Une journée au Fort de Chartres

Le 5 juin 2016

Fort de Chartres 2

Chaque année depuis des décennies, au début du mois de juin, des centaines de gens de tous les âges, de toutes les conditions, de diverses professions, choisissent de retourner vivre dans une époque lointaine. Ils s’habillent en costume d’époque, font la cuisine sur un feu de bois en plein air, dorment sous une tente de toile, quelle que soit la température, chaude et humide, au soleil ou à la pluie, comme au temps de la Nouvelle-France, au pays des Illinois, vers 1750. Ils se rassemblent lors du Rendez-vous au Fort de Chartres, tout près du Mississippi, à une centaine de kilomètres au sud de Saint-Louis.

Au cours de la première moitié du 18è siècle, à l’époque de la Nouvelle-France, le Fort de Chartres a servi de siège du gouvernement de la région qu’on a appelé le pays des Illinois. Cette région a servi de grenier à blé pour la Louisiane jusqu’à la cession du territoire des Français aux Anglais suite au Traité de Paris en 1763.

Les Français ont construit deux forts en bois entre les années 1720 et 1725. Le premier se dégrade suite à des inondations. Le deuxième ne résiste pas plus aux éléments. Ce n’est que trois décennies plus tard qu’on érige un troisième fort, en pierre, près des deux premiers.

Cette année, les Amis du Fort de Chartres ont décidé de commémorer la prise de possession du Fort de Chartres par les Anglais en 1765, selon les modalités prévues en vertu du Traité de Paris de 1763, qui a mis fin à la Guerre de Sept Ans. On a organisé une scène évoquant la cession du fort, le retrait du Régiment des Compagnies franches de la Marine et la prise en charge par Régiment royal des Highlanders, qui eu lieu il y a 250 ans.

Comme chaque année, les Rendez-vous du Fort de Chartres attirent des milliers de visiteurs, en plus des personnes qui s’y rendent pour revivre le passé. Des artisans y font des démonstrations de leur savoir-faire : forge, travail du bois, courtepointes… beaucoup d’armes — couteaux, tomahawks… On y présente aussi des démonstrations de tirs de canons, de mousquets, de tomahawks. Beaucoup de ceux qu’on nomme des « reenactors », des gens qui revivent comme à l’ancien temps, s’étaient installés depuis presque une semaine, avant l’ouverture officielle au grand public du village. Un jeune homme, jeune trentaine, m’a dit qu’il a assisté à cet événement chaque année depuis qu’il a trois ans, en compagnie de son père.

Il n’y a pas qu’à Montréal et à Québec qu’on se souvient du temps de la Nouvelle-France. On le fait aussi, encore aujourd’hui, au pays des Illinois.

J’ai visité le Musée du Fort de Chartres. On y rappelle le souvenir de cette grande épopée que fut la Nouvelle-France : que Jolliet et Marquette sont passés par là il y trois siècles et demi, que De La Salle et Tonty les ont suivis, les coureurs de bois ont essaimé partout dans ces territoires. Ils se sont fait des alliés avec les peuples qui y vivaient avant leur arrivée.

C’est dommage qu’on ne raconte plus ce récit. C’est un récit qui pourrait inspirer tous les jeunes Québécois : leur rappeler que leurs ancêtres ont accompli de grands exploits… qu’ils peuvent être fiers de leur histoire. Je me souviens que ces récits m’ont inspiré lorsque j’étais plus jeune, enfant et adolescent.

La porte du Fort de Chartres, qui a été reconstitué par l'État de l'Illinois, graduellement, depuis un siècle.
La porte du Fort de Chartres, qui a été reconstitué par l’État de l’Illinois, graduellement, depuis un siècle.
Commémoration de la remise du Fort par les Français aux Anglais en 1765, conformément au Traité de Paris de 1763.
Commémoration de la remise du Fort par les Français aux Anglais en 1765, conformément au Traité de Paris de 1763.
Le Rendez-vous de Fort de Chartres a lieu chaque année, la première fin de semaine de juin.
Le Rendez-vous de Fort de Chartres a lieu chaque année, la première fin de semaine de juin.
Démonstration du travail de forge. Cet artisan a appris ces techniques de son grand-père. Il travaille le métal, pour le plaisir, à titre amateur. Ce n'est pas sa profession.
Démonstration du travail de forge. Cet artisan a appris ces techniques de son grand-père. Il travaille le métal, pour le plaisir, à titre amateur. Ce n’est pas sa profession.

Six points de vue…

Jeudi, le 2 juin 2016

Une longue fainéantise dans les jardins du Jardin botanique du Missouri à Saint-Louis…

Le jardin ottoman, où s'adonner à la rêverie dans des temps très anciens
Le jardin ottoman, où s’adonner à la rêverie en des temps très anciens

 

Magnolia
Magnolia

 

Illumination sur la roseraie
Illumination sur la roseraie

 

Le jardin de buis
Le jardin de buis

 

Le jardin chinois
Le jardin chinois

 

Le jardin japonais, immense, dans tous les sens du terme...
Le jardin japonais, immense, dans tous les sens du terme…

Union Terminal – Cincinnati

Union Terminal, Cincinnati
Union Terminal, Cincinnati

Il a fallu une quarantaine d’années pour que les dirigeants d’une demi-douzaine de compagnies de chemins de fer s’entendent pour construire une gare unique pour les passagers qui débarquaient ou transitaient à Cincinnati.

