Genève – premières impressions…

J’ai perdu l’habitude des vols transatlantiques. Le corps n’est plus aussi jeune. C’est plus difficile d’accuser le coup…  une attente plus longue et des procédures plus exigeantes pour l’embarquement; six heures assis dans un espace très étroit; l’adaptation à un nouveau rythme circadien; un estomac qui ne reconnaît plus son alimentation…

Il faut dire aussi que cela faisait trente ans depuis la dernière fois. C’était bien avant l’événement du 11 septembre fatidique. La première fois que j’avais traversé l’Atlantique, il y a quarante ans, tous les passagers avaient été obligés de débarquer de l’avion, afin que chacun puisse identifier ses bagages.Une personne qui s’était enregistrée plus tôt le matin même à Montréal ne s’était pas présentée à l’embarquement au moment du départ. Ses bagages avaient ainsi été isolés, dans l’aire d’identification. Il avait fallu rembarquer et le navigateur avait dû refaire le calcul du parcours, avec de nouvelles données, quelques heures plus tard. Il pouvait toujours naviguer au sextant.

Lever du jour au large de l’Irlande à 10 000 m d’altitude

Rien de tel aujourd’hui. Tous les passagers peuvent suivre le parcours sur un petit écran devant soi : la distance parcourue à tout moment, tout au long du vol, l’altitude, la vitesse au sol, la température extérieure. J’ai suivi la progression du vol sur toute la durée. J’ai su au moment exact à quel moment nous avons dépassé Terre-Neuve, à quel moment nous avions accompli la moitié du trajet… Une heure environ avant de s’approcher de l’Irlande, j’ai regardé à travers le hublot. J’ai perçu les premières lueurs du jour qui allait se lever à l’est.

Quelques heures plus tard, nous débarquons à Genève.

Le temps de nous rendre à l’hôtel, déposer les bagages, nous rafraîchir, nous amorçons une première visite de la ville. Nous voulions, entre autres, activer le téléphone cellulaire; mais ça, c’est une autre histoire…

Le manège derrière le Temple de la Madeleine

Ce fut une longue marche dans les rues de la vieille ville…

Nous déjeunons Rue de la Fontaine, face au Carousel, à côté du Temple de la Madeleine. Nous arpentons ensuite les rues de la vieille ville, jusqu’au Musée d’ethnologie, avant de rebrousser chemin vers l’hôtel. Chemin faisant, on s’arrête au magasin Apple : on nous y recommande d’attendre d’arriver à Lyon pour activer le téléphone cellulaire ; par contre nous trouvons de quoi réparer une de nos valises, qui avait été légèrement percée dans l’avion ; à la pharmacie, la jeune vendeuse est étonnée lorsque je lui demande des lames de rasoir, en expliquant qu’on s’en sert toujours pour se faire la barbe, même en Amérique ( elle s’informe et apprend qu’on en tient toujours dans le magasin, au fond d’un tiroir ).

… une longue marche en après-midi, suivie d’une autre, plus courte, après le dîner, en fin de soirée. Comble d’ironie, nous dînons à l’Age d’or ( 11, rue de Cournevin ). Nous sommes épuisés à la fin de la journée.

Une longue flânerie, jusqu’au Musée d’ethnographie

La ville nous plaît beaucoup. Nous nous sentons mentalement comme des gamins, qui gobent tout ce qu’ils voient, touchent, dégustent, sentent, et entendent. Au magasin principal de Victorinox, sur Rue du Marché, j’ai remplacé le couteau suisse qu’on m’avait confisqué à l’aéroport de Dorval… ça aussi, c’est une autre histoire en soi.

Genève est une ville tranquille. Aujourd’hui, au moment de repartir explorer, nous apprenons que c’est encore plus tranquille que d’habitude. C’est congé férié : la journée du Jeûne genevois. On ne l’avait pas prévu celle-ci. Tout est fermé partout, sauf les services publics essentiels et beaucoup de restaurants, mais pas tous.

On flâne. C’est un peu frais. On admire l’architecture de la ville. On se promène le long des berges du Lac Léman. On parle avec des gens de la place dans un café, qui nous expliquent ce qu’est cette journée fériée du Jeûne genevois ; elles nous suggèrent toute une série de restaurants pas trop chers, pour satisfaire une variété de goûts. Nous suivons leurs conseils en début de soirée : nous nous rendons au restaurant aux Bains des Pâquis, sur la jetée là où le Lac Léman se verse dans le Rhône – vraiment pas cher. Ce faisant, nous avons droit au spectacle enchanteur d’un arc-en-ciel, qui se dessine devant un orage qui fuit vers les Alpes en arrière-plan.

On revient plus tôt à l’hôtel, pour réorganiser et refaire nos bagages. Demain, nous prenons le train régional pour nous rendre à Lyon. Mais nous reviendrons dans un mois à Genève, pour prendre l’avion qui nous ramènera chez-nous.

Décalage horaire : quelle heure est-il ?

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