Un temps chaotique

 

Lundi après-midi, le 17 juillet 2017

Au moment où j’écris ces lignes, un nuage passe. Fait-il partie de ce système qui pourrait nous déverser d’autres ondées, sous forme d’orage, plus tard, comme les météorologues l’anticipent ? C’est à voir. Tout ce que je constate, pour l’instant, c’est que le temps est redevenu gris, après un intermède ensoleillé de quelques heures.

Ce matin, le temps était à la pluie… toute la matinée… ce ne fut pas une surprise lorsque l’averse est tombée, drue. Le fond de l’air était frais… puis, dès que le rideau des nuages s’est ouvert, en début d’après-midi, pour laisser place au soleil, l’air s’est réchauffé… humide…

Voici, je regarde le faîte des arbres derrière chez-moi. Les rayons du soleil éclaircissent à nouveau le tableau.

 

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Le Musée d’anthropologie et d’histoire de Pointe-à-Callière. au cœur historique de Montréal. C’est ici qu’il y a 375 ans, qu’on a posé les fondements de ce qui deviendra une aventure…

 

Vendredi dernier, ce fut le contraire : soleil le matin, suivie d’une couverture nuageuse progressive de plus en plus sombre autour de l’heure du midi, et d’une pluie intense dès le début de l’après-midi.

Je ne m’y étais pas préparé. Je n’avais pas apporté mon parapluie pour notre sortie au Musée de Pointe-à-Callière, au cœur du Vieux-Montréal.

Bon… on en prend notre partie et on prolonge notre visite du musée pour passer le temps, en espérant que la pluie cesse.

On visite l’exposition en cours sur l’évolution des communications téléphoniques à Montréal depuis un siècle… une visite d’autant plus agréable qu’elle est agrémentée de la présence de ma petite fille qui faisait la découverte d’une époque qu’elle n’aura jamais connue, en compagnie de sa mère, ma fille qui, comme moi, se promenait dans la mémoire de sa propre expérience du passé…. Ensuite, on passe quelques minutes à explorer, dans une autre salle, l’Amazonie et l’univers des chamanes qui se l’ont apprivoisée… un autre voyage dans le temps…

Enfin, il faut bien se résigner à retourner chacun chez soi, quitte à se faire mouiller en se lançant d’un pas alerte sous une véritable douche, vers la station de métro la plus près…

 

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Et c’est ainsi depuis des mois.

La terre est gorgée d’eau dans ma région. Je le constate chaque fois que je traverse le boisé derrière chez-moi ou en flânant dans les parcs et les rues. C’est inhabituel à ce temps-ci de l’année.

Quel contraste avec ce qui se passe à l’autre bout du continent, en Colombie-britannique. C’est très sec là bas et les vents forts et chauds soufflent sans relâche. Quarante mille personnes doivent, ou ont dû abandonner leur logis et trouver refuge en fuyant les quelque 150 feux de forêts qui ravagent la province. L’épaisse fumée devient nocive pour la santé. Les autorités sont débordées. L’an dernier, c’était les habitants de Fort McMurtry, dans la région des sables bitumineux de l’Alberta, qui avaient dû fuir les feux qui ont détruit toute la ville.

Il y a quelques mois, il a plu à presque tous les jours, pendant six semaines en avril et mai. Des milliers de résidences ont été inondées le long des cours d’eau qui ceinturent la grande région de Montréal.

Ailleurs dans le monde, un immense iceberg — douze fois la surface de l’île de Montréal — se détache d’une des banquises de l’Antarctique. Outre Atlantique, un déluge sur Paris provoque des inondations qui s’infiltrent dans le Louvre, menaçant des toiles et des objets d’antiquité.

Ces événements climatiques deviennent non seulement de plus en plus fréquents, mais aussi de plus en plus intenses.  C’est ce que les scientifiques avaient prévu il y a plus d’un quart de siècle : des variations climatiques d’une plus grande amplitude.

