Un pow-wow

Le tambour
Le tambour

Jour 19 – Kearney, Nebraska – 17 juillet 2011 (2)

Ce matin du 17 juin, pendant que nous étions dans la Maison Pawnee, il y eut un orage. Les autorités du Archway voulaient remettre la tenue de la démonstration du pow-wow au lendemain. Les nations autochtones Otoe et Missouria qui avaient été invitées au « Dancers of the Plains », avaient fait un long voyage pour se retrouver sur leurs terres d’origine (consulter le lien pour plus de renseignements sur l’histoire de ces nations). L’événement était si important pour celles-ci, qu’elles ont demandé qu’on retarde le début de la cérémonie, le temps de laisser le terrain sécher suffisamment pour que la tenue de celle-ci soit sécuritaire. Nous avions, nous aussi, fait un long voyage pour venir les voir et apprendre à mieux les connaître.

Un pow-wow est une cérémonie communautaire qui, sous bien des aspects, s’apparente parfois à une cérémonie spirituelle, parfois à un événement civique, une festivité. La tenue d’un pow-wow est régie par un rituel. Ce rituel symbolise une façon de concevoir le monde et une manière de l’habiter.

Longtemps, les autorités religieuses chrétiennes et civiles dominantes, tant au Canada qu’aux États-Unis, ont interdit la tenue de pow-wow. Il était illégal d’organiser une telle manifestation et d’y participer. Les pénalités étaient sévères. Ce n’est que tout récemment, moins d’un quart de siècle tout au plus, que les nations autochtones d’Amérique du Nord ont commencé à se réapproprier leur culture et leurs coutumes. La tenue d’un pow-wow en est une des manifestations les plus significatives de cette démarche.

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Ces écritures imaginées …

Trou de mémoire

Depuis quelques jours, je poursuis, au rythme de la lenteur, ma lecture des Chroniques d’Hector Fabre. C’est un véritable plaisir de lire Fabre, un écrivain « … qui ne cesse de manier un humour délicat », selon le critique du Devoir ; il a offert à ses lecteurs une prose légère, souvent ironique, narquoise, moqueuse, nullement comparable à celle de ses contemporains, Louis Fréchette ou Arthur Buies, pour n’en nommer que deux …

Ce matin, le passage suivant capte mon attention ( page 146 de l’édition de 2007 – lien ci-haut ) :

Le journaliste arrive à son bureau. Installé dans son fauteuil, il se demande sur quoi il va écrire aujourd’hui. Pas le moindre sujet d’article. C’est en vain qu’il repasse en sa mémoire les vieux thèmes sur lesquels il a tant de fois brodé d’étincelantes variations : la verve tarde à s’allumer.

Quel écrivain, surtout un chroniqueur (ou un journaliste tourmenté par un implacable échéancier), ne s’est pas retrouvé, à plus d’une reprise, angoissé devant une feuille blanche de papier ?

De toute évidence, et bien qu’il suggère le contraire, Fabre ne se complait pas longtemps devant une page blanche.

Fin créateur, il libère les cellules du cerveau et laisse les idées s’envoler dans sa conscience pour saisir, tel un chasseur de papillons expérimenté, la première qui virevolte à la portée de son filet. Il reconnaît toutefois, vaciller quelques instants, à tenter de se remémorer ces « vieux thèmes », comme il les qualifient, qui se sont dissipés dans les limbes de ses flâneries.

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Regarder passer les fantômes du temps

… laissant des traces de son passage, sans plus, sans suite…

 

À quoi riment nos vies ?

Nous passons, animés par des forces inscrites dans la composition même de la matière, trimbalés par des courants plus forts que chacun d’entre nous. À très long terme, l’humanité disparaîtra, laissant des traces de son passage, sans plus, sans suite…

Nous sommes éphémères et pourtant nous nous obstinons à vouloir le nier, à vouloir combattre l’inéluctable. Nous persistons à agir et à nous comporter comme si tout ce que nous faisons, chacun d’entre nous, importait.

Réduire la croissance …

Il y a 150 ans, un glacier couvrait tout l’espace de stationnement du Champ de glace de Columbia, dans le Parc national de Banff en Alberta. Photo prise le 21 juillet 2011.

