,,,,, au cours d’une journée indécise ,,,,, quelques regards furtifs ,,,,, en vagabondant, lentement, sur la rue Laurier, vers l’est, dans le quartier du Plateau, à Montréal ,,,,,
…
le café est servi…
…
bien installé devant la table, je peux commencer à matérialiser mes pensées…
… bâillonner le bavard électronique, ouvrir mon carnet, décapuchonner ma plume, laisser mon regard s’absenter, puis concentrer mon attention…
… clarifier mes réflexions sur le sujet, laisser venir l’inspiration, les observations… puis les noter…
… écarter celles qui sont intéressantes, certes parfois connexes au sujet, mais néanmoins non pertinentes…
… rassembler les autres, les ordonner, les tisser progressivement dans une trame…
… laisser aller
pérégrinations — hebdomadaire, mensuelle, annuelle, c’est selon — d’une activité à une autre… le regard se promenant alerte pour saisir l’occasion…
… l’esprit plus ou moins vide, sans état d’âme, pour mieux saisir des coups d’œil furtifs, plus ou moins aléatoires, sans autre intention que purement esthétique, au quart de seconde…
… d’une station de métro à une autre… sur la ligne verte, à la jonction, à deux occasions, de deux lignes, la verte et l’orange, et à la sortie, se retrouver dans une ruelle…
… recentrer l’esprit…
… toute la neige au sol il n’y a tout juste qu’une trentaine de jours …
muée en souvenir …


me promenant, anonyme, la caméra pointée droit devant au bout du bras droit plus ou moins ballant, le doigt sur le bouton de déclenchement, sans qu’il y paraisse, déclenchant selon l’inspiration, à une vitesse d’obturation réglée au quart de seconde…
une suite de quatre déclenchements…
>>>>
dans la station de métro, me dirigeant vers l’entrée de la Grande Bibliothèque, montant sur l’escalier mobile, m’immobilisant quelques secondes sur le grand escalier face aux cages d’ascenseur, puis poursuivant ma marche dans un corridor, jusque vers la salle de la Collection nationale…
>>>>
>>>>
>>>>
je regarde passer le métro qui arrive dans la station… sur la ligne verte… vers le centre de la ville… un matin d’hiver… j’embarque…
>>>>
à la station Berri/UQAM, je transfère, passant de la ligne verte à la ligne orange …
>>>>
>>>>
je débarque… me dirige vers l’escalier roulant, et je monte vers la sortie…
… selon la journée, tout au long de la journée, de la matinée jusqu’en soirée, ou selon l’humeur du jour … atelier, cours, musée, bibliothèque, café, taïchi, flânerie ……
……
… je vis au rythme d’une ville animée, exubérante…
>>>>

Une dernière averse de neige… comme un dernier soupir de l’hiver…
Il pleut… beaucoup… fonte des neiges… on est bien au café…
Ce matin, je suis allé me faire couper les cheveux. J’ai remarqué, au passage, que le Dairy Queen était ouvert. En revenant chez-moi, j’ai entendu les outardes dans les nuages. Le printemps, bien que timide, arrive… Demain, on annonce des averses intenses de pluie; je retournerai à la Grande bibliothèque, poursuivre ma lecture de Dickens…
Tôt le matin, dès le début de la semaine du congé scolaire… les papillons sont en liberté dans la grande serre du Jardin botanique de Montréal, au grand plaisir des enfants, de leurs parents et grands-parents.
Tant qu’à y être, bien que ce soit les papillons qui nous y attirent, nous saisissons aussi l’occasion pour aller prendre un bain de verdure, pour papillonner nous-mêmes dans toutes les serres, à travers les bonsaïs, les cactus et les succulents, les épiphytes, les mousses espagnoles, les fruits tropicaux, jusqu’aux fougères, en passant par les orchidées.
ps : n’hésitez pas à cliquer sur les photos pour les agrandir
Toute la journée, pendant que des bourrasques occasionnelles saupoudraient toujours nos trottoirs, on ne parlait que de la tempête et de la catastrophe qui, heureusement, ne s’est pas transformée en tragédie humaine. Plusieurs centaines de personnes sont demeurées coincées dans leur véhicule, pendant toute la nuit, sur une autoroute, en pleine ville… Avec la surveillance, constante, de toutes les caméras, partout en ville… l’omniprésence de réseaux de communication téléphonique, alors que dès la fin de la soirée, toutes les stations de radio et de télévision rapportaient que l’autoroute était devenue un stationnement… comment les ministres responsables des transports publics et de la sécurité civile ont-ils pu dormir, et n’apprendre ce qui s’est passé qu’à leur réveil ce matin ?
