Est-ce islamophobe d’affirmer : Je suis Raif ?

Il y a longtemps de cela, très longtemps… j’ai eu le temps de changer de peau deux fois depuis ce temps.

À cette époque, je travaillais à Ottawa pour une société d’état fédérale à mandat commercial. J’y occupais un poste au sein de l’unité de l’équité en matière d’emploi : l’unité de la police de la rectitude politique, comme on disait dans notre dos. C’était à l’époque où on commençait à s’intéresser, au sein des grandes organisations privées et publiques, aux enjeux de la gestion de la diversité.

Ce matin là, une journée de fin d’automne, il faisait froid et humide ; je devais me rendre à une réunion, dans un autre quartier de la ville. Je descend l’ascenseur, sors du portique, me dirige vers les taxis qui attendent, tels des vautours, les clients ; j’ouvre la porte avant, et m’installe. Le chauffeur, un jeune homme, dépose le livre qu’il lisait. J’observe, discrètement, la couverture du livre. C’est un Livre de poche, un roman de Julien Green.

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Au sujet du projet sur la laïcité de l’état au Québec

L’hôpital Maisonneuve-Rosemont – juillet 2013

 

À la fin de l’hiver 1967, j’ai passé une semaine sur le campus de l’Université de l’Alberta à Edmonton. C’était la première fois que j’allais dans l’Ouest canadien…

Le premier jour de ma visite, un dimanche matin, je sors me promener un peu dans les rues du centre-ville d’Edmonton. Surprise : j’avais l’impression de me trouver dans un petit village rural. Les édifices étaient plus imposants et le quartier un peu plus grand, mais les rues étaient vides. Difficile de trouver un endroit où se faire servir ne serait-ce qu’un jus d’orange, encore moins un déjeuner.

De retour à l’hôtel, j’apprends que tout le monde est en train d’écouter le sermon hebdomadaire du premier ministre de la province, qui était aussi un ministre protestant, diffusé sur les ondes des réseaux publics. Ce fut pour moi une expérience de choc des cultures. Ce ne fut que la première d’une série au cours de la semaine qui allait suivre.

J’y ai constaté que mon voisin était aveuglé par une poutre, qui ne l’empêchait pas de percevoir une paille dans le mien. Lire la suite…