Starved Rock State Park

Jour 11 : 9 juin 2011

Les grands explorateurs français de la Nouvelle-France

Les premiers Européens qui ont exploré tout le territoire que nous traversons depuis une dizaine de jours ont été des Français : des explorateurs, des aventuriers, des coureurs de bois. Ces derniers ont commercé avec les autochtones et certains ont établi des racines. Ils y ont pris femme et fait des enfants, leur laissant leurs noms.

Au sud de l’Illinois, ils ont établi des fermes, des villages et des forts plus permanents. On trouve aussi leurs traces partout, jusqu’aux Rocheuses : noms de lacs et rivières, de villes et de villages, de rues… Des Moines, Eau Claire, Belle Plaine, Belle Fourche, Cœur d’Alène.

La mémoire est une faculté sélective. La mémoire des peuples choisit de cultiver certains souvenirs plus que d’autres; elle évolue aussi avec le temps. Les gens de cette grande  région du Middle-West que nous explorons à notre tour, au début du 21è siècle, savent que l’origine de beaucoup de ces noms est française. Ils n’en savent guère plus cependant. Les Américains sont en général assez discrets sur le rôle qu’ont joué les Français dans la région.

À Détroit, nous aurions pu aller voir le monument qui commémore la fondation du premier établissement européen par les Français sur le bord de la rivière Détroit, le Fort Pontchartrain. Ce petit monument est situé dans un grand parc au cœur de la ville du même nom. Ce n’était pas dans nos priorités, d’autant moins que ce n’était guère pratique pour nous de s’y rendre.

Selon notre itinéraire original, nous avions l’intention d’aller visiter le musée municipal de la ville de Niles, à mi-chemin entre Détroit et Chicago; il était fermé le jour où nous sommes passés dans la région, un dimanche. Nous y aurions trouvé, selon la description du musée, une exposition sur des objets qu’on a trouvés lors de fouilles effectuées sur le site de l’ancien Fort Saint-Joseph. Ce dernier faisait partie d’un réseau d’établissements du temps de la Nouvelle-France.

C’est plutôt à Chicago que nous avons trouvé les premières mentions du passage des Français dans la région. Jacques Marquette, Louis Jolliet, De La Salle et le Chevalier de Tonti avaient reconnu l’importance stratégique, sur un plan commercial et militaire du site qui deviendra la ville de Chicago.

On se souvient, à Chicago, de l’épopée des explorateurs français de la Nouvelle-France.

Starved Rock State Park

À une heure et demie de route de Jolliet, Illinois, en banlieue de Chicago, on arrive au Starved Rock State Park.

Le centre d’interprétation du Starved Rock State Park présente une exposition des aspects marquants du site : sa géographie, son histoire géologique. On y trouve aussi un diorama grandeur nature décrivant le passage, il y a plus de trois siècles, des grands explorateurs Jacques Marquette et Louis Jolliet et de leur rencontre avec les autochtones de la région.

Quelques années après le passage de Marquette et Jolliet, De La Salle et de Tonti ont reconnu l’importance stratégique du site qui surplombe la rivière des Illinois. De Tonti avait d’ailleurs construit un fort sur le rocher de Starved Rock, le Fort Saint-Louis, qui a été abandonné deux ans après sa construction. Les autorités locales ont d’ailleurs effectué des fouilles sur le site du fort il y a quelques années. Ils ont exposé quelques pièces qu’ils y ont déterrées au centre d’interprétation du Parc.

Des milliers de collégiens québécois ont lu le roman Volkswagon Blues, de Jacques Poulin. Ils se souviendront probablement du chapitre du livre où on raconte une histoire très triste qui est associée à ce lieu : celle de membres d’une tribu amérindienne qui se sont réfugiés sur un rocher, pour échapper à la poursuite des guerriers d’une autre tribu. Ils pouvaient mieux s’y défendre, mais le lieu était dépourvu d’eau et de nourriture abondante. Ils ont préféré se laisser mourir de faim plutôt que de se rendre. D’où le nom du lieu.

Aujourd’hui, le parc public de Starved Rock est un lieu prisé par les amateurs de randonnées pédestre. On y trouve un réseau de sentiers, dont certains sont longs et ardus, qui sillonnent des boisés et des canyons. On y trouve plusieurs chutes d’une hauteur appréciable.  J’y ai fait une courte randonnée de trois heures. Il faut se prémunir contre les maringouins avant d’y entreprendre une marche.

Le débit d’eau est plutôt mince, sauf au début du printemps.

Nous avons passé la nuit au camping du Parc, avant de poursuivre notre traversée de l’Amérique vers l’Ouest. Prochaine étape, l’Iowa, et la ville de Des Moines.

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