Cette tempête nous a révélé l’ampleur de l’incompétence de ceux qui nous dirigent et pourtant, personne ne veut reconnaître que nous l’avons avons élu ce gouvernement… et que ceux qui l’ont porté au pouvoir l’ont fait, malgré sa faiblesse, malgré la corruption, parce qu’on préfère le conserver en place de peur de devenir souverain.
Entretemps, je me console en me promenant dans les rues et ruelles de ma ville en contemplant ses paysages urbains sous un manteau blanc… Les météorologues nous rappellent que le printemps arrivera bientôt… lundi prochain nous dit-on…
en attendant le printemps…
Ce matin, je ne m’attendais pas à ce que le camelot livre le journal. Un coup d’œil par la fenêtre m’indique qu’il a été fidèle, malgré la tempête qui a barouetté le pays depuis la veille.
Comme tous les matins, avant d’amorcer la préparation du déjeuner, j’ouvre donc la porte pour prendre le journal…
On ne voit qu’une partie des voitures qui circulent sur le boulevard, à quatre voies, devant chez-moi. D’ailleurs, conformément aux recommandations de toutes les autorités publiques, il n’y a pas beaucoup de circulation ce matin. La nature force la ville à ralentir… il n’y a pas d’école et, pour ceux qui le peuvent, journée de télétravail aujourd’hui.
Il y a quelques minutes, je suis allé dégager la porte de secours du bâtiment, qui donne sur la terrasse derrière chez-moi. La neige est légère, relativement sèche, quoique paquetée par le vent par endroit.
De vieux souvenirs reviennent à la surface …
***
Ce qui nous importune c’est l’instabilité du climat. Il y a tout juste trois semaines, nous avions reçu une belle chute de neige, d’un peu plus de 25 cm. Tout avait fondu dans les jours qui ont suivi. Nous n’avions même pas eu le temps d’en profiter.
Cet hiver a été frustrant sur ce plan. Un peu de neige mais beaucoup plus de pluie que de neige en janvier ; des périodes fréquentes et longues de redoux qui font fondre la neige, ponctuées par de courtes périodes de froid intense… pas moyen de profiter véritablement des avantages de la saison froide.
Les tempêtes de neige en mars ne sont pas rares. Ce qui est rare, c’est qu’elles soient aussi fortes que celle que nous avons connue depuis hier, pour ce temps-ci de l’année.
***
Je suis de cette génération qui se souvient d’une tempête, au début de mars 1971, qui nous avait confinés à l’intérieur pendant deux jours : nous nous étions retrouvés sous une couverture supplémentaire de cinquante cm de neige à la fin de l’hiver. Pour ceux qui, comme moi à l’époque, n’avaient pas d’obligations ou de contraintes professionnelles, qui ne possédaient pas de voiture et qui demeuraient à distance de marche de tout, une telle occurrence nous offrait tout simplement une pause, un arrêt dans un rythme de vie encore beaucoup plus lent que celui d’aujourd’hui, mais une pause tout de même bienvenue…
Après deux jours à l’intérieur, j’étais sorti, me rendre au petit restaurant à quelques pas de chez-moi, tenu par trois « tantes » d’un âge déjà respectable. La tempête avait transformé mon quartier, la Côte de sable, en parc silencieux, fraîchement revêtu de blanc…
l’après tempête est un parc tout blanc
trois vieilles enneigées y ont tout le tempson entre chez les trois tantes
on y prend le temps de parler du tempset avec le temps qui passe, deux œufs et un café
on savoure au rythme de la gentillesse ordinaire
de mercure en fuite s’éterne la vision
sussoter ses sonailles que l’acclame la buivie
m’immentre dans l’emmure inneutre
où dansante scintille la forêt des prisons
je me parle à casser du verbéclat
sur la frontière, entre l’hiver et le printemps, 1972
