croisement

mardi, 24 janvier 2017

une-tempete-dhiver-sur-mont-royal

… un temps exécrable hier sur Montréal…

et pourtant, je la souhaitais cette neige…

nos hivers changent… ce ne sont plus les hivers de mon enfance.

la journée a commencé avec une averse de pluie verglaçante, couvrant les rues et les trottoirs d’une couche de glace… j’ai clopiné glissant jusqu’à la station de métro…

puis, au cours de la matinée, la pluie s’est métamorphosée graduellement en neige… le vent s’est mis de la partie…

je prévoyais flâner un peu dans la ville, mais c’était tellement désagréable que j’ai préféré retourner chez-moi, non sans avoir, auparavant, passé au restaurant-café Saint-Viateur Bagel… La soupe du jour, bœuf et orge, était très bonne, et le sandwich-bagel à la viande fumée, excellent, comme on s’y attend dans cet établissement.

un jeune homme s’est installé à la table devant la vitrine… j’avais déposé ma caméra sur la table…

nous avons entamé une conversation sur la photo… le temps d’avaler un sandwich et une soupe, il m’a raconté qu’il voyage, qu’il observe la rue avec son appareil de photo analogique, qu’il trouve que c’est cher la photo en analogique et qu’il songe à passer au numérique…

je lui ai décrit mon cheminement personnel de photographe amateur.. une tranche de vie en quelques mots…

quelques mots au hasard d’un croisement et chacun a repris son chemin…

une-tempete-dhiver-sur-ave-mont-royal

Début de l’après-midi, au pied du mont Royal

Regard sur la montagne, Avenue du Mont-Royal est
La saison des terrasses est revenue sur l’avenue du Mont-Royal

J’ai cessé depuis belle lurette de me demander si Montréal est une « belle » ville. Lorsque, devant chaperonner des étrangers, je leur offre le tour du propriétaire, je suis frappé chaque fois par ses laideurs. Je côtoie à longueur d’année ses rue bordées d’immeubles qui paraissent en si piteux état qu’on craindrait qu’un vent un peu violent ne les balaie incontinent. Je connais bien ses trottoirs éventrés que j’arpente sans répit. Ses affiches criardes me proposent un anglais qui m’agresse et un presque français qui me hérisse. Certains de ces étrangers aiment Montréal au premier coup d’œil, d’autres se rebiffent. Je ne m’en offusque plus et ne tente rien pour les convaincre. Le pacte que nous avons signé, Montréal et moi, interdit les interrogations trop poussées. Puisque je suis né dans cette ville, et que j’y mourrai très probablement, je l’accepte en bloc.

Gilles Archambault, Puisqu’il faut naître quelque part, dans Montréal des écrivain, 1988