Cincinnati était, au début du 20è siècle, un centre majeur du réseau interurbain de transport ferroviaire des passagers entre les régions du Nord-Est, du Mid-Ouest et du Sud des États-Unis. Cinq gares différentes accueillaient les passagers et un grand nombre d’entre eux devaient transférer d’une compagnie de chemin de fer à une autre, et se déplacer d’une gare à une autre, pour poursuivre leur voyage.

Finalement, on entame les travaux à la fin des années 20. La nouvelle gare, un bijou d’architecture de style Art Déco, est inaugurée en 1933.

Une des deux fresques qui ornent le grand hall d'entrée de la gare.
Une des deux fresques qui ornent le grand hall d’entrée de la gare.

Malheureusement, le transport de passagers par les trains commençait déjà à décliner à cette époque. Le déclenchement de la Deuxième grande guerre ralentit le déclin. Mais aussitôt la guerre terminée, le déclin se poursuivit tout au long des années 50 et 60. Enfin, au début des années 70, il ne restait plus que deux trains par jour. Il fallut trouver une autre vocation pour la gare.

Le gouvernement municipal prend les choses en main. Des maires et des échevins ont le souci de préserver leur patrimoine architectural, dont fait partie cet édifice exceptionnel. Après plusieurs échecs, deux décennies plus tard, l’édifice reprend vie : six organismes s’y installent, dont quatre musées, une salle de projection de cinéma Imax, et un club d’amateurs de chemins de fer ; de plus, Amtrak rétablit son service ferroviaire de passagers à Cincinnati.

Toutefois, après des années de négligence, l’édifice a subi l’usure du temps. Au cours des mois qui viennent, on entreprendra des travaux pour le préserver. On fermera des sections entières de l’édifice pendant qu’on procédera aux travaux : on retirera des pièces des musées, on protégera d’autres éléments architecturaux, telle que la salle où on vendait des glaces, que je n’ai pas eu la chance de visiter.

Cincinnati - Intérieur de la Union Terminal
Une vue de l’intérieur de la façade et du toit de la grande rotonde à l’entrée de la gare Union Terminal

Un coup d’œil suffit : on est séduit. La façade impose l’attention et nous invite à s’approcher. L’intérieur ne déçoit pas. On en perd le souffle…

Nous choisissons de visiter un des musées, le musée d’histoire de la ville, et de visionner un film sur le centenaire des parcs nationaux des États-Unis au cinéma Imax.

Plusieurs pièces du musée d’histoire ont été retirées en prévision des travaux. Mais on peut toujours parcourir l’essentiel des expositions permanentes les plus importantes. Dans l’une de ces expositions, une des imposantes mosaïques qui décoraient originalement le passage qui menait aux quais d’embarquement des trains ; on la retirera du musée dans quelques semaines.

Une des mosaïques qui décoraient le passage qui menaient aux quais d'embarquement des passagers dans la gare Union Terminal
Une des mosaïques qui décoraient le passage qui menaient aux quais d’embarquement des passagers dans la gare Union Terminal

Enfin, au moment où nous y sommes passés, nous avons eu le plaisir de parcourir une exposition spéciale temporaire sur les collections d’objets-souvenirs que des citoyens de la ville ont rapportés de leurs voyages à travers le monde et qui ont été remis au musée d’histoire. Certaines de ces pièces sont exceptionnelles.

Ces citoyens ont eu l’occasion d’établir des liens personnels avec les gens dans les pays qu’ils visitaient. Ils ont voyagé dans plusieurs pays à des époques où il était encore possible de collectionner ces pièces. Ils ont légué leurs collections d’objets au Musée d’histoire de la ville.

Le voyageur qui passe à Cincinnati doit insérer quelques heures dans son programme pour visiter cette merveille architecturale… ne serait-ce que pour en retenir le souvenir de l’avoir admirée et de pouvoir le raconter à ses amis à son retour chez-lui.

 

Un voyage dans le temps

Imaginez : il y a environ mille ans, dans la région de Saint-Louis, une ville plus imposante et grande que Londres à la même époque !

On estime qu’environ 20 000 personnes habitaient cette ville, Cahokia, et que celle-ci était entourée de plusieurs agglomérations de moindre importance dans un rayon d’une centaine de kilomètres, à l’est du Mississippi, là où le Missouri coule dans le grand fleuve. Cette ville n’est pas imaginaire ; elle a bel et bien existé.

Depuis plus de trois cents ans, les Français d’abord, puis les Anglais et les Américains par la suite, ne cessent de s’interroger sur la présence de centaines, voire de milliers d’ouvrages en terre, dont certains sont de grande magnitude, disséminés sur l’ensemble des territoires de l’Ohio, de l’Indiana et de l’Illinois. Qui a érigé ces ouvrages ? Pour quelles fins ?

