Candide se détache…

Depuis toujours, je consulte de temps en temps mes archives personnelles. Je retrace mes pas, un peu comme le Petit Poucet des Contes de Charles Perrault ; je relis des extraits de mes carnets de notes professionnels, de mes journaux personnels, ainsi que des chroniques que j’ai publiées au cours des quatre dernières décennies.

Il y a un peu plus d’une décennie, l’alliage des systèmes techniques de communication à ceux de l’informatique a suscité une véritable révolution technologique, qui a facilité la constitution d’archives personnelles.

Auparavant, je découpais des articles de journaux et de revues que je rangeais dans des chemises. Au fil des ans, j’ai ainsi collectionné des boîtes d’archives, plus ou moins bien organisées. Depuis un peu plus d’une décennie, j’ai diminué le volume physique de cette collection, au fur et à mesure que je me suis mis à collectionner des marque-pages liés à des documents remisés sur Internet.

De plus, à plusieurs reprises, j’ai tenu une espèce de journal électronique de réflexions, suscitées par des lectures de livres et d’articles, liées parfois à des sources disponibles sur Internet. La nature éphémère de ses archives électroniques est un sujet en soi, sur lequel je reviendrai à une autre occasion.

Pour l’instant, je me contente de révéler ce que j’ai rédigé il y a onze ans et quelques jours, soit un an après le 11 septembre 2001, quelques mois avant l’invasion de l’Irak.

À cette époque, Candide sombrait dans une dépression dont il ne se libérerait que tout récemment. Son point de vue sur la nature humaine n’a pas changé ; il a toutefois appris à s’en détacher, stoïquement. Lire la suite…

Méditation sur le temps qui passe…

Il y a 23 ans, j’amorçais une nouvelle étape de ma carrière. J’avais obtenu un nouvel emploi qui m’obligeait à rehausser mes compétences en rédaction de textes dans ma deuxième langue, l’anglais. Je m’étais donc inscrit à un cours du soir, Essay Writing, à l’université.

Le 11 janvier 1988, à la veille de mon quarantième anniversaire, j’ai donc commencé à rédiger un journal en anglais. Quatre mois plus tard, je remettais un « essai » d’une dizaine de pages pour répondre aux exigences de ce cours. Ce texte s’intitulait « On the Eve of Turning Forty ». C’était le bilan d’un homme, encore jeune, qui avait vécu le Flower Power une vingtaine d’années plus tôt, qui avait participé activement aux mouvements sociaux et politiques de son époque… et qui prenait acte de l’embourgeoisement de sa génération, celle qui avait contesté non seulement les guerres impériales et la course aux armements nucléaires, mais qui avaient aussi remis en question le matérialisme ambiant de notre société.

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