pour visiter le pays à titre personnel. Ce printemps, pour la première fois, j’ai perçu que les Américains étaient véritablement intéressés à connaître l’opinion d’étrangers sur « leurs » affaires, sur « leurs » enjeux sociaux, économiques, politiques, électoraux. Je les ai sentis soucieux de la perception que nous avons d’eux.

À chaque occasion, j’ai cherché à connaître comment ils percevaient leur situation politique. Je ne leur ai jamais demandé s’ils étaient partisans d’un parti plutôt que de l’autre : je leur ai toujours demandé lequel des candidats, à leur avis, était le plus susceptible d’être élu. Je tentais, autant que possible, de ne pas orienter leurs réponses. Ce qui m’a le plus surpris, c’est à quel point ils sont désemparés, souvent désabusés, tant chez ceux qui me semblaient être de tendance conservatrice que ceux qui semblaient être plutôt d’orientation progressiste.

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Le Nebraska, de l’ouest vers l’est

Le 30 juin, nous entamons la dernière partie de notre virée à travers l’Amérique. Au cours d’une dizaine de jours, nous traversons quatre états américains et une province canadienne — le Nebraska, l’Iowa, l’Illinois, le Michigan et l’Ontario –, nous franchissons trois fuseaux-horaires — Mountain, Centre, et Est — et, sans nous en rendre compte, nous effectuons une longue descente progressive de plus de 5 500 mètres sur 3 000  kilomètres.

La route -I 80 au Wyoming 2
La I-80, peu avant de passer du Wyoming au Nebraska… toujours le relief plat des Grandes Plaines de l’Ouest américain… très peu d’arbres, mais on commence à observer des étendues de terres cultivées.

Nous embobinons derrière nous, à 75 miles à l’heure ( 120 km/h ) et plus parfois, le ruban de béton des autoroutes, tout en étudiant le paysage qui défile sur l’immense étendue des grandes surfaces planes du centre du continent.

Nous nous offrons deux pauses : un premier arrêt de deux jours, au cours de la fin de semaine du Fourth of July, la fête nationale américaine, à mi-chemin, à Omaha, sur le bord du Missouri, là où l’Ouest bascule dans l’Est de l’Amérique ; puis, après trois jours consécutifs sur la route, un deuxième arrêt, de deux jours, à Leamington, dans l’extrême sud de l’Ontario, pour une réunion de famille.

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