Points de vue sur les Îles

Sans prétention, quelques traits de crayons d’un amateur …
numérisation de pages de mon carnet de dessin

 

Croquis au crayon graphite
Chalets-camping des Sillons
Dune du Sud, Havre-aux-Maisons
31 août 2017

 

Esquisse au pastel
Havre-aux-Maisons, Dune du sud
Le 31 août 2017

des vagues qui s’écrasent incessamment derrière mon dos sur la plage,
la marée qui monte,
soleil timide

 

Croquis rapide au crayon fusain 2B medium
Havre-aux-Maisons, Dune du Sud
Le 3 septembre 2017

Un air qui se rafraîchit et qui devient frisquet

 

Croquis au crayon graphite
Sur la plage du Parc de Gros-Cap
Le 6 septembre 2017

 

Croquis très rapide au crayon fusain
Magasin Hector Hébert
La Grave, Havre-Aubert
Le 7 septembre 2017

 

Esquisse au crayon – graphite
Parc de Gros-Cap
Le 8 septembre 2017

 

 

 

 

Cheminant vers les Îles… journal de bord

( transcriptions des notes manuscrites de mon journal personnel, illustrées d’un dessin et d’une photo récentes, ainsi que de photos d’époque )

Shippagan, Acadie, le 26 août 2017

C’est beaucoup plus par curiosité que par nostalgie que je reviens sur des lieux, la Péninsule acadienne, que j’ai visités il y a quarante ans.

Il y a deux jours, le Village acadien. Hier, le Phare de Miscou. Aujourd’hui, une courte marche dans Shippagan.

Il faudrait que je replonge dans le passé pour mesurer toute la distance du temps – retrouver les négatifs de photos que j’ai prises à cette époque, relire les notes manuscrites dans mes calepins… faire remonter les souvenirs de l’époque…

 

Miscou 1976

 

Je me souviens qu’à l’été 1976, nous avions fait le tour complet de la Gaspésie avant d’arriver ici, en pays acadien.

Nous avions fait du camping, sauf pour les jours de pluie intense, à l’occasion desquels nous allions à l’hôtel ( pas souvent, mais je me souviens particulièrement de celui de Fort Prével ).

Déjà en 1976, on abandonnait des quais en Gaspésie…

 

Nous avions une tente en toile bleue, épaisse, une « pup tent », où j’avais tout juste ma taille, de la tête jusqu’aux pieds.

On roulait en Toyota Celica, une voiture sportive, dont le coffre était juste assez volumineux pour contenir tous nos sacs et équipements — un minimum d’équipement, un réchaud pour faire chauffer une soupe ou du café, et une glacière qu’il fallait remplir de glace.

Nous nous étions rendus jusqu’à Caraquet, puis Tracadie, Shippagan, Miscou, avant de faire demi-tour. La région était peu développée sur le plan touristique ; peu d’intérêt, sinon que pour les lieux en eux-mêmes et les gens qu’on y rencontre — essentiellement, des villages de pêcheurs. Moi, qui suis allergique aux crustacés, j’avais eu de la difficulté à trouver de quoi manger sur les îles relativement isolées de Lamèque et Miscou.

Il y a quelques jours, à Charlo, lors d’une conversation avec un employé du camping, ce dernier m’a corrigé : je ne pouvais pas avoir circulé sur la route 11 puisque celle-ci est récente. Nous avions roulé sur la route qui longe le littoral, la 134. Nous y sommes retournés cette année. J’ai constaté qu’il y a plusieurs maisons et édifices abandonnés dans certaines sections de la route. Un grand nombre de maisons sont neuves et on devine que, certaines, plus anciennes, ont été rénovées.

Il y a une certaine industrie touristique, ainsi que des centres d’achat, des édifices publics neufs. La modernité a rattrapé la Péninsule acadienne.

Le chantier maritime de Caraquet en 1976

Mais il n’y a plus de chantier maritime à Caraquet et le journal L’Acadie nouvelle a remplacé L’Évangéline.

L’Acadie, c’est un peuple… pas un pays doté d’institutions d’état, pas une province.

