je chante selon cette voix

 

 

je chante selon cette voix qui me semble si près
il me semble qu’elle se cadence tout aussi près du chant

je chante selon cette voix qui chuchote à l’oreille
elle me semble quand je l’entends tout aussi près du chant

je chante selon cette voix qui bourdonne en silence
elle me semble à l’écran des couleurs tout aussi près du chant

je danse selon cette femme qui me semble si près
elle me semble aux parfums de ses bleus tout près du chant

je contemple selon cette voix qui m’envoûte à l’amour
elle me semble à la caresse des peaux tout près du chant

je danse selon cette guise qui me courbe les reins
elle me semble aux accents de ses aises tout près du chant

je chante selon cet air qui frissonne des lèvres
elle me semble quand je l’entends tout près du chant

je chante selon ce souffle qui me berce les paupières
il me semble que je m’endors tout aussi près du chant

je rêve selon cette voix qui me semble si loin

juillet 1973

 

vagabondages photographiques dans le métro… et ailleurs

pérégrinations — hebdomadaire, mensuelle, annuelle, c’est selon — d’une activité à une autre… le regard se promenant alerte pour saisir l’occasion…

… l’esprit plus ou moins vide, sans état d’âme, pour mieux saisir des coups d’œil furtifs, plus ou moins aléatoires, sans autre intention que purement esthétique, au quart de seconde…

… d’une station de métro à une autre… sur la ligne verte, à la jonction, à deux occasions, de deux lignes, la verte et l’orange, et à la sortie, se retrouver dans une ruelle…

… recentrer l’esprit…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Inspirations : sur la pluie

Dix points de vue sur la pluie

 

Réflexion sur le capot, rouge, d’une voiture de luxe — fin de l’hiver, ou l’automne, là où il y a des arbres

 

Départ, Genève, octobre 2010

 

Une averse à Toulouse, début de l’automne, septembre 2010

 

Jetée, Folly Beach, Caroline du Sud, mai 2014

 

Boston, Massachusetts, fin juin 2009

 

Le Village, Montréal, fin mai 2013

 

Ruelle, Quartier du Plateau, Montréal, avril 2016

 

Ottawa, octobre 2011

 

Dans ma cour… octobre 2010

 

Abstraction, juillet 2010

 

Étude : au quart de seconde

 

me promenant, anonyme, la caméra pointée droit devant au bout du bras droit plus ou moins ballant, le doigt sur le bouton de déclenchement, sans qu’il y paraisse, déclenchant selon l’inspiration, à une vitesse d’obturation réglée au quart de seconde…

une suite de quatre déclenchements…

>>>>

dans la station de métro, me dirigeant vers l’entrée de la Grande Bibliothèque, montant sur l’escalier mobile, m’immobilisant quelques secondes sur le grand escalier face aux cages d’ascenseur, puis poursuivant ma marche dans un corridor, jusque vers la salle de la Collection nationale…

>>>>

>>>>

>>>>

 

 

animation souterraine

je regarde passer le métro qui arrive dans la station… sur la ligne verte… vers le centre de la ville… un matin d’hiver… j’embarque…

>>>>

 

à la station Berri/UQAM, je transfère, passant de la ligne verte à la ligne orange …

>>>>

>>>>

je débarque… me dirige vers l’escalier roulant, et je monte vers la sortie…

… selon la journée, tout au long de la journée, de la matinée jusqu’en soirée, ou selon l’humeur du jour … atelier, cours, musée, bibliothèque, café, taïchi, flânerie ……

……

… je vis au rythme d’une ville animée, exubérante…

>>>>

 

 

 

 

Transition

Samedi, le 1er avril 2017

Une dernière averse de neige… comme un dernier soupir de l’hiver…

Mardi, le 4 avril

Il pleut… beaucoup… fonte des neiges… on est bien au café…

Aujourd’hui, mercredi le 5 avril

Ce matin, je suis allé me faire couper les cheveux. J’ai remarqué, au passage, que le Dairy Queen était ouvert. En revenant chez-moi, j’ai entendu les outardes dans les nuages. Le printemps, bien que timide, arrive… Demain, on annonce des averses intenses de pluie; je retournerai à la Grande bibliothèque, poursuivre ma lecture de Dickens

American Notes : le parcours d’un livre

American Notes, de Charles Dickens. Exemplaire imprimé chez T. B. Peterson & Brothers, Philadelphie. Date de publication estimée : 1857

Pour poursuivre ma lecture de American Notes, de Charles Dickens, ce récit du voyage de six mois que le grand écrivain anglais a effectué, de janvier à juin 1842, en Amérique du Nord, je dois me rendre, sur place, à la Grande Bibliothèque.

