
entre les chevilles
souffle sable sur la plage
caresse du soir

Chaque année, à la fin du mois de mai, le Club de photo polarisé de l’Outaouais organise une activité photographique pour la saison estivale. Les membres qui le souhaitent inscrivent le sujet d’un thème sur un bout de papier, qu’ils déposent dans un chapeau. Chacun pige ensuite un des bouts de papier, en prend connaissance, accepte ou non le sujet inscrit… La dernière fois que j’ai participé à cette activité, il y a trois ans, j’ai pigé le sujet suivant : stationnements.
À première vue, ce n’est pas très inspirant. Puis…, j’ai allumé… Nous partions, ma conjointe et moi, quelques jours plus tard, pour une longue randonnée à travers l’Amérique. Je me suis dit intérieurement : quel beau défi ! J’ai conservé le petit bout de papier dans mes poches tout au long du voyage : 68 jours, 14 500 km…
Voici le reportage-photos que j’ai présenté au Club de photo, à mon retour, à la fin de l’été.

I was going to stay on the three million miles of bent and narrow rural American two-lane, the roads to Podunk and Toonerville. Into the sticks, the boondocks, the burgs, backwaters, jerkwaters, the wide-spots-in-the-road, the don’t-blink-or-you’ll-miss-it towns. Into those places where you says, « My God! What if you lived here! » The Middle of Nowhere.
William Least-Heat Moon, Blue Highways, Back Bay Books, édition de 1999, page 6
Nous reprenons la route. Nous nous déplaçons vers le nord, pour poursuivre notre voyage vers l’ouest…
Exceptionnellement, nous avons passé une journée entière à rouler… paradoxalement, quoique le paysage soit vert, il semble quasiment désertique… et tout de même envoûtant : une longue route à deux voies, 265 miles, soit un peu plus de 400 kilomètres, de Kearney jusqu’à Chamberlain, au Dakota du Sud.
Nous sommes chanceux : nous roulons sous un ciel bleu pâle, immense. Une journée propice à la contemplation et à la réflexion.
Chemin faisant, nous découvrons une région dont nous ne soupçonnions pas la beauté ; une région qui cache bien ses richesses. Pourtant, que peut-on y cacher ?
Ce ne sont pas les Prairies canadiennes, une étendue plate, couverte de blé jusqu’à l’horizon. En traversant le Nebraska, de la rivière Platte jusqu’au Dakota, on observe beaucoup de dunes couvertes d’herbes sauvages, peu d’arbres, peu d’humains même, une demie-douzaine de villages de moins de 1 000 habitants, quelques troupeaux de vaches ici et là.
En réalité, ce n’est qu’au retour, après avoir effectué des recherches supplémentaires, que je me suis rendu compte de l’intérêt de cette région que nous avons traversée le 18 juin 2011.

Huit heures trente le matin : j’étais debout, dodelinant dans le métro, le regard absent, alors que des idées et des souvenirs se sont mis à émerger discrètement des profondeurs et à flotter à la surface de la conscience.
Mercredi matin : à la sortie du métro, je prévois toujours un arrêt de quelques minutes au café avant de me rendre à ma session hebdomadaire de taï-chi…
J’avais l’occasion et un peu de temps pour écumer ces souvenirs, avant qu’ils ne s’échappent et se perdent dans les dédales de mes neurones. Au café, j’ai commencé à prendre de notes pour compléter la rédaction d’un article que je couve depuis des semaines.
poursuivre la lecture …

Il fut un temps où l’écriture n’était que transcription d’un acte ou d’une parole vivante.
Depuis environ un demi-millénaire, l’écriture est aussi devenue l’expression d’une pensée muette.
Qui pourrait expliquer ce que devient l’écriture aujourd’hui ?

Automne méditerranéen
plage abandonnée
le grec siffle sur le sable
traces effacées
Quelques années avant de mourir, ma mère m’avait donné plusieurs vieilles photos de famille. À l’occasion, au cours des années, elle m’avait raconté les histoires liées à certaines de ces photos. Malheureusement, je n’avais pas pris de notes lors de ces conversations. La mémoire ne retient en général que ce qu’on estime comme étant important dans l’immédiat. Les souvenirs se logent dans les replis du cerveau, puis la trace pour s’y retrouver se dissipe. C’est pour cette raison que je saisis toutes les occasions de sortir ces photos, et d’interroger les témoins toujours vivants qui pourraient me renseigner sur mes histoires.
Ainsi, il y a quelques semaines, je suis retourné à Ottawa, ma ville natale, pour accomplir des devoirs : des devoirs de famille, de reconnaissance, de mémoire.. pour lier le passé à l’avenir, pour retisser et reconjuguer mes histoires… pour les transmettre à ma petite-fille, pour qu’elle puisse à son tour, les retransmettre à ses petits-enfants…
Lire la suite…Mes recherches préparatoires à notre traversée de l’Amérique à l’été 2011, m’avaient laisser comprendre qu’il faudrait plusieurs journées pour faire le tour de la ville d’Omaha. Les contraintes que nous imposait notre itinéraire ne nous permettaient pas d’y rester plus de deux jours. Il fallait donc choisir. La journée s’annonçait ensoleillée et chaude au début de cette deuxième journée : une excellente journée pour aller faire de la photo au jardin botanique.
Le Lauritzen Gardens est un jardin récent. On y célébrait le dixième anniversaire lorsque nous nous y sommes promenés. C’est donc une œuvre inachevée, en devenir.
Il y avait un peu de vent ce jour-là. Difficile de faire de la photographie en plan rapproché à main levée, mais tout de même possible.
Dès qu’on descend du train de banlieue à la station LaSalle au cœur du quartier financier de la ville de Chicago, on change de rythme de vie. Ici, pas question de « slow travel » ou de « slow food », ou tout simplement de ralentir… on accélère plutôt le pas, vite, brusquement, tout de suite!