Serpent Mound, Ohio
Serpent Mound, près de Peebles, Ohio : les sinuosités du Serpent indiquent les temps de l’année astronomique — le rythme annuel des équinoxes et solstices, ainsi que des emplacement des levers et des couchers de la lune au cours des saisons…

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Au point de confluence de l’Alleghany et de la Monongahela

Imaginez, il y a un peu plus de deux cents cinquante ans, ce que pouvait représenter la traversée de la chaîne des montagnes des Alleghanies ( voir la photo : pas de routes, des sentiers tout au plus, des forêts denses couvrant tout le territoire ). Les colons britanniques de la Virginie, qui étaient en train devenir des Américains, se sentaient à l’étroit dans l’étroite bande de terre, entre l’Océan et la chaîne de montagnes des Appalaches, dont les Alleghanies font partie. Ils ne voulaient pas uniquement commercer avec les habitants des territoires au-delà des Alleghanies. Ils voulaient aussi s’y installer.

Les Français, et ceux qui s’identifiaient déjà comme Canadiens, les avaient précédés. Mais ces Canadiens venaient pour pratiquer la traite des fourrures, non pas pour s’y installer, sinon que pour créer des liens commerciaux avec ceux qui étaient déjà établis sur le territoire de l’Ohio. La géographie avaient favorisé les Canadiens : le fleuve Saint-Laurent donnait directement accès à tout le centre du continent nord-américain.

Les Français avaient commencé à créer des alliances avec les peuples qui habitaient ces territoires ; la Grande Paix de Montréal ( 1701 )  avaient facilité la création de ces liens. Toutefois, il était très difficile, avec les ressources à leur disposition, d’affermir ces alliances et ces réseaux. Les Français avaient établi des forts pour protéger leurs intérêts, sur tout le territoire entre les Appalaches et le Mississipi : le Fort Pontchartrain à Détroit, le Fort Saint-Joseph un peu plus loin vers l’Ouest, le Fort de Chartres sur les berges du Mississipi, et le Fort Duquesne, à la confluence des rivières Alleghany et Monongahela.

Que de beaux noms. Je me souviens de mes cours d’histoire à l’école primaire, puis à l’école secondaire. Prononcer ces noms, Alleghany, Monongahela, attisait des songeries chez le jeune garçon que j’étais. Des rêves d’aventure… l’exploration de grands espaces, posséder d’immenses forêts en compagnie d’une bande de guerriers indiens. Devenu adulte, j’ai retrouvé cet imaginaire dans les bandes dessinées de Hugo Pratt, entre autres — feuilleter Fort Wheeling, par exemple. Trêve de distraction dans les replis de la nostalgie. Je reviens à mon récit.

La tension montait sur la frontière. L’étincelle a éclaté dans la région du Fort Duquesne.

Le Fort Duquesne n’existe plus aujourd’hui : il faut aller à la confluence des rivières Alleghany et Monongahela pour réveiller les fantômes qui ont habité ce lieu il y a deux siècles et demi

Par là
Derrière moi, la rivière Monongahela rencontre la rivière Alleghany, devant moi.

Au sud, une falaise surplombe la Monongahela ; au nord, l’Alleghany descend des montagnes du même nom. Deux rivières d’un fort courant d’eau, qui s’unissent pour former celle que les Français ont nommé la Belle Rivière, la rivière Ohio. Aujourd’hui, des ponts surplombent ces rivières, une autoroute surgit d’un tunnel percé dans la falaise pour venir s’entremêler dans un nœud d’autoroutes, qui déversent quotidiennement leur flot de véhicules sur ce qui est devenu le centre-ville de Pittsburgh — Downtown Pittsburgh, une forêt de verre et d’acier qui s’élance vers le ciel.

Downtown Pittsburgh
Downtown Pittsburgh, un samedi matin

C’est là, au Fort Pitt Museum, qu’on raconte le récit d’une période marquante de l’histoire de tout le continent. C’est un récit qui se déroule en deux phases : les premiers épisodes de la Guerre de Sept-Ans dans un premier temps, ce que les Américains appellent la French and Indian War et, subséquemment, la Révolution américaine qui s’enclencha peu après la première.

Tout commence au cours de la première moitié des années 1750. Les Français et les Britanniques rivalisent pour s’assurer du contrôle du territoire de la vallée de l’Ohio. Pour les Français, il ne s’agissait que du contrôle du commerce des fourrures. Les Virginiens, ceux qui deviendront bientôt des Américains exerçaient des pressions sur les autorités britanniques pour intervenir sur le plan militaire. Ceux qui exerceraient le contrôle de la confluence des rivières Alleghany et Monongahela dominerait le territoire que traverse la rivière Ohio.

Pittsburgh - Point of Conflict
Plaque installé au point de confluence des rivières qui forment l’Ohio, expliquant l’importance stratégique de ce lieu en 1753.