Examinez les photos du livre, ci-haut et dans le billet précédent. C’est un vieux livre. Je tourne les pages avec précaution ; elles sont raides, comme du carton ; la reliure du livre est fragile.

Cet exemplaire du livre m’intrigue. La page titre nous informe que le livre a été imprimé aux États-Unis, à Philadelphie. Il n’y a pas de date, ni de mention de droit d’auteur, uniquement le nom et l’adresse de l’imprimeur. Au milieu du 19è siècle, les auteurs, dont Dickens, luttaient toujours pour faire valoir leurs droits sur leurs œuvres. Les Américains notamment, refusaient de reconnaître l’institution du copyright international. L’exemplaire que j’ai en main est forcément une publication piratée.

Je voulais en savoir plus, connaître le parcours de cet exemplaire spécifique.

Il y a quelques jours, une bibliothécaire de la Grande Bibliothèque m’a aimablement guidé dans ma recherche sur le parcours de ce livre. Elle m’a signalé d’abord que le livre avait fait partie de la Collection Gagnon, une collection d’une grande importance que je ne connaissais pas. Ensuite, naviguant dans l’Internet d’une source de renseignements à une autre, elle a réussi à retracer l’année de la publication de l’édition américaine de American Notes : cet exemplaire du livre a été publié aux États-Unis par T. B.  Peterson & Brothers, à Philadelphie, en 1857, il y a 160 ans.

***

La Collection Gagnon

La Grande Bibliothèque est l’une des constituantes de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Elle est devenue dépositaire de diverses collections de documents lors de la fusion des activités de la Grande Bibliothèque et de la  Bibliothèque nationale du Québec il y a une quinzaine d’années, et de la fusion subséquente de la Bibliothèque nationale et des Archives nationales du Québec il y a douze ans.

Un fiche collée à l’intérieur de la couverture du livre nous informe que cet exemplaire fait partie de la Collection Gagnon. J’apprends que la Collection Gagnon est un véritable trésor bibliographique sur l’histoire de l’Amérique et particulièrement de l’Amérique française. Cette collection comporte des ouvrages et des documents très anciens, qui remontent jusqu’ au début des années 1500, soit jusqu’aux premiers récits des grandes explorations du continent américain. On y retrouve, entre autres, les écrits de Bartolomé de las Casas, qui a dénoncé dès le 16è siècle la barbarie des Conquistadors espagnols à l’égard des peuples amérindiens de l’Amérique. Cette collection contient aussi la première édition du récit des voyages de Jacques Cartier, les Voyages de Champlain, les Relations des Jésuites et d’autres récits de voyages et d’explorations.

Mais ce qui m’a le plus surpris, c’est l’origine de la Collection Gagnon.

La bibliothécaire m’informe que la Bibliothèque centrale de Montréal avait acquis cette Collection d’un certain Philéas Gagnon, un négociant de Québec, en 1910 ; que ce collectionneur avait assemblé sa collection sur une période de 35 ans, de 1875 jusqu’à 1910.

De retour chez-moi, je poursuis mes propres recherches. Le Dictionnaire bibliographique du Canada contient une notice biographique sur Philéas Gagnon. J’y apprends que Gagnon est un tailleur, qui a pignon sur rue à Québec. Ce négociant, dès le début de la vingtaine, commence à s’adonner à la collection de livres.

Malgré une formation scolaire relativement mince et de modestes revenus de tailleur, Gagnon réussit, par des achats judicieux dans les nombreuses ventes à l’encan locales, par l’utilisation d’encarts publicitaires dans des revues spécialisées même étrangères, et par la publication de ses propres catalogues de vente, dans lesquels il offrait le surplus de ses acquisitions, à se bâtir une collection que ses contemporains, historiens, chercheurs et littérateurs, à la fois plus scolarisés et mieux nantis, allaient reconnaître comme la meilleure et la plus complète au Canada.