C’est un peuple qui affirme aujourd’hui sa fierté d’être ; un peuple qui a été fondé sur des origines tragiques : le grand dérangement, la déportation, en 1755. L’Acadie a survécu à cet événement.

C’est ce que nous expliquait notre voisine de camping hier soir. On a une forte mémoire historique en Acadie, qui s’est transmise à travers le temps.

Sa grand-mère lui disait : « Be Acadian, speak English ! ». On n’en est plus là.

Mais il reste tout de même des inquiétudes quant à l’avenir, même si le Tintamare annuel de la Fête des Acadiens affirme une présence ostentatoire au monde. Et comme au Québec, si on compte sur une immigration francophone, on demeure réservée à son égard.

Pour ma part, j’estime que cette tentative d’ethnocide ne fut qu’un des premiers épisodes d’une longue suite de nettoyages ethniques des peuples amérindiens, effectués par les Anglais d’abord, puis par leurs successeurs américains, sur tout le continent nord-américain pendant deux siècles.


Le 28 août – Sur la route… maritime

Je me détache de l’actualité depuis une semaine. Désintoxication de l’Internet notamment… pas de courriels quotidiens, pas de furetage dans mes réseaux. Je n’ai plus de connexions quotidiennes. Et je m’en passe bien, tout en reconnaissant que j’y retournerais si je le pouvais — qu’une heure seulement.

On a oublié comment on fonctionnait il n’y a pas si longtemps sans ces outils de communication sociale. Ceux-ci accaparent beaucoup de notre temps. Nous avions aussi beaucoup plus de temps pour vaquer à d’autres occupations.

La route du littoral, le long du Détroit de Northumberland

Au cours de ce voyage, je trouve utile de recourir aux cartes géographiques traditionnelles, sur papier, complémentairement à mon appareil de géolocalisation. Ce dernier n’est pas de grande utilité si on veut s’écarter, rouler sur des routes de travers, sur le circuit de la route acadienne par exemple, qui longe de littoral du Nouveau-Brunswick, de la Péninsule acadienne jusqu’au pont de la Confédération. Je ne me sers de mon appareil de géo-positionnement que lorsque les cartes traditionnelles manquent de précision.

Si je me détache des réseaux télématiques, et de l’actualité, je me positionne mieux dans le temps. Je mesure mieux le temps qui passe.

À Lamèque, j’arrête dans une station de service pour faire le plein et demander des directions, comme je le fais autrefois. Je me rends compte que je me retrouve dans un établissement qui a conservé son allure d’autrefois, tout en s’étant branché au 21e siècle : la station service est toujours un garage et pas seulement un point de service pour faire le plein d’essence ; le magasin vend toujours des items reliés à l’entretien mécanique de véhicules motorisés — ce n’est pas un dépanneur où on s’approvisionne en chocolat, en sucre et en sel tout en faisant le plein. Toutefois, la caisse est branchée sur les réseaux de flux commerciaux et financiers électroniques. On ne retrouve ce genre d’établissements à l’allure traditionnelle que dans des régions qualifiées d’excentriques, par rapport aux centres urbains ou dans les axes qui les relient — ou dans les villages historiques. Mais encore, même dans une région relativement excentrique, ces vieux garages, « comme déjà », sont devenus rares.

Je ne m’ennuie pas d’un temps qui ne s’est pas figé dans le passé. Je me souviens trop bien de certains aspects que je ne regrette pas de ce passé. Mais, pourtant, oui, parfois je déplore certaines dimensions de l’évolution culturelle, sociale et économique de notre société. Surtout, je déplore l’accélération du rythme de vie et tout ce qui en découle.

Je fuis vers les Îles-de-la-Madeleine, là où, à ce qu’on me dit, le rythme est plus lent.

 

 

 

Cheminant vers les Îles – Au pays de la Sagouine

 

Sur l’île aux puces, au Pays de la Sagouine… Bouctouche en arrière-plan

Bouctouche, le 27 août 2017

À Bouctouche, laissez-vous guider par le phare sur l’Ïle-aux-puces. C’est là qu’on peut trouver la dactylo d’Antonine Maillet, et un étalage d’exemplaires d’un grand nombre des éditions originales de ses œuvres.