C’est sur ce site qu’après en avoir délogé les Virginiens, les Français ont construit le Fort Duquesne. Les Anglais tentèrent, à deux reprises, d’y chasser les Français. La première tentative fut un désastre. Il fallait défricher une route à travers une forêt montagneuse pour transporter les troupes et le matériel nécessaire pour assiéger le Fort Duquesne. Au moment d’arriver au Fort Duquesne, un petit groupe de Français et d’Indiens leurs tendirent une embuscade. George Washington, qui n’était encore qu’un lieutenant, faisait partie de cette première expédition ; il faillit y perdre la vie.

Les Anglais apprirent leurs leçons ; la deuxième tentative fut fructueuse. Le commandant français, mis au courant des forces qui venaient l’assiéger, décida de battre en retraite. Il n’avait pas les ressources pour résister. Il mit le feu au fort et quitta les lieux.

Pour les Indiens, ces escarmouches entre les Français et les Anglais à la frontière de l’Ohio ne furent que la continuation d’un long processus de dépossession de leurs territoires, qui était déjà amorcé au cours du siècle précédent et qui se prolongea pendant tout le siècle suivant… C’est dans cette région que les grandes lignes de force de ce processus prirent forme : la haine, le racisme, les promesses brisées et les traités que les Américains ne respectèrent jamais, les nettoyages ethniques et les déplacements forcés de populations, l’établissement du système des réserves sur des territoires considérés comme improductifs. Il y eut de nombreuses tentatives de résistance, de révoltes indiennes : Pontiac, Tecumseh, sur le territoire de l’Ohio, dès la formation de la république américaine à la fin du 18è siècle. Celles de Sitting Bull et Crazy Horse un siècle plus tard au Dakota, et de Geronimo au Sud.

Le Musée du Fort Pitt est en partie recouvert par des autoroutes, à la pointe de confluence entre les rivières Alleghany et Monongahela.
Le Musée du Fort Pitt est en partie recouvert par des autoroutes, à la pointe de confluence entre les rivières Alleghany et Monongahela, au centre-ville de Pittsburgh.

Le visiteur qui entre au Musée du Fort Pitt et qui se promène au premier étage uniquement pourrait être déçu : l’histoire qu’on lui présente est partielle, biaisée, voire raciste, tant à l’égard des Français que des Indiens qui habitaient le territoire avant leur contact avec les Européens.

C’est que ce premier étage a été créé il y a plusieurs décennies et qu’on n’a pas jugé opportun de rectifier ce qu’on y présente. Cette exposition est très représentative des mentalités et des perceptions de l’époque. On justifie cette décision de ne pas investir pour renouveler cette exposition en expliquant que toute la zone où est située le musée est sujette aux inondations et que cela ne vaut pas la peine d’y consacrer les sommes nécessaires.

C’est au deuxième étage qu’on expose un récit complet et détaillé de ce qui est arrivé à Pittsburgh entre 1753 et 1758 et des conséquences à long terme de ces événements.

Une présentation équilibrée qui donne la parole aux diverses parties en cause, à toutes les étapes des conflits qui marquèrent le point de confluence de l'Ohio au 18è siècle.
Une présentation équilibrée qui donne la parole aux diverses parties en cause, à toutes les étapes des conflits qui marquèrent le point de confluence de l’Ohio au 18è siècle.

On le fait d’une façon équilibrée, en présentant les points de vue de chacune des parties, sur chacun des enjeux, à chaque étape : comment les peuples amérindiens ont été pris en tenaille entre deux puissances coloniales, les Français et les Anglais d’abord, puis entre les Anglais et les Américains par la suite¸ comment ils ont perçu leurs intérêts et comment ils ont tenté de manœuvrer dans cette joute où ils étaient perdus d’avance. Moins d’un siècle après la formation des États-Unis, on avait vidé tout le territoire de l’Ohio, des Appalaches jusqu’au Mississippi, de toute présence indienne organisée.

Je constate que le peuple américain a commencé à ajuster ses perceptions quant à leurs relations avec les premiers peuples qui habitaient le territoire avant l’arrivée des Européens. Ils réalignent leurs récits historiques officiels, dans les musées, les parcs nationaux, sur les plaques commémoratives, afin de les conformer un peu mieux à ce qui s’est passé réellement il y a quelques générations.

J’ai été agréablement surpris de ma visite. Après tout, ce n’est pas uniquement leur histoire qu’on y raconte. C’est aussi la mienne.

Cinq jours sur la route

Du 9 au 13 mai 2016

Quelques images prises en roulant sur les routes des États de New York et de Pennsylvanie.

Beau temps, mauvais temps, environ 1 500 km, de Montréal à Pittsburgh, en passant par Corning NY. On constate que la forêt devient de plus en plus verte à mesure qu’on progresse vers le sud.

Le long de trois régions montagneuses : les Adirondacks, dans le nord de l’État de New York, les Catskills, au centre, et les Alleghanies, dans le nord-ouest de l’État de la Pennsylvanie. Dans les Alleghanies surtout, c’est un peu comme des montagnes russes : on monte et on descend et on tourne et retourne, sur une route qui nous révèle de beaux paysages montagneux, quel que soit le temps qu’il fait.

