Calculs

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Chronique d’une promenade hivernale

J’ai dérangé les chats en passant dans la ruelle

Il fait beau ces jours-ci à Montréal.

Les journées s’allongent. La température est froide, mais agréable.

Ce matin, j’ai entendu des corneilles annoncer que l’hiver basculera bientôt vers le printemps.

Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura plus de tempêtes de neige, ni d’abondantes averses ou bordées de neige. Les plus vieux d’entre nous se souviennent que mars nous a déjà souvent réservé des surprises… le cas échéant, à cette occasion, le temps s’arrête, le silence impose la sérénité, on se replie dans la chaleur des foyers pour une dernière fois…

En attendant, on profite des belles journées de février

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la magie de la parole

seul entre les lignes

la magie de la parole

m’échappe souvent quand

seul 

seul sur les lignes

seul

je me sens si pauvre alchimiste

L’hiver à Montréal

Parc Molson

Ces écritures imaginées …

Trou de mémoire

Depuis quelques jours, je poursuis, au rythme de la lenteur, ma lecture des Chroniques d’Hector Fabre. C’est un véritable plaisir de lire Fabre, un écrivain « … qui ne cesse de manier un humour délicat », selon le critique du Devoir ; il a offert à ses lecteurs une prose légère, souvent ironique, narquoise, moqueuse, nullement comparable à celle de ses contemporains, Louis Fréchette ou Arthur Buies, pour n’en nommer que deux …

Ce matin, le passage suivant capte mon attention ( page 146 de l’édition de 2007 – lien ci-haut ) :

Le journaliste arrive à son bureau. Installé dans son fauteuil, il se demande sur quoi il va écrire aujourd’hui. Pas le moindre sujet d’article. C’est en vain qu’il repasse en sa mémoire les vieux thèmes sur lesquels il a tant de fois brodé d’étincelantes variations : la verve tarde à s’allumer.

Quel écrivain, surtout un chroniqueur (ou un journaliste tourmenté par un implacable échéancier), ne s’est pas retrouvé, à plus d’une reprise, angoissé devant une feuille blanche de papier ?

De toute évidence, et bien qu’il suggère le contraire, Fabre ne se complait pas longtemps devant une page blanche.

Fin créateur, il libère les cellules du cerveau et laisse les idées s’envoler dans sa conscience pour saisir, tel un chasseur de papillons expérimenté, la première qui virevolte à la portée de son filet. Il reconnaît toutefois, vaciller quelques instants, à tenter de se remémorer ces « vieux thèmes », comme il les qualifient, qui se sont dissipés dans les limbes de ses flâneries.

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Éphémérides

Une gaine de papier-collant enserre une partie de l’affiche sur le poteau de téléphone. Le papier déchiré révèle à l’observateur attentif la dure réalité des marques du temps. J’en déduit qu’il y eut une conférence sur Platon quelque part…

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L’humain abat les arbres des forêts, les déforme, les transforme, les informe.

L’humain abat ces arbres et les déchiquette pour en faire du papier, sur lequel il imprime des informations, des conversations, des messages, des annonces de vente de garage, de cours de danse, des mots d’amour, des réflexions…

Il les taille aussi, pour en faire des poteaux de téléphone, qu’il replante dans le sol des villes, tels de grands crochets, pour y tisser des réseaux de fils de métal. Il y stimule des électrons, qui se relaient pour porter des messages éphémères, se codant, décodant, se recodant à nouveau, se répondant, se croisant, s’entremêlant, se composant et tournant en rond dans une tour de Babel…

Le tout se décompose, lentement, devient artefacts, pour l’examen de générations à venir : ravages du temps…

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La pensée immatérielle, lorsque matérialisée par les écritures, traverse les âges miraculeusement… autrefois entreposée dans des cavernes oubliées et dans des bibliothèques tapissées de volumes de parchemins défiant le temps, aujourd’hui dans des nuages de données invisibles…

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En flânant, au hasard du temps qui passe, auriez-vous perdu un code?