En 1895, ce « modeste » tailleur publie, à compte d’auteur, un essai de bibliographie canadienne qui révèle la richesse de sa collection. Cette publication lui vaut une nomination au poste de conservateur des Archives judiciaires du District de Québec en 1898. Déjà, il travaillait à pérenniser son œuvre. Il cherche à vendre sa collection à des intérêts américains ; le gouvernement du Canada ne saisit pas l’occasion. Finalement, c’est la Bibliothèque de Montréal qui l’acquiert.

***

C’est dans un tout autre esprit, que je retournerai la semaine prochaine à la Grande Bibliothèque pour poursuivre ma consultation de ce livre. Je le manipulerai avec encore plus d’attention… avec un sentiment de reconnaissance à l’égard de ce modeste tailleur qui nous a légué un trésor.

American Notes

Pendant que Stendhal se promenait d’un bout à l’autre de la France et de l’Italie en touriste et que Flaubert allait se trimballer au Moyen Orient au cours de la première moitié du 19è siècle, l’Anglais Charles Dickens traversait l’océan pour aller explorer les États-Unis.

Il publia son récit de voyage, American Notes, quelques mois après son retour en Grande Bretagne. J’ai lu la traduction française de ce livre il y a trois ans. Je voulais le relire, dans le texte original.

L’unique exemplaire disponible à la Grande Bibliothèque est conservé dans la Collection nationale. Les bibliothécaires ont estimé que le livre est trop fragile pour le laisser circuler hors des murs de la Bibliothèque. La couverture est usée ; le papier, un peu jauni, est épais, sec, rigide, friable ; le livre doit être manipulé avec soin. Il n’est donc pas surprenant qu’il faille le lire sur place à la bibliothèque.

Ce n’est pas tous les jours qu’on peut feuilleter un exemplaire d’un livre publié originalement il y a 175 ans. La lecture de ce livre est fascinante en ce qu’elle nous permet de constater l’évolution de ce pays, les États-Unis, que nous croyons, je spécifierais même, que nous prétendons connaître si bien.

Papillonnage dans les serres

Lundi, le 6 mars 2017

Tôt le matin, dès le début de la semaine du congé scolaire… les papillons sont en liberté dans la grande serre du Jardin botanique de Montréal, au grand plaisir des enfants, de leurs parents et grands-parents.

Tant qu’à y être, bien que ce soit les papillons qui nous y attirent, nous saisissons aussi l’occasion pour aller prendre un bain de verdure, pour papillonner nous-mêmes dans toutes les serres, à travers les bonsaïs, les cactus et les succulents, les épiphytes, les mousses espagnoles, les fruits tropicaux, jusqu’aux fougères, en passant par les orchidées.

ps : n’hésitez pas à cliquer sur les photos pour les agrandir

… par ici pour papillonner… pssst, y a des orchidées

Lendemain de tempête

Toute la journée, pendant que des bourrasques occasionnelles saupoudraient toujours nos trottoirs, on ne parlait que de la tempête et de la catastrophe qui, heureusement, ne s’est pas transformée en tragédie humaine. Plusieurs centaines de personnes sont demeurées coincées dans leur véhicule, pendant toute la nuit, sur une autoroute, en pleine ville… Avec la surveillance, constante, de toutes les caméras, partout en ville… l’omniprésence de réseaux de communication téléphonique, alors que dès la fin de la soirée, toutes les stations de radio et de télévision rapportaient que l’autoroute était devenue un stationnement… comment les ministres responsables des transports publics et de la sécurité civile ont-ils pu dormir, et n’apprendre ce qui s’est passé qu’à leur réveil ce matin ?

Cette tempête nous a révélé l’ampleur de l’incompétence de ceux qui nous dirigent et pourtant, personne ne veut reconnaître que nous l’avons avons élu ce gouvernement… et que ceux qui l’ont porté au pouvoir l’ont fait, malgré sa faiblesse, malgré la corruption, parce qu’on préfère le conserver en place de peur de devenir souverain.

Entretemps, je me console en me promenant dans les rues et ruelles de ma ville en contemplant ses paysages urbains sous un manteau blanc… Les météorologues nous rappellent que le printemps arrivera bientôt… lundi prochain nous dit-on…

 

 

 

 

en attendant le printemps…

prêt pour l'été