Profitez-en pour voir une représentation d’un spectacle mettant en vedette des personnages auxquels l’écrivaine a donné vie.

 

La Sagouine

 

 

Cheminant vers les Îles – Shippagan et Miscou

Les 25 et 26 août 2017

Nous nous installons au Camping de Shippagan pour la fin de semaine.

Samedi matin, au Camping Shippagan. La journée s’annonce belle…

 

Shippagan

Faut pas être pressé dans la Péninsule. La vie se déroule au rythme de la lenteur.

Un arrêt à la Librairie Pélagie sur le boulevard qui traverse Shippagan. Une marche dans le secteur des principales institutions – Service Canada, Université de Moncton, Collège communautaire, bureau de poste, l’église, le Centre de congrès, et l’Aquarium.

Une pause, pour passer le temps au Tazza Caffe dans le centre commercial…

 

Il y a une trentaine d’années, l’Aquarium et Centre marin de Shippagan a fait l’acquisition de l’ancien phare qui veillait sur l’embouchure de la rivière Miramichi. Construit en 1869, il a servi à la navigation jusqu’au début des années soixante. On l’a démantelé pièce par pièce et déménagé à son emplacement présent, devant l’Aquarium.

 

***

Miscou

 

Le Phare de Miscou – Le deuxième phare érigé dans le Golfe Saint-Laurent, en 1856

L’Île de Miscou baigne dans le Golfe Saint-Laurent. Il y a une quarantaine d’années, Miscou, c’était littéralement un « bout du monde ». Aujourd’hui, un pont relie l’île de Miscou à celle de Lamèque, qui est elle-même reliée par un pont à la « terre ferme », Shippagan.

Au nord de l’île, le phare de Miscou veille sur l’entrée de la Baie des Chaleurs. Par temps clair, au loin, à l’est, on peut apercevoir la côte de la Gaspésie. Il y a une quarantaine d’années, il n’y avait que le phare, dont la porte était fermée, ainsi que la maison du gardien du phare. Si je me fie à mon souvenir, ce dont je me méfie, il n’y avait pas de stationnement.

Depuis une dizaine d’années, les visiteurs peuvent désormais y avoir accès, monter jusqu’en haut, au balcon, et admirer le paysage tout autour. De retour au pied du phare, on peut flâner sur la grève ou dans l’aire de pique-nique ; aussi, le restaurant offre une carte de mets appétissants.

L’escalier intérieur du Phare de Miscou

 

Du haut du phare, on peut voir la côte gaspésienne, vers l’ouest, au-delà de la Baie des Chaleurs

 

Du haut du phare, il faut imaginer l’archipel des Îles-de-la-Madeleine, au delà de l’horizon, vers l’est

 

Flâner sur la grève, au pied du phare

 

Le site du Phare, au bout de la Péninsule, dans le Golfe Saint-Laurent

 

De retour au Camping Shippagan, en fin d’après-midi…

 

 

Cheminant vers les Îles… le Village historique acadien

 

Le 25 août 2017

Ce matin-là, avant même de sortir du lit, ressentant la chaleur dans le motorisé, puis jetant un coup d’œil à l’extérieur, on devinait que l’air était déjà clément.

Avant de décamper, je flâne autour, je parle avec d’autres voyageurs qui s’apprêtent, eux aussi, à partir. Je prends le temps d’arpenter le camping ( Le Héron bleu à Charlo ), de passer devant l’accueil, de m’entretenir avec les propriétaires du camping de choses et d’autres… du temps qu’il fait, d’où nous venons et où nous nous dirigeons, et du chemin à prendre pour se rendre vers Caraquet et Shippagan ; où mène la route qui passe entre le camping et la Baie des Chaleurs qu’on peut contempler devant nous ? Il y a une route sur ce qui semble être une digue devant… c’est l’ancienne route, la 134, qui longe la côte jusqu’à Caraquet, en passant par Bathurst.