Depuis quarante ans, j’ai conservé et je maintiens toujours des archives personnelles, constituées d’une grande variété de documents publics, des études et des rapports de toutes sortes, ainsi que des coupures d’articles de journaux et de revues sur des sujets d’actualité. Il y a deux ans, lorsque j’ai déménagé à Montréal, j’ai dû faire le ménage dans mes « affaires ». Je me suis débarrassé de la majorité de ces documents, non sans avoir pris des notes sur certains d’entre eux.

Voici un extrait d’une de ces notes.

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Le gaz carbonique : polluant majeur de l’atmosphère, un article publié dans la revue scientifique française La Recherche, no. 91, juillet-août 1978, pages 696-697.

L’auteur rapporte qu’on observe une augmentation du niveau de gaz carbonique dans l’atmosphère tout au long du siècle précédent.  Il fait état de recherches sur l’apport de la déforestation intensive (dû au développement agricole) qui s’ajoute à la combustion de ressources fossiles. Les océanographes s’interrogent sur la capacité des océans à absorber l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère. Il en arrive à la conclusion que les spécialistes prédisent que « si la production anthropogénique se maintient … le taux de CO2 de l’atmosphère aura doublé vers l’an 2020 … Le résultat en est une diminution de la sursaturation en calcite des eaux de mer superficielles, occasionnant une difficulté plus grande pour les organismes marins à former leur coquille. »

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Vous avez bien lu : la date de publication de cet article dans une revue scientifique sérieuse … 1978, il y a 35 ans …

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Au salon du livre…

J’ai passé plus de huit heures au Salon du livre de Montréal, un samedi, il y a quelques semaines.

Étourdissement …

… un véritable labyrinthe ; la surface est vaste ; intimidante même, on peut s’y perdre facilement …

… une abondance de livres et une foule serrée, par instant étouffante — beaucoup de curieux, de badauds, de fouineurs, d’acheteurs, sans compter les professionnels des métiers du livre …

… des retrouvailles auxquelles je ne m’attendais pas, des conversations avec des auteurs, les tables-rondes d’auteurs sur des sujets divers, …

… flâner d’un kiosque à l’autre, tout en prenant des notes sur des livres, et des revues, à emprunter à la bibliothèque éventuellement, …

… un achat seulement, sur l’histoire de l’écriture !

Depuis plusieurs années, je fréquente beaucoup moins les salons du livre. Je fréquente aussi beaucoup moins les librairies. Je suis plutôt devenu un habitué des bibliothèques, la mienne comprise.

Est-ce pour cette raison que je me suis senti si étourdi ce jour-là ? Lire la suite …

Conjuguer ses histoires… pour la suite du monde (3)

Il y a un mois, Radio Canada a lancé une nouvelle série d’émissions, Qui êtes-vous?. Je suis convaincu que cette série témoignera de l’intérêt de beaucoup d’entre nous pour la généalogie. Quiconque passe le moindrement de temps à remonter le temps à la recherche de ses ancêtres constate rapidement à quel point la généalogie est un passe-temps très populaire. Nous sommes tous intéressés à savoir qui nous sommes. Nous voulons connaître nos histoires.

Au cours de la première émission, l’animateur bien connu de jeux télévisés, Patrice L’Écuyer est visiblement touché de se rendre compte que l’histoire de sa famille est inscrite dans celle de notre nation. Je suis persuadé que beaucoup de téléspectateurs ont partagé ses émotions, à chaque étape de ses découvertes ; lorsqu’il s’interroge sur le rôle que son ancêtre aurait pu jouer au cours de la Rébellion de 1837-1838 ; lorsqu’il apprend que Jeanne Mance, qu’on considère comme la cofondatrice de Montréal, a signé à titre de témoin l’acte de mariage de son premier ancêtre en terre d’Amérique, il y a environ 350 ans.

À titre de grand-père, c’est surtout la conclusion à laquelle il arrive au terme de son expérience qui m’a touché : considérant ce que ses ancêtres ont vécu et ce qu’ils lui ont légué, il prend conscience de la responsabilité qu’il lui incombe à l’égard de l’avenir de ses propres enfants. Qu’est-ce que je vais leur léguer ? Lire la suite…