L’arme de l’étiquetage

Catherine Voyer-Léger signe un billet très pertinent sur l’étiquetage racial.

Tout le monde s’entend pour encourager la vertu et dénoncer le mal. L’humain, toutefois, malgré les meilleures intentions, doit constamment surmonter ses contradictions ; il est difficile d’accorder les comportements aux énoncés de principe.

Madame Voyer-Léger a raison d’affirmer qu’en général, « … les étiquettes tendent à réduire le réel et qu’il n’est pas très constructif, pour ne pas dire un peu vain, de tenter de dessiner une frontière entre les gens racistes et les gens qui ne le sont pas. » Elle fait référence aux expressions de racisme et aux différences culturelles. Cette pratique de l’étiquetage au niveau social ou économique, s’exerce toujours aussi dans le contexte plus vaste d’une arène politique.

La pratique de l’étiquetage politique

L’étiquetage, non seulement racial ou social, mais aussi politique, est une arme très répandue dans le monde, qu’on utilise surtout pour éviter le dialogue, l’échange, le débat.

Il faudrait être aveugle pour ne pas constater que la réflexion de Voyer-Léger s’applique au débat qui nous anime au Québec depuis quelques semaines.

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Pourquoi Kearney, Nebraska

Powwow : les hommes Pawnee

Ce n’est pas par hasard, ni pour visiter le Great Platte River Archway que nous nous sommes retrouvés à Kearney, au centre du Nebraska, au mois de juin 2011.

Planifier un voyage est un travail patient et minutieux. Je m’y suis pris à plusieurs reprises pour planifier le voyage que nous avons complété à l’été 2011.

À l’origine, ma conjointe et moi voulions traverser le continent : rejoindre le Pacifique. Mais je caressais simultanément le projet de concevoir un circuit qui aurait retracé le parcours du voyage imaginaire décrit dans Volkswagen Blues, le roman de Jacques Poulin.

Dans un premier temps, j’avais relu le roman, pour me familiariser à nouveau avec cette aventure. Ensuite, j’avais entrepris de recueillir des renseignements, afin d’identifier des sites, des points d’intérêt, des terrains de camping, ainsi que pour tracer une route qui serait le plus fidèle possible à l’esprit du voyage imaginé par Poulin. Parallèlement, je relisais des sources historiques sur l’épopée de nos ancêtres, les premiers Canadiens et les Français qui ont sillonné ce territoire immense de l’Amérique à l’époque de la Nouvelle-France, bien avant les Anglais qui, quelques années après la Conquête de 1760, deviendraient des Américains. Ce faisant, j’ai découvert des éléments d’information que je ne connaissais pas sur le lointain passé de notre continent.

J’ai suspendu ce projet parce qu’il était prématuré : nous n’étions pas vraiment prêts à y donner suite, entre autres sur un plan professionnel. Le temps a passé ; de fil en aiguille, le projet s’est transformé.

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Les apparences trompeuses de la modernité…

Le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Monsieur Bernard Drainville, qui pilote le dossier de la laïcité pour le gouvernement du Québec, a raison d’affirmer que c’est pour mieux protéger les droits individuels des citoyens que le gouvernement se doit d’être neutre sur le plan religieux. Quiconque a le moindrement étudié l’histoire du monde devrait pourtant en être convaincu.

Les opposants au projet du gouvernement de baliser les contours de la laïcité au Québec se présentent systématiquement comme étant les uniques défenseurs de la modernité, du progressisme, de l’avenir. Ils ne se privent pas de qualifier les tenants de la laïcité de « passéistes », de rétrogrades. Ils réussissent même à induire un sentiment de honte de soi et de peur dans la population.

On multiplie les anathèmes : malheur à qui veut remettre en question leur « vache sacrée », le multiculturalisme. Mais ce qu’ils font en réalité, c’est s’acoquiner avec les éléments les plus passéistes, les plus rétrogrades du monde, qui refusent le passage au présent et à l’avenir : les fondamentalistes de tout acabit, qu’ils soient sikhs, hindous, musulmans, juifs ou chrétiens. Les tenants du multiculturalisme canadien, incapables de se mettre à l’écoute des autres, devraient pourtant reconnaître qu’il y a d’autres façons que celle qu’ils préconisent pour promouvoir chez nous la diversité du monde, s’en réjouir et la célébrer.

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Au sujet du projet sur la laïcité de l’état au Québec

L’hôpital Maisonneuve-Rosemont – juillet 2013

 

À la fin de l’hiver 1967, j’ai passé une semaine sur le campus de l’Université de l’Alberta à Edmonton. C’était la première fois que j’allais dans l’Ouest canadien…

Le premier jour de ma visite, un dimanche matin, je sors me promener un peu dans les rues du centre-ville d’Edmonton. Surprise : j’avais l’impression de me trouver dans un petit village rural. Les édifices étaient plus imposants et le quartier un peu plus grand, mais les rues étaient vides. Difficile de trouver un endroit où se faire servir ne serait-ce qu’un jus d’orange, encore moins un déjeuner.

De retour à l’hôtel, j’apprends que tout le monde est en train d’écouter le sermon hebdomadaire du premier ministre de la province, qui était aussi un ministre protestant, diffusé sur les ondes des réseaux publics. Ce fut pour moi une expérience de choc des cultures. Ce ne fut que la première d’une série au cours de la semaine qui allait suivre.

J’y ai constaté que mon voisin était aveuglé par une poutre, qui ne l’empêchait pas de percevoir une paille dans le mien. Lire la suite…