C’est celle que nous avions prise il y a quarante ans quand nous étions venu visiter les environs la première fois. C’est celle que nous prenons, encore une fois, au lieu de la nouvelle route, la 11, plus rapide, qui passe par l’intérieur des terres jusqu’à Miramichi, Shediac, vers le Pont de la Confédération qui nous mène vers le traversier jusqu’aux Îles-de-la-Madeleine.

Chemin faisant, avant d’aller s’installer à Shippagan pour quelques jours, nous retournons au Village Acadien, que nous avions visité lors des cérémonies de son inauguration, en 1976.

Nous y arrivons à la fin de la matinée.

Le Centre d’accueil est plus récent. On reconnait la plupart des édifices du Village original, leur aspect, leur disposition. On l’a agrandi, amélioré. On lui a ajouté une nouvelle section, qui reproduit une époque plus récente. L’atmosphère, l’Acadie chaleureuse est la même. Les interprètes qui animent les lieux évoquent la fin de la saison qui approche. On sent l’automne dans l’air.

Nous choisissons de dîner à la Table des ancêtres, à la Maison Dugas, avant d’entreprendre notre visite du Village.

Un point de vue sur le Village acadien.

 

Après avoir très bien mangé autour d’une table que nous avons partagée en bonne compagnie, des gens venus du Québec comme nous, mais dont certains ont des racines locales, je me dirige vers l’imprimerie ( 1880 ), juste en face, de l’autre côté de la route.

Lors de ma première visite, le journaliste que j’étais à cette époque y avait passé beaucoup de temps pour jaser métier avec l’interprète qui incarnait le rédacteur du Moniteur acadien, le journal de l’Acadie d’antan. J’en étais sorti avec une copie du journal fraîchement imprimée, sur place, avec une vieille presse, à la manière de l’ancien temps. Je l’ai conservée dans mes tiroirs. Il faudrait que je la récupère un de ces jours.

Le Moniteur Acadien, face à la Maison Dugas, où on trouvera une très bonne table… une cuisine à l’ancienne.

 

J’avais aussi conservé un bon souvenir de la Forge Léger ( 1874 ). Je raconte au forgeron que j’avais rapporté un clou, fabriqué dans cette même forge,  lors de notre première visite. Toutefois, j’avais négligé d’identifier l’origine de chacun des clous des nombreux villages historiques que j’ai visités au cours de mes nombreux voyages au cours des ans : parmi d’autres, Williamsburg, en Virginie, Upper Canada Village tout près de Cornwall, en Ontario, la reconstitution du premier établissement européen en Ontario, Sainte-Marie-chez-Hurons, à Penetanguishene… À la fin de notre conversation, le forgeron d’aujourd’hui me donne un autre clou, martelé sur les lieux mêmes, à la manière d’autrefois.

La vieille forge d’autrefois…

 

Je poursuis ma visite. Je constate que, comme dans le Village d’Antan de Drummondville au Québec, il y a des enfants dans le Village, habillés comme les enfants d’antan, qui ajoutent une note vivante, d’authenticité, à la visite de ces reconstitutions historiques. La petite fille tourne autour de sa mère, l’interprète qui travaille dans la Maison Thériault ( 1890 ).

La Maison Thériault se distingue, entre autres, en raison de son puits intérieur, rare à l’époque.

 

Une reconstition d’un pont couvert relie la partie originale du Village Acadien à la nouvelle section, qui rappelle un temps moins ancien, la première moitié du siècle dernier.

Cliquez sur la photo pour l’agrandir, et notez l’inscription au dessus de l’entrée du pont : il est interdit, sous peine d’une amende de $ 20, de conduire plus vite que le rythme de la marche humaine.

Le tonnelier avait beaucoup d’ouvrage il y a cent ans. Il fallait beaucoup de tonneaux pour acheminer des céréales, des salaisons, des pommes de terre, vers les marchés des villes distantes.

La tonnellerie ( 1937 )

 

La station Irving ( 1936 )

 

L’interprète de la Maison du Sénateur Onésime Turgeon était fière de son poêle et a été très émue lorsque je lui ai dit qu’elle m’a rappelé le souvenir de ma grand-mère.