Un peu d’histoire… et de géographie pour la comprendre

Les Alleghanies ont constitué un obstacle important à l’expansion de la colonie britannique vers l’Ouest, jusqu’à la fin de la Guerre de Sept-Ans.

La France, qui était présente à l’Ouest de cette chaîne de montagnes, a dû abandonné ses prétentions sur ce territoire à la signature du Traité de Paris en 1763. Les conséquences ont été terribles pour les populations qui habitaient ces trois régions ( Adirondacks, Catskills et Alleghanies ). Les colons britanniques, qui allaient se révolter contre leur mère-patrie une douzaine d’années plus tard, étaient très voraces de territoires…

I-87, Adirondacks, NY
I-87, Adirondacks, NY

 

I-88 NY
I-88, Catskills, NY

 

Welcome to Pennsylvania
Welcome to Pennsylvania

 

On The Road Again
On The Road Again

 

Paysage des Alleghanies
Paysage des Alleghanies

 

Blue Highway, les anciennes routes principales d'antan, bien avant l'édification du réseau moderne d'autoroutes, les Interstates.
Blue Highway, les anciennes routes principales d’antan, bien avant l’édification du réseau moderne d’autoroutes, les Interstates.
Arrivée au camping, près de Pittsburgh PA
Arrivée au camping : notre pied a terre, à une trentaine de km de Pittsburgh PA

Chacun son Amérique

Corning, 12 mai 2016

Chacun crée son Amérique ; chacun recueille des images de ce continent pour se fabriquer une mosaïque de mythes, à la mesure de qui on est, de ce qu’on voudrait être ou, aussi, de ce qu’on ne veut pas devenir.

Je pars, encore une fois, découvrir de nouveaux aspects de l’Amérique… pour continuer à renouveler, à clarifier, à modifier, à refaire et à défaire ces images que je me suis faites, pour mettre à jour mes notions, mes perceptions, les contraster à celles que je me suis créées dans le passé. Découvrir des aspects de moi-même. N’est-ce pas là, en quelque sorte, la quête d’un voyage ?

Je chemine… de retour sur la route.

Déjà mille kilomètres en cinq jours, trois musées, beaucoup de routes… et déjà beaucoup d’interrogations.

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Le tableau ci-bas, que j’ai examiné hier après-midi au Musée Rockwell, m’a touché directement. Ce couple traverse les Grandes Plaines de l’Ouest, au cours des grandes migrations européennes de la deuxième moitié du 19è siècle. Ils voyagent probablement en compagnie d’autres migrants comme eux. Il n’y a pas de routes toutes tracées, comme aujourd’hui. Que des pistes, les Pistes de l’Orégon, de la Californie ou de Santa Fe… des territoires inconnus, à découvrir.

Que cherchent-ils ? Quels étaient leurs rêves ? Pourquoi quitter le confort de la « civilisation » pour aller coloniser des territoires qu’on fantasmait comme étant vierges, mais non inhabités, en vérité inconnus…

Voyager
I Shall Never Forget the Sight, de Newell Convers Wyeth ( 1882 – 1945 )

Quel contraste avec mon propre trajet !  En moins de 150 ans, on a tissé tout un réseau de sentiers, de routes, d’autoroutes, sur toute la surface du continent… des restaurants, des hôtels et des terrains de camping, des stations services,  y compris, depuis peu, du moins dans l’État de New York, des haltes pour texter…

Camping
Terrain de camping, État de New York, 10 mai 2016, tôt avant le départ, le matin

Je voyage pour le plaisir de découvrir. Pour prendre la mesure du temps et de l’espace du monde.

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Le Iroquois Indian Museum

Il y a deux jours, nous avons visité le Musée des Iroquois ( Iroquois Indian Museum ). Cette institution dégage une atmosphère exceptionnelle de paix et de sérénité.

On y présente l’univers, passé et présent, tel que le perçoivent les Iroquois, le peuple des longues habitations. Ce peuple a été dépossédé de son territoire… celui que je suis en train de visiter, mais dont il est quasiment absent… sinon que par la présence des noms de lieux, partout.

On y explique la mythologie de la création qui régissait leur relation au monde. On y décrit les recherches archéologiques qui permettent de reconstituer leur mode de vie, avant leur rencontre avec les Européens — Hollandais, Anglais, Français. On dessine les grands traits de leurs relations avec ceux qui deviendront des Américains. Le tout, dénué de jugement, sans trace de ressentiment, laissant à chacun le soin de tirer ses propres enseignements de ce qu’on y présente.

On a tenté d’éliminer leur « être » au monde ; ils sont toujours là, très vivants. Ils ont évolué avec le temps, s’adaptant, acceptant ce qui leur convenait des apports des autres, des étrangers, tout en conservant leur âme, leur culture… Toute une section du musée expose les œuvres d’artistes iroquois contemporains qui témoignent de la vitalité de leur culture.