Il y a deux mois, je relisais mon journal personnel du voyage que nous avons fait à travers les grandes plaines des États-Unis il y a six ans. Tout le bassin du Missouri avait été inondé tout au long du printemps jusqu’au mois de juillet. À un moment donné, nous avions été obligés de modifier notre itinéraire pour tenir compte des risques d’une catastrophe qui planait dans la région de la capitale du Dakota du sud. Quelques semaines plus tard, nous nous étions installés dans un camping au Montana, à quelques enjambées d’une rivière remplie à ras bord.

À quelques enjambées de la Clark Fork River, à Deer Lodge, Montana, le 2 juillet 2011

 

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On commence à reconnaître qu’il y aurait un rapport entre tous ces drames qui nous affligent et le réchauffement climatique de la planète… que ce sont là des manifestations du changement climatique. C’est notre absence collective de conscience planétaire qui nous empêche de « voir »…

Dans un monde de plus en plus interconnecté, où nous sommes littéralement « inondés » d’information, omniprésente, en continu, on refuse toujours de contempler l’avenir qui s’annonce pourtant si clairement. Il n’est plus suffisant de se contenter de petits gestes personnels, individuels, d’initiatives personnelles, « agir localement » chacun dans notre cour. Il faut aussi complètement repenser collectivement nos manières de vivre.


Quelques pistes de solutions :
  • apprendre à vivre plus simplement ; ralentir notre rythme de vie ; militer pour une réduction universelle de la semaine de travail ; transiter d’une économie et d’une société axée sur la consommation à une société de loisir — cultiver nos jardins, enjoliver notre environnement, apprendre à flâner…
  • réduire radicalement notre consommation, notamment notre consommation d’énergie et corriger notre manie d’accumuler…
  • lutter activement contre l’obsolescence programmée, particulièrement dans le domaine de l’informatique ; résister aux incitations de remplacer nos appareils de communication et de traitement de l’information…
  • cesser de gaspiller, préférer les produits locaux surtout en alimentation ; recycler systématiquement…
  • réduire les dépenses militaires ; rétablir les contrôles sévères et la réglementation des institutions financières, particulièrement des banques — interdire le financement de l’état par les banques…
  • décentraliser nos institutions politiques ; recentrer la base de l’exercice démocratique au niveau local ; limiter le pouvoir des grands ensembles…

 

 

 

7 réflexions sur “Un temps chaotique

  1. Bonjour,
    Je bloque juste sur l’avant-dernier point, où je n’arrive pas à établir un lien clair et net avec le problème évoqué : les dépenses militaires et les institutions financières.
    Est-ce pour l’aspect « vases communicants » entres divers postes budgétaires ?
    Merci de m’éclairer.
    Bonne journée, malgré tous ces caprices du temps !

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    1. Cette année, le budget militaire américain de réarmement sera dix fois supérieur à celui de la Russie. De plus, les EU font pression pour que les nations membres de l’OTAN augmentent considérablement leur budget militaire. Toutes ces dépenses sont énormément énergivore et contribuent beaucoup au dégagement de gaz qui contribuent à l’effet de serre. L’exploitation des ressources naturelles, leur transformation et leur utilisation sont très nocives, voire toxiques, à l’environnement.

      Quant au système financier international : il y a eu beaucoup de création de richesse depuis un demi-siècle. Cette richesse a été détournée et accaparée par une infime partie de la population. Elle n’a pas été partagée. Elle a été détournée de dépenses qui auraient été beaucoup plus utile au bien-être commun : santé, éducation, notamment. Nos problèmes de dettes découlent de la structure même de la finance internationale. Elle aussi contribue au réchauffement climatique.

      Aimé par 2 people

      1. Merci pour cette longue réponse.
        On rêve tous d’une meilleure répartition de la richesse, d’énergie propre et renouvelable. Mais il y aura toujours des secteurs plus énergivores.
        En tout cas, pour ce qui est du budget militaire, c’est parfois source de clash au sommet d’un Etat…

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