réminiscence

Les cercles de pierre de Callanish,
Hébrides, Écosse, le 7 août 1980

 

recommencements

Je déambule dans mon passé… je dépouille mes archives, je ranime de vieux souvenirs, je me relis, et je redécouvre parfois ce que j’ai égaré dans les replis de la mémoire…

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scintillement – 1974

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le recommencement

la genèse est depuis longtemps conclue
et fossilisée au fin fond des enfers et des cauchemars
et piégées dans les silences entre les synapses
les trompettes de l’apocalypse ne me taquinent plus

j’ai stoppé le temps
j’ai déposé un océan et un continent
des montagnes au nord de l’est jusqu’à l’ouest
un croissant de baie : la mer au sud
entre le passé et l’avenir

l’automne crétois est un soleil qui pendule à l’envers
d’août jusqu’en novembre
et revient par quand octobre glisse en septembre
– comme on glisse en sieste –
au rythme de la mer
au gré du vent du jour

Ierapetra, Crète – Automne 1971


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Rodos, Grèce, avril 1977

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Extase matérielle : cimicifuga, fin octobre 2005 —  souvenir de mon jardin, Gatineau, Québec.

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Montréal, le 19 août 2014

… je me réconcilie avec ce que je fus, avec ce que je suis, ce que j’ai toujours été… mon parcours dans la vie, les choix que j’ai faits, les lignes droites tout autant que les courbes et les détours…

… ne rien regretter — les coups de tête, les crâneries, les démissions, les abstentions… non plus me complaire des illuminations, des quelques coups de génie, des consécrations…

…reconnaître, accepter, ainsi soit-il…

The Open Road : mes road trips américains

 

En 1960, la photographe Inge Morath traverse le continent américain en automobile, de New York jusqu’à Reno, Nevada, en compagnie de Henri Cartier Bresson. Elle se sert autant de sa dactylo portative que de sa caméra pour annoter ses observations.

Ce sont les photos de Morath, que j’ai examinées attentivement en tournant les pages du livre de photos The Open Road ( The Road to Reno ),  qui m’ont inspiré pour piquer ici la courtepointe de mes road trips américains.

Bonnes routes…


winnebago
Camping, South Bend, Indiana – juin 2011 — Les « Native Americans » n’apprécient guère qu’on se serve des noms dérivés de leurs cultures, les noms de tribus ou de leurs grands chefs historiques, pour identifier des marques de commerce, telles, par exemple, la Pontiac, la Winnebago, le camion Chevrolet Apache, ou la Jeep Cherokee… Il est intéressant d’observer qu’après avoir tenté d’éliminer leurs cultures, on en valorise des éléments aujourd’hui.

 

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Winterset, Iowa, juin 2011 — Ville natale de John Wayne et chef-lieu du comté de Madison, où on a tourné le film The Bridges of Madison County, mettant en vedette Clint Eastwood et Meryl Streep. Le jeune couple qui pose devant la statue de John Wayne est venu du Texas jusqu’à Winterset`, pour visiter la maison natale de cet acteur qui a personnifié une certaine image de l’homme américain de son époque.

 

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Ponderosa Campground, Cody, Wyoming, juin 2011 — On peut toujours s’offrir un repas à l’hôtel Irma, au coeur de Cody, la ville fondée par Buffalo Bill Cody, marcher sur la rue principale, entrer dans un magasin, s’acheter un chapeau et une veste de cowboy… Pour admirer une magnifique collection d’art de l’Ouest américain, ainsi que la collection des armes à feu qui ont servi à conquérir l’Ouest, et pour mieux connaître le territoire des Rocheuses, ses paysages, les Indiens des Plaines et, enfin, le personnage de Buffalo Bill Cody, le voyageur devra passer quelques heures, sinon deux jours pour visiter l’étonnant Buffalo Bill Heritage Centre.

 

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Parc national Pecos Pueblo, Nouveau Mexique, juin 2016 — Notre guide, un descendant des Espagnols qui se sont installés dans l’ancienne province du Nouveau-Mexique,  bien avant la conquête américaine il y a plus d’un siècle et demi, raconte une version plus équilibrée de l’histoire de sa région et de ce site, selon les points de vue espagnol, pueblo, et américain.