Musée iroquois
Le Iroquois Indian Museum

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Trente-six heures à Corning, NY

L’Amérique que j’ai connue dans mon enfance n’existe plus. Elle a évolué. Beaucoup. Pour le mieux tout autant que pour le pire. La petite ville de Corning en témoigne bien.

C’est en se promenant sur sa rue principale, Market Street, qu’on découvre un amalgame charmant de l’ancien et du nouveau. C’est au Musée Rockwell qu’on peut voir comment on a construit une des dimensions les plus connues de l’Amérique, cette image d’un espace immense, composé d’un horizon qui se déplace devant soi de façon continue, peuplé de troupeaux de bisons, de guerriers indiens et de cowboys, symboles d’une quête de liberté. C’est au Musée du verre, le Corning Museum of Glass, qu’on peut voir une partie de l’immense contribution que les État-Uniens ont apportée à la civilisation occidentale et au monde entier.

Le tableau ci-haut a été peint alors que l’époque qu’il représente était déjà révolue. Un des artistes les plus connus qui a participé à la création de cette épopée de la Conquête de l’Ouest, Frederick Remington a raconté cette anecdote à ce propos : alors qu’il travaille à peindre ses tableaux qui illustrent sa perception de l’histoire de l’Ouest, un vieux cowboy lui dit qu’il est arrivé trop tard, que l’époque dont il veut témoigner n’existe plus, qu’elle est en train de disparaître. Pourtant, c’est cette iconographie qui s’est imposée à l’imaginaire du monde entier, à travers les tableaux, les récits illustrés des écrivains et des artistes, le cinéma…

Le Musée Rockwell présente deux expositions spéciales présentement : une exposition de quelques tableaux de grande dimension d’artistes américains bien connus, pour célébrer le centième anniversaire du réseau des grands parcs nationaux des États-Unis, ainsi qu’une autre exposition des artistes de l’école de Taos ( Nouveau Mexique ), qui a tenté de définir une nouvelle esthétique, pour représenter les paysages du Sud-Ouest américain.

Donna's
Donna’s, coin Cedar et Market, à Corning – l’impression de voyager dans le temps… passé

Il n’y a qu’un coin de rue entre le Musée Rockwell et le restaurant Donna’s, qui se situe au coin des rues Cedar et Market. On a l’impression, en entrant dans ce restaurant de retourner dans le temps, d’au moins un demi-siècle. Le formica, les tables et les chaises, les napperons en papier couverts d’annonces publicitaires de commerces locaux, les menus qu’on vous présente et qui décrivent les mêmes repas qu’on y servait cinquante ans plus tôt, et les repas préparés comme déjà…

Rue principale - Market Street
L’ancienne tabagie, et la crèmerie coincée entre deux édifices, sur Market Street, à Corning

On ne ressent pas cette impression d’entrer dans un musée dans les autres commerces sur la rue Market. On y vend des produits très contemporains, dont certains qui n’existaient même pas il y a tout juste une décennie. Mais on a fait un effort pour préserver les façades des édifices, ce qui donne un cachet unique à cette petite ville.

Musée du verre de Corning
Musée du verre de Corning

Le Musée du verre de Corning impressionne même les touristes les plus désabusés.

Après avoir admiré l’exposition d’œuvres d’art en verre, j’ai assisté à une démonstration de la fabrication d’une coupe en verre ; imaginez, un véritable artiste et un assistant prennent trois quarts d’heures pour fabriquer une seule coupe ; imaginez le coût de leur main d’œuvre, des matériaux qu’ils ont utilisés, des coûts d’opération de la fournaise qui a servi à chauffer le verre, parfois jusqu’à 2 000 degrés C. Imaginez maintenant pourquoi il était important de concevoir un procédé de fabrication industrielle de pièces d’usage commun, comme une bouteille de lait ou de bière, un verre, une ampoule électrique…

Puis, j’ai visité la galerie de l’innovation ; on y explique comment on a conçu les procédés de fabrication industrielle des bouteilles en verre, des ampoules électriques, qu’on a inventé la fibre optique, du pyrex, des lentilles — de phares, de télescopes, d’appareils photo, etc.

Enfin, j’ai parcouru la galerie de l’histoire des quelque 35 siècles de l’évolution des techniques du verre : du Moyen-Orient ( Égypte, Phéniciens, Mésopotamiens ) aux Romains, de la période de l’Islam médiéval à l’éclosion de la Renaissance vénitienne, jusqu’à l’époque contemporaine.

Époque islamique - Musée du verre de Corning
Vase de la période islamique médiéval – environ 1000 AD

Sur le chemin

encore une fois

le chemin d’une recherche

une boucle sans fin

Boucle 2016-010
Route I-87,  Parc des Adirondacks

évocation

des bourgeons velus

un héron discret s’étire

frissons sur l’étang

Printemps sur l'étang
L’étang du Jardin botanique, 16 avril 2016

Carpe diem

Dernières traces de l'hiver
Parc Maisonneuve, Montréal, 2 avril 2016

Quelques mots, pour passer le temps… pour me distraire de ce sur quoi je bosse… et que je n’ai rien d’autre à dire… ou plutôt, que je préférerais passer mon temps sur d’autres sujets, mais que je dois terminer le travail que j’ai promis, et qu’ainsi, je dois remettre à plus tard ce que je voudrais raconter, si j’en avais le temps. Vous ne me suivez pas ? pas d’importance !

