
le temps d’un clin d’oeil
l’ondée tache l’horizon
ombre passagère

le temps d’un clin d’oeil
l’ondée tache l’horizon
ombre passagère

Il y a des voyageurs pour lesquels la destination est un prétexte pour rouler. Ils ne s’arrêtent que pour faire une pause, délier un peu leurs jambes, manger, dormir, puis repartir, jusqu’à destination.
Bien souvent, ils ne s’arrêtent même pas pour visiter les villes ou villages qu’ils contournent ou qu’ils traversent, en ralentissant, lorsque la prudence ou le règlement l’exigent.
Leur plaisir, c’est de s’enfoncer dans les paysages qui défilent devant eux, tel un film. Les amateurs de motos font partie de cette tribu. Souvent même, ces voyageurs n’ont pas réellement de destination. La route est leur destination, une fin en soi.
J’aime la route, contempler les paysages, en découvrir de nouveaux. Mais, pour moi, la route ne constitue pas la raison en soi du voyage. Parfois même, le déroulement incessant du ruban d’asphalte me lasse à la longue.
Il y a une dizaine de jours, le quotidien Le Devoir a publié un texte de Christian Rioux : Obsédé par l’Islam… vraiment ? ( article publié le 26 février, accessible en ligne uniquement aux abonnés ). Le chroniqueur y fait état d’une étude effectuée par deux sociologues, Céline Gofette et Jean-François Mignot, sur les unes de Charlie Hebdo depuis dix ans.
Cette étude nous révèle que l’Islam a toujours été un thème très marginal dans Charlie Hebdo. Sur 523 unes, 336 ont été consacrées à des personnalités politiques, principalement à Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, 85 à des sujets d’actualité économique et sociale, et seulement 38 sur la religion.
Sur ces 38 unes consacrées au thème de la religion, 21 s’attaquaient à l’Église catholique. Sept ont été consacrées à l’Islam, soit trois fois moins qu’à l’égard du Catholicisme.
Je suis convaincu que ni le pape, ni les hommes et femmes politiques français n’ont, à quelque moment donné, songé à tuer pour châtier un blasphème, ou un crime de lèse-majesté.
Doonesbury est une bande dessinée qui est publiée dans des centaines de quotidiens anglophones d’Amérique du Nord depuis plus de quarante ans. J’y suis devenu accro depuis que je l’ai découvert, dès ses débuts.
Le créateur de cette bande dessinée, Gary Trudeau est un véritable chroniqueur, qui utilise ses crayons et ses plumes pour tracer l’évolution de la société américaine : son regard acéré, toujours pertinent, bien que biaisé au centre gauche, n’épargne personne — ni la faune politique et leurs thuriféraires des médias, ni les milieux d’affaires, ni surtout les charlatans de toutes sortes.
Pendant longtemps, j’ai lu Doonesbury sur une base quotidienne. Aujourd’hui, c’est devenu une habitude dominicale ; chaque dimanche matin, j’ouvre l’édition numérique du New York Times. Après avoir parcouru la une en diagonale, je me dirige directement à Doonesbury.
Hier, il m’a étonné, encore une fois. C’est un point de vue typiquement américain, cet aspect décontracté que nous aimons tant chez nos voisins, que j’ai retrouvé en lisant cette bande dessinée hier matin.
Un hommage sympathique aux caricaturistes de Charlie Hebdo : en quelques cases, il y évoque leur œuvre, s’attachant à leurs sujets favoris — le pape, les politiques français, et autres, jusqu’à l’avant-dernière case. Il y fait référence à Mahomet, sans le représenter, s’attaquant plutôt aux fanatiques qui prétendent le défendre.
C’est dommage qu’on ne puisse marginaliser aussi facilement tous ces intégristes qui ébranlent le monde, et nous empêchent d’en jouir depuis toujours.

D’ici quelques jours, la sève commencera à monter dans les érables.
Selon l’humeur des jours, la neige déjà humide s’évaporera au soleil, ou fondra avec la pluie, pénétrera dans la terre, coulera dans les ruisseaux, remplira les rivières…
Les ours se réveilleront ; les pic-bois tambourineront goulûment sur les arbres infectés d’insectes ; quelques semaines plus tard, les bernaches nous signaleront qu’elles reviennent de leur long séjour aux États du sud.
Le froid intense de l’hiver qui s’essouffle progressivement s’inscrit déjà dans les archives de nos mémoires.
La vie renait de la désintégration inhérente au brassage éternel de la matière.

à suivre…

Le regard que nous portons en Occident sur l’Orient a-t-il évolué autant qu’on voudrait se le faire accroire depuis un siècle ?
L’essai magistral de Edward Said, Orientalism, publié il y a un peu plus de trois décennies, demeure toujours actuel : il nous renvoie une image de nous même qui nous questionne et qui indispose encore la plupart d’entre nous.
Il n’est pas nécessaire de lire cet ouvrage avant d’aller voir la magnifique exposition, Merveilles et mirages de l’orientalisme, que nous propose au cours des semaines à venir, le Musée des beaux arts de Montréal.
L’image d’un Orient exotique, violent et figé dans un lointain passé que l’Occident s’est construit au cours du 19è siècle a certes évolué avec le temps ; mais, si l’on est honnête en y regardant de plus près, et si on se questionne sur nos perceptions, on doit reconnaître que cette image que nous avons façonnée n’a pas changé, sinon qu’en surface.
Au cours du fil du temps et des saisons, l’œil du photographe cherche à percevoir des jeux de textures, de lignes, de formes et de couleurs, pour composer des écrans végétaux.
L’hiver

Printemps

Printemps

Été

Été

Automne

Automne

Hiver


Il fait beau ces jours-ci à Montréal.
Les journées s’allongent. La température est froide, mais agréable.
Ce matin, j’ai entendu des corneilles annoncer que l’hiver basculera bientôt vers le printemps.
Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura plus de tempêtes de neige, ni d’abondantes averses ou bordées de neige. Les plus vieux d’entre nous se souviennent que mars nous a déjà souvent réservé des surprises… le cas échéant, à cette occasion, le temps s’arrête, le silence impose la sérénité, on se replie dans la chaleur des foyers pour une dernière fois…
En attendant, on profite des belles journées de février