 

Patrimoine architectural historique de la communauté noire de Cape May, New Jersey, mai 2014 — Au cours des années 60, une terrible tempête d’hiver ravage Cape May pendant quelques jours. Le quatier habité par la communauté noire est plus touché que les autres. Les édiles municipaux, en majorité blancs, qui lorgnaient sur le potentiel immobilier de ce secteur de la ville, manœuvrent pour élaborer un plan de rénovation urbaine. Il reste encore quelques traces du quartier historique de la communauté noire de la ville. En été, un organisme qui veille sur le patrimoine de cette communauté organise des visites guidées, à pied, à l’intention des touristes, pour raconter l’histoire de leur communauté.

 

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Santa Fe, Nouveau-Mexique, juin 2016 — Qui n’a pas rapporté un ou des souvenirs de leurs voyages… du sable de plage, un vase, un crâne de vache… ? Certains souvenirs sont plus modestes que d’autres. La valeur de ceux-ci est souvent plus émotive que monétaire.

 

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Old Faithful, dans le Parc national Yellowstone, juin 2014 — Les visiteurs, venus de tous les continents, se rassemblent graduellement ; l’auditoire s’étale sur le trottoir en bois… on attend… Patience… le geyser si célèbre n’est plus aussi régulier, ni aussi spectaculaire que par le passé. Aussitôt le spectacle presque terminé, il ne faut pas rater l’occasion de prendre une photo, pour le souvenir du moment.

 

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Charleston, Caroline du sud, mai 2014 — Samedi matin, la onzième édition du Charleston Dog Show.

 

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Jetée, Virginia Beach, Virginie, mai 2014 — Quoi faire sur le long de la plage quand la journée n’est pas propice à la baignade ? Toutefois, les pêcheurs doivent parfois faire concurrence aux dauphins qui s’adonnent aussi à cette occupation.

 

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Pike Place Market, Seattle, Washington, juillet 2011. Les voyageurs qui parcourent de longues distances en autocaravane peuvent choisir d’y préparer leurs repas dans leur « maison mobile » plutôt que d’aller au restaurant. Pour s’approvisionner, outre les supermarchés, ils peuvent fréquenter, là où il y en a, les marchés publics, comme celui-ci, toujours animé. De plus, ces voyageurs savent que qui dit marché public dit aussi restauration.

 

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Café, Corning, New York — Une pause après la visite d’un musée, prendre des notes de voyage, consulter les cartes routières, ou avant de reprendre la route…


Je suis en train de préparer une présentation sur mes road trips américains, que je livrerai dans quelques semaines à mon club de photo. J’envisage de décomposer cette présentation en plusieurs thèmes, tout en la clôturant avec une nouvelle version d’un diaporama qui porterait sur la route en soi, telle que vue derrière le pare-brise de notre autocaravane…

Road Trip : Michigan

Début juillet 2016 : sur la I-94, de Saint-Joseph à Détroit

Nous passons une nuit dans un camping très sympathique à quelques km du lac Michigan, l’avant-dernier camping aux États-Unis, avant de traverser la frontière canadienne, sur le chemin du retour, deux jours plus tard.

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Avant de retourner sur la route, nous flânons quelques heures dans la petite ville de Saint-Joseph, une station balnéaire sur le bord du lac Michigan. Il vente beaucoup et une bruine froide couvre la ville tôt le matin. Bien entendu, la plage est abandonnée.

Une plaque historique nous informe que le lieu a été établi par des Français, qui y ont construit un fort, aujourd’hui disparu, à l’époque de la Nouvelle-France. Le rythme de vie est lent dans le centre historique de la ville. Nous choisissons un café, où on sert de bonnes pâtisseries et du café, du vrai, de l’espresso ; de plus, on y vend des produits gourmands, des plats froids pour composer notre repas, plus tard en fin de journée.

Cette très courte visite d’un endroit que nous n’avions prévu dans notre itinéraire nous incite à caresser le projet d’un autre voyage pour l’avenir : celui de longer les rives des lacs Michigan et Huron. Entre autres, on pourrait retracer et suivre les traces des grands explorateurs français des 17è et 18è  siècles, au Minnesota, au Wisconsin, et au Michigan… Beaucoup de nos ancêtres canayens se sont établis dans ces régions, comme en témoignent les récits de Antoine Bernard ( Nos pionniers de l’Ouest, 1949 ), ainsi que Serge Bouchard et Marie-Christine Lévesque  ( Ils ont couru l’Amérique ).

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Le ciel se dégage au moment où, en fin de matinée, nous retournons sur l’autoroute I-94 en direction de Détroit.