( = ( : ) = )

Voici la version en noir et blanc de la photo précédente : les dernières traces de l’hiver.

Je suis convaincu qu’une même prise de vue peut susciter des impressions très différentes selon le traitement qu’on en fait : la version en noir et blanc, ci-haut, de la photo précédente en témoigne fort bien à mon avis.

( = ( : ) = )

Le dicton dit bien qu’en avril, il ne faut pas se découvrir d’un fil.

Cette année, le printemps prend son temps pour s’installer. Une masse d’air frais nous convainc de ne pas ranger nos manteaux d’hiver trop rapidement. Il ne suffit pas du soleil pour nous éblouir ; il faut aussi la chaleur. La neige est presque toute fondue, mais la saison froide traîne encore un peu. En sortant à l’extérieur ce matin pour déposer les ordures ménagères sur le bord du trottoir, j’ai senti, et le thermomètre m’a confirmé, que la température était nettement sous la moyenne pour ce moment-ci de la saison.

Dans les circonstances, cette autre version en noir et blanc serait plus conforme à la « réalité », telle qu’on la ressent ces jours-ci. On pourrait jaser longtemps dans les cafés, du temps qu’il fait, des impressions de la « réalité » que suscitent divers traitements d’une photo, tout en passant le temps en attendant l’apparition des jonquilles et des tulipes… en attendant aussi de pouvoir sortir dehors sur les terrasses, afin de poursuivre cette conversation infinie sur le temps qu’il fait.

Carpe diem, disait-il, Horace, le poète latin, déjà, il y a très longtemps… entre deux gorgées de vin, puisqu’il n’y avait pas de café, ou de thé, dans ces temps-là. Peut-être, lorsque j’aurai un peu plus de temps, devrais-je donner rendez-vous à ce vieux sage, au Musée des beaux-arts, où on nous présente, jusqu’à la fin de l’été, une magnifique exposition sur Pompéii.

Dernier souffle de l’hiver

Traînerie d'hiver

Les premières couleurs du printemps

Couleurs du printemps

Que le temps passe vite…

Déjà !

Aujourd’hui, le jour sera aussi long que la nuit. Demain, la nuit sera déjà plus courte que le jour.

Il y a trois jours, tous ceux qui se dirigeaient vers la station de métro tout près de chez moi ont entendu plusieurs volés d’outardes passer en jacassant sur le bord du fleuve. On rapporte qu’elles sont arrivées, beaucoup plus tôt que d’habitude, et en grand nombre, toutes en même temps.

Le printemps est arrivé.

C’était dans l’air : depuis deux semaines, la neige fond aussi rapidement que l’hiver a filé.

Le printemps
Parc Maisonneuve, 19 mars 2016

L’hiver aura été court, et relativement doux cette année.

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Pendant ce temps-là…

Pourtant… cet hiver m’est apparu si long sur un autre plan.

J’ai été surpris plus tôt ce matin, quand j’ai relu mes notes personnelles de journal. Je croyais avoir consacré beaucoup de temps à ruminer sur le sujet qui a accaparé mon attention depuis plusieurs mois, soit le début de l’hiver. Je me suis rendu compte que je n’ai consacré en réalité que quelques semaines à examiner le cheminement de mon identité… à retracer l’évolution de la composition de mes identités… personnelle, collective, intellectuelle, professionnelle…

Qui suis-je ?

Serais-je devenu autre que je suis aujourd’hui si, à plusieurs moments donnés de ma vie, au hasard des circonstances, j’avais pris « d’autres » décisions que celles que j’ai prises ?

Depuis des semaines, j’explore les dimensions de ma généalogie personnelle ; j’examine comment j’ai manœuvré dans le cadre de l’évolution de notre société, de notre monde, tant sur un plan personnel que professionnel. J’étudie, je tente de comprendre, de faire éclater l’exiguïté de ma condition d’être au monde.

J’aurai vécu toute ma vie, tout comme mes ancêtres, sur les marges, les franges des zones frontalières de diverses cultures et de leur évolution : cette lisière de l’espace où on peut traverser d’un bord à l’autre, tout en demeurant chez-soi, chez-nous ; je traverse et je reviens… une lisière étroite, dans un univers qui semble infini ! Je transcrit des extraits de mon journal personnel :

Ma grand-mère, qui est venue au monde dans l’est de l’Ontario, se disait canadienne ; les autres, c’était pour elle, les Anglais. Je suis né canadien-français. Plus tard, au moment de devenir adulte, j’ai choisi de m’identifier comme étant québécois, sans nier mon origine franco-ontarienne.

Dans une communauté aussi fermée sur elle-même, il y avait peu de place pour un jeune homme qui voulait explorer d’autres dimensions de l’univers, d’autres façons d’être, de penser, d’agir ?