 

C’est dans la cuisine d’été qu’on a retrouvé l’interprète de la maison de la Ferme Chiasson, en train de piquer une courtepointe. C’est la deuxième personne à me rappeler le souvenir de ma grande-mère paternelle, qui piquait des courtepointes. J’ai d’ailleurs conservé une courtepointe destinée à un enfant, qui a réconforté non seulement ma fille, mais aussi ma petite-fille.

 

C’est un voyage agréable que de se promener dans le passé au rythme lent de la marche, en jasant avec les interprètes et parfois même avec d’autres visiteurs, le temps d’une après-midi tranquille.

 

 

Chemin faisant vers les Iles… lentement

 

… à l’aller, le 23 août 207

Après un arrêt au Phare de Pointe-au-père, nous nous permettons un petit détour pour faire une pause au Centre d’art Marcel Gagnon, à Sainte-Flavie – la Porte de la Gaspésie.

On sent l’air du grand fleuve.

La marée est basse au moment de notre arrivée peu avant midi. Les personnages du Grand rassemblement sont tous alignés sur la grève. Nous constatons qu’ils sont beaucoup plus nombreux que ceux que nous avions admirés lors de notre dernier tour de la Gaspésie il y a un peu moins d’une quinzaine d’années.

Avant de nous diriger vers le restaurant, la coureuse de grèves prend le temps de faire connaissance avec ceux qu’elle n’avait pas rencontrés la dernière fois.

À marée basse, au Centre d’art Marcel Gagnon, on peut admirer l’ensemble complet des dizaines de personnages du Grand rassemblement, alignés en rangée sur la grève.

 

On se dirige vers le restaurant du Centre d’art… Puisque nous sommes arrivés tôt, nous obtenons une table devant une fenêtre qui nous offre un point de vue incomparable, devant le Grand rassemblement.

Le temps coule au rythme du fleuve. On peine à distinguer la Côte nord du fleuve au loin. Des cargos passent tranquillement au large. La marée montante recouvre graduellement, un par un, les personnages.

 

Le contexte est romantique… la marée montante encercle un couple de touristes sur un ilot. La nature les rappelle à l’ordre : ils doivent se mouiller les pieds pour retourner sur la terre ferme.

 

Après le repas ( du poisson bien entendu ), nous trainassons un peu dans la boutique, puis nous ressortons dehors pour musarder un peu au soleil avant de retourner sur la route.

Nous filons à travers la vallée de la Matapédia. Deux heures plus tard, en fin d’après-midi, nous nous retrouvons dans l’antichambre du pays acadien, sur le bord de la Baie des chaleurs.

De Charlo, au Nouveau-Brunswick, on peut voir la Péninsule gaspésienne au-delà de la Baie des chaleurs.

 

 

Quelques balises pour …

… se rendre aux Îles-de-la-Madeleine en voiture, à partir de Montréal et des alentours, en passant par la Péninsule acadienne : les phares sur mon chemin

 

Le Phare de Pointe-au-Père

Le Phare de Pointe-au-Père, sur le bord du fleuve Saint-Laurent, au Québec

Je m’y suis arrêté, en passant, sur ma route vers les Îles, sans y monter, me réservant le plaisir de le faire sur le chemin du retour. C’est un beau phare, un des plus beaux que j’aie contemplés.

 

Le Phare de Miscou

Le Phare de Miscou, au Nouveau-Brunswick

Construit en 1856, ce phare est un des plus vieux dans la région du Golfe Saint-Laurent.

C’est la deuxième fois que je visite ce lieu.

La première fois, il y a une quarantaine d’années, il était situé littéralement « au bout du monde », à la pointe nord de la Péninsule acadienne, comme l’affirme le site Web de Tourisme Nouveau-Brunswick. Il n’y avait pas de pont entre l’île de Lamèque et l’île de Miscou. On accédait à l’île sur un traversier, un bac motorisé en réalité. Les roues arrières de ma voiture étaient retenues par des chaînes, et le coffre dépassait les limites du traversier. Nous nous étions trouvés dans un paysage sauvage — pas de restaurant, pas de boutique, pas de toilettes, pas de visite, pas d’accueil touristique. On ne pouvait pas visiter l’intérieur du phare, ni monter jusqu’en haut…

C’est fou ce qu’un pont peut changer une île.

