Visite au Joslyn Memorial

Omaha (1)

Le 14 juin 2011

J’ai toujours cru que l’Ouest américain était délimité à l’est par le Mississippi. Ce n’est lorsque j’ai traversé le Missouri à Omaha que j’ai appris qu’en réalité, les grandes steppes continentales se situent bien plus à l’ouest du grand fleuve qui divise le continent.

Les voyageurs qui arrivent de l’est du continent ont plusieurs choix de routes pour arriver aux grandes plaines américaines,… on pense aux villes de Saint-Louis ou de Kansas City, parmi d’autres. Ils peuvent aussi arriver aux Grandes Plaines en cheminant de Chicago via la I-90 jusqu’à Sioux Falls, à la frontière du Dakota du Sud et de l’Iowa, ou encore un peu plus vers le nord, via la I-94, en passant par Minneapolis tout en se rendant jusqu’à Fargo, au Dakota du Nord.  Nous avons choisi une route qui passe un peu plus au centre du continent, via la I-80.

Historiquement, la région où se situe la ville de Omaha fut un des points de passage des plus importants entre l’Est et l’Ouest américain. Il y a plus de 175 ans, des hordes d’émigrants venus de l’Est s’y approvisionnaient avant d’entreprendre le long périple qui les menaient jusqu’au littoral du Pacifique, le long des pistes de l’Oregon d’abord, puis de la Californie, au moment de la ruée vers l’or. Ce fut aussi, dès 1869, le point de jonction principal entre le réseau des voies ferrées de l’Est et de l’Ouest ; la ville d’Omaha demeure d’ailleurs toujours aujourd’hui un pivot important de l’économie américaine.

Le Musée Joslyn

Musée Joslyn Memorial à Omaha, Nebraska

Ce sont les galeries sur l’art amérindien et l’art de l’Ouest américain qui m’avaient attiré au Musée Joslyn. C’est pour visiter ce musée que nous nous sommes arrêtés à Omaha ; de plus, cette visite constituait un excellent préalable aux prochaines étapes de notre itinéraire.

C’est dans ces galeries que j’ai saisi que je pénétrais dans un tout autre univers. J’avais amorcé ma découverte de l’univers des cultures autochtones de l’Amérique une dizaine de jours plus tôt au Detroit Institute of the Arts (DIA). Le Musée Joslyn a ajouté une dimension plus intime à cette exploration.


Les galeries d’art amérindien qu’on retrouve au DIA et au Art Institute of Chicago (AIC) nous exposent un point de vue externe — européen et américain — sur les cultures autochtones amérindiennes. Au Joslyn, pour la première fois, j’ai commencé à percevoir un point de vue indigène, autant sur leur propre culture et leur propre production culturelle et artistique, que sur comment ils perçoivent le regard qu’ont porté sur eux les artistes européens et américains. Ce que j’y ai découvert est devenu l’assise, le fondement sur lequel je me suis graduellement échafaudé une toute nouvelle appréciation de la richesse de la culture des premiers Américains au cours des semaines qui ont suivi. Cet apprentissage se poursuit toujours, un an et demi plus tard.

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