Avril 2012. L’originale, telle que saisie selon les paramètres fixés par les ingénieurs qui ont conçu ma caméra et transformée en version jpg ( ISO 400, lentille 60 mm, f 4,5, 1/2500 sec ).
Je ne savais pas, il y a six ans, à quel point ce serait ardu de passer de la photographie analogique ( film ) à la photographie numérique. Dès le début, on m’a conseillé de saisir mes prises de vue en mode RAW. Il m’a fallu quelques mois pour comprendre de quoi il s’agissait, et quelques mois supplémentaires pour apprendre comment traiter mes photos avec le logiciel Photoshop.
Pendant plus de trois décennies, j’ai fait développer les photos que je prenais — négatifs et diapositives, en noir et blanc et en couleurs. Au tout début, quelques mois, j’ai eu accès à une chambre noire. Mais cela n’a pas duré.
J’ai toujours caressé le projet d’installer une chambre noire dans mon sous-sol… un projet qui ne s’est jamais réalisé. Il y a trois ans, j’ai vendu ou donné les quelques pièces d’équipement que je m’étais procurées pour cette fin.
En adoptant la technologie numérique, j’ai appris que la chambre noire s’était convertie : le système technologique de la photographie me donne accès à une simulation d’une chambre noire, une chambre noire dans mon ordinateur. J’y perds énormément de temps… de frustrations et de fascination autant que de plaisir dans l’exploration, essais et erreurs et découvertes. L’apprentissage demeure toujours difficile et je comprends que la plupart du monde préfère s’en tenir aux programmes que les ingénieurs des Nikon, Canon, Pentax, Sony, Olympus et autres ont conçus et inscrits dans les entrailles de nos caméras pour nous permettre de saisir le temps.
Je suis reconnaissant envers ceux qui m’ont conseillé de prendre mes photos en format RAW, l’équivalent du négatif en photo analogique. Ainsi, je peux me servir des fichiers numériques originaux afin de les « traiter » comme je le veux, aussi souvent que je le veux, sans modifier le fichier original.
Depuis quelques semaines, je révise mes dossiers, et je retravaille un grand nombre des photos que j’ai prises il y a plusieurs années, avec l’éclairage des acquis de l’apprentissage et de l’expérience récentes. des logiciels de traitement de photos.
Comparez la photo ci-haut à celle ci-bas : c’est la même prise de vue, telle que retravaillée à partir du fichier original en format RAW. N’hésitez pas à cliquer sur la photo pour l’agrandir et mieux la contempler.
Avril 2012, retouchée avec une combinaison de Lightroom 5 d’abord et de Photoshop CS4 pour compléter le travail de détail.
J’ai suspendu mes activités d’écriture pour aller faire, en compagnie de ma petite fille, une randonnée à travers le Jardin botanique de Montréal hier matin… écouter les oiseaux, voir les abeilles s’activer dans les ruches du côté de l’Insectarium, les tortues se réchauffer sur les pierres au bord du grand étang à côté du jardin des Premières nations québécoises ; sentir l’odeur des magnolias en fleur ici et là ; constater que les fleurs surgissent de terre dans le secteur du jardin alpin…
On n’a pas encore ouvert les vannes de la cascade et de l’étang au sein du Jardin japonais. Néanmoins, le printemps s’y exprime vigoureusement.
Elles sont resplendissantes à la fin de l’été… jusqu’à ce que les jours deviennent plus courts que la nuit. Alors, les fleurs du lotus d’Orient se défraichissent, se fanent ; leurs belles grandes feuilles se froissent, se détachent, pourrissent dans l’eau, et leurs tiges fléchissent.
L’automne passe et l’hiver suit ; un frimas couvre le Lac de rêve, puis la glace enrobe les fruits des lotus ; une couverture de neige se dépose sur le Jardin de Chine, qui s’endort pendant de longs mois.
Le printemps revient, progressivement, découvre le Lac de rêve et révèle les fruits des lotus de l’année précédente.
Le Jardin de Chine reprend vie.
Les fruits du lotus d’Orient, pris dans une glace fondante, à la fin de l’hiver
… d’un regard absent, en filant à toute vitesse sur le bord de l’autoroute, rien de significatif, rien de particulier à voir, des couleurs ternes de début de printemps, des roseaux asséchés, des jeunes vinaigriers qui envahissent l’espace, des arbres spectateurs en fond de scène,
un regard absent, une image saisie à la volée, sans prétention, sans vouloir dire quoi que ce soit, tout simplement pour le plaisir, pour la contemplation de la suite du monde…
toutefois, en y pensant un peu plus, comme ça, au cours d’un après-midi printanier… un projet de somnambule… un jour, à venir… peut-être… traduire l’image en forme de dessin…