 

Deux phares de l’Ile du Prince Édouard

Le phare de Souris, Île-du-Prince-Édouard

Ce phare domine le havre de Souris, où on prend le traversier pour se rendre aux Îles-de-la-Madeleine.

Nous avions trois heures pour flâner en attendant le traversier qui nous mènerait à l’archipel. Au lieu de se diriger vers les boutiques de la rue principale de Souris, nous nous sommes plutôt orientés vers le phare. Nous étions les premiers visiteurs. Il faisait beau et chaud. J’ai monté jusqu’en haut. Lorsque je suis descendu, je me suis installé à côté de l’ancienne maison du gardien de phare, et je l’ai dessiné.

Puis, nous sommes revenus sur nos pas, jusqu’au resto devant la zone d’embarquement, jusqu’à l’arrivée du traversier.

 

Le phare de East Point, IPE

Nous l’avions visité la veille de notre embarquement vers les Îles. Ce phare a été construit il y a 150 ans, soit la même année que l’adoption de la constitution de la fédération canadienne par le Parlement britannique.

 

Deux phares des Îles de la Madeleine

Lorsqu’on arrive de Souris, on n’aperçoit pas les deux autres phares ci-dessous au cours de la traversée vers les Îles. Le premier, celui de l’Anse-à-la-Cabane est situé sur l’île de Havre Aubert, au sud de l’archipel des Îles. Le deuxième, est situé à l’ouest, sur l’île du Cap-aux-Meules.

Le phare de l’Anse-à-la-Cabane, au sud de l’Île-de-la-Madeleine

 

Le phare de l’Étang du Nord, Îles-de-la-Madeleine

 

Deux jours sur la Dune du Sud

Iles-de-la-Madeleine, 1er septembre 2017

Depuis deux jours, je laisse mon esprit vagabonder sur la longue plage de la Dune du Sud aux Iles-de-la-Madeleine.

J’écoute l’orchestre des vagues qui ploient sous leur propre poids à distance, les embruns qui s’envolent au gré du vent, d’autres vagues qui s’écrasent sur le sable, le reflux ruisselant, remuant les grains de sable, recomposant les dessins que la mer a tracés au cours de la marée précédente, … un rythme incessant, hypnotique, …

J’observe les débris sur la plage. Peu de varech, des coquilles d’huitres brisées, des carapaces de crabes, des plumes d’oiseaux, des cailloux, des roches, un peu de bois de grève, des cordages, quelques bouteilles de plastique…

Les pluviers sautillent derrière le reflux, piquent le sable, puis déguerpissent à l’approche du flux qui efface leurs traces. Au lointain, les cormorans, sur les rochers de grès rouge perchés, scrutent l’étendue, tandis que les goélands virevoltent à la manière des cerfs-volants dans un ciel immense, un jour gris, le lendemain ensoleillé.

 

Dans un cycle infini, la nature éparpille, décompose, recompose.

L’humanité n’échappe pas à cet immense recyclage des éléments du cosmos. Comme toutes les autres formes de vie qui apparaissent sur la planète, prennent leurs places, puis disparaissent, nous serons recyclés… d’autres formes de vie émergeront, saisiront la chance. Puis, dans quelques millions d’années, la planète sera.consumée lorsque notre étoile épuisera ses ressources, s’éclatera avant de s’éteindre.

Nous ne sommes que poussières d’étoiles.

 

 

 

Je saisis le temps qui m’est donné, pour quelques années encore, pour m’émerveiller, contempler la beauté du monde, son implacable évolution… naissance, croissance, maladie, vieillissement, mort, renaissance…

 

 

 

L’humanité est parvenue à apprendre à lire l’évolution du monde. Toutefois, il me semble qu’elle n’a pas encore atteint ce niveau de conscience qui l’amènerait à retrouver sa place dans notre voisinage de l’univers. Ce n’est pourtant pas qu’elle n’a pas su découvrir des bribes de sagesse au cours de sa propre évolution.

Le promeneur solitaire retourne sur la plage ruminer sur ces sujets…