La contre-culture pouvait-elle s’exprimer en français ? L’étude de l’histoire m’a appris qu’il peut en coûter cher de papillonner dans les turbulences des grands courants de l’évolution du monde… Kerouac, par exemple, parmi tant d’autres.

Et si j’avais bifurqué vers la physique et le génie plutôt que la philosophie ou la littérature ? Je parle à mes amis ingénieurs et je m’interroge sur moi-même.

Et voici qu’à l’instant présent de ce cheminement, je décide de me retirer, de me distancer un peu de cette frontière, de la multitude de ces frontières où j’ai vécu toute ma vie… et je me rends compte que la frontière entre moi et l’autre, les autres, me suit, me poursuit.

On lutte continuellement pour maintenir une cohésion, ralentir le dépérissement, le démembrement.


Identité… identités…

Je vivais à l’étroit dans l’Ontario-français de ma naissance, sur le versant sud de la Grande rivière, l’Outaouais ; l’Amérique ne m’est pas étrangère, et pourtant mon terreau culturel est beaucoup plus français, européen, qu’américain…

L’été dernier, je me suis senti étranger lorsque j’ai fait une tournée dans le sud de l’Ontario, ce Haut-Canada profond qui n’est plus loyaliste, qui est devenu multiculturel, tellement multiculturel que je ne le reconnais plus… Je m’y suis senti aussi étranger que lorsque je voyage dans le reste du continent nord-américain… qui m’est pourtant plus familier que le territoire de la France…

La lecture, au cours de l’hiver qui se termine, de la correspondance que deux universitaires, François Paré et François Ouellet, ont entretenue pendant deux ans, publiée dans Traversées ( Éditions Nota Bene, 2014 ) puis, subséquemment, de l’essai de François Paré, Les littératures de l’exiguïté ( Le Nordir, 1992 ), a débloqué l’horizon de ma vision sur cette question de l’identité.

Greffées à d’autres — entre autres, Écrire à Montréal, de Gilles Marcotte, Boréal 1997 –, ces lectures m’ont révélé de nouveaux points de vue sur une réflexion qui me hante depuis longtemps. Ouellet, qui s’interroge sur l’identité du père, de sa représentation dans la littérature québécoise contemporaine ; Paré, qui s’interroge sur l’identité exprimée par les « petites » littératures des peuples « minoritaires », marginales par rapport à celles qu’on considèrent comme étant les « pôles du monde ».

Comme François Paré, je fais partie d’une génération qui traîne un héritage lourd dont nous ne parvenons pas à nous délester. Nous avons tenté de le recomposer, de le réorienter. Au delà de notre identité personnelle, quelle dimension prend notre identité collective aujourd’hui, notre être social ? Sommes-nous devenus « autres » ? Nous reconnaissons-nous encore au terme de ce cheminement, de cet effort d’affirmation collective, depuis un demi-siècle ?

Plus concrètement, qu’est-ce qu’on entend, que veut dire cette expression « vivre ensemble », à Montréal, au Québec, aujourd’hui ? La même question se pose aussi ailleurs dans le monde. Que veut dire « vivre ensemble » dans un monde « mondialisé », sur lequel nous n’avons pas plus de prise qu’il y a un demi-siècle, tant sur le plan local que régional ou national ? Que veut dire « vivre ensemble » à l’échelle planétaire, alors que nous basculons dans une nouvelle ère géologique que nous aurons créée sans même en avoir été conscient ?

Bientôt le printemps

Mars
Samedi, le 5 mars 2016

Nuances de l’hiver

Le ravin - Parc Maisonneuve
Mercredi le 2 mars 2016

Sous un manteau de neige

Mars - Parc Maisonneuve

Poudrerie

Coup de vent - Parc Maisonneuve - format écran

PS — le 3 mars 2016

Merci à L’Oiseau bleu, qui évoque La légende du cheval blanc, une chanson de Claude Léveillée ( voir le commentaire ci-bas ). Il est vrai que cette poudrerie soulevée par le vent, peut susciter l’image de chevaux blancs qui caracolent dans ce paysage hivernal.

Je vous encourage à aller l’écouter, ainsi que cette autre chanson de Vigneault, mise en musique par Claude Léveillée, L’Hiver, comme le rappelle Caroline Dufour ci-bas. Il faut écouter cette chanson qui a envoûté toute une génération il y a un demi-siècle.

Contemplation

Arbres - Parc Maisonneuve écran
Mercredi, 2 mars 2016, le matin

Plaisirs d’hiver au Parc Molson

Dimanche après-midi…

Il fait beau et doux dans la P’tite Patrie…

On se rassemble au Parc Molson…

On chausse nos patins, et on tourne en rond autour du kiosque et tout autour du parc…

Au Parc Molson le dimanche après-midi

matin d’hiver… rue laurier

devant le café

un jeudi matin d’hiver

l’éternité fige

Rue Laurier
Café TorréFiction — popote santé bar espresso

les mains dans les poches

souffle coupé par le froid

saisie éphémère