C’est toujours étonnant, en filant rapidement sur la route, de contempler les paysages qui changent : quel contraste entre les contreforts des Rocheuses au Colorado et au Wyoming que nous avions laissés derrière nous moins d’une dizaine de jours plus tôt, ainsi que les grandes plaines du Nebraska, les collines ondoyantes de l’Iowa et les prairies de l’Illinois. Au Michigan, il y a plus de boisés et de terres laissées en friche – une agriculture beaucoup moins intensive. Le paysage s’urbanise de plus en plus à l’approche de Détroit.

Le paysage du Michigan est le même que celui du sud de l’Ontario, une région que je connais très bien pour l’avoir arpentée de long en large, à plusieurs reprises pendant des décennies. Beaucoup de marques de commerce nous sont toujours étrangères ; nous calculons toujours les distances en miles plutôt qu’en km ; nous utilisons toujours des dollars américains pour faire le plein d’essence ou pour payer la note dans les restaurants ; mais, le nombre accru de plaques d’immatriculation ontariennes sur la route nous indiquent que la frontière canadienne se rapproche.

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Enfin, nous arrivons à destination. Nous retournons au même camping où nous nous étions installés au début de notre première virée transcontinentale, cinq ans plus tôt, le Detroit Greenfield RV Park.

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Road Trip : du Missouri jusqu’au lac Michigan

Début Juillet 2016 : au milieu du continent

Le jour de la fête nationale américaine, le Fourth of July, aussi appelée Independence Day, nous quittons Omaha et nous passons du Nebraska en Iowa en traversant le Missouri.I-80 Missouri

Deux jours pour traverser l’Iowa et l’Illinois, d’ouest vers l’est, sur l’autoroute I-80… quelques arrêts pour manger, faire le plein d’essence, s’étirer les jambes parfois, dormir une nuit, à quelques mètres du Mississippi, dans un camping entouré de marais et de lacs naturels et artificiels : neuf cent kilomètres, à contempler le paysage des collines ondulantes de l’Iowa et des prairies vertes de l’Illinois…

Le ciel est généralement couvert, mais il ne pleut pas.

Dès qu’on enjambe le Missouri et qu’on passe du Nebraska en Iowa, le paysage devient vallonné, et le type de culture se diversifie : du maïs toujours, mais aussi du soja ainsi que de l’avoine.

Nous remarquons qu’on a commencé à tailler les collines, à les étager, probablement pour faciliter l’utilisation de la machinerie agricole.

Au delà du Mississippi, en Illinois, le paysage change subtilement. L’ondulation des collines qui se suivaient les unes aux autres en Iowa se redresse progressivement.

La circulation se fait plus dense à mesure qu’on se rapproche et qu’on contourne Chicago, puis se dissipe rapidement au-delà de Chicago. On quitte la I-80 pour s’engager sur la I-94 en direction de la prochaine étape : Détroit.

Quelques images…

Jour 1 : l’Iowa

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pour visionner la suite du Road Trip

Flânant dans les hivers de mon enfance…

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Il fait froid depuis quelques jours à Montréal, et les météorologues prévoient que cette vague de froid durera encore deux semaines.

Je ne me plains pas du froid, tout au contraire…

Bien que je vieillisse, j’aime toujours l’hiver…Et c’est en rêvassant que je traverse les parcs de ma ville.

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De vieux souvenirs surgissent souvent lorsque, flânant dans les parcs de la ville, j’entends le claquement sec d’une rondelle de hockey qui va rebondir au loin sur les bandes d’une patinoire. Regarder des plus ou moins jeunes qui jouent au hockey ravivent des sensations de mon enfance… alors que nous nous regroupions entre amis, que nous déneigions la glace si nécessaire, et que nous nous élancions sur la glace au rythme saccadé du crissement des patins… tout en se passant la rondelle les uns les autres, en l’envoyant planer ou en la frappant en direction d’un filet.

Comme la plupart des hommes de mon âge, j’ai appris à jouer au hockey en même temps que j’ai appris à patiner, vers sept ans ; j’ai pratiqué ce sport jusqu’au début de la vingtaine ; je n’étais pas des plus habiles ; je suivais le rythme plutôt que de mener le jeu, et je réussissais souvent à passer la rondelle à ceux qui comptaient les buts.

Il y a une trentaine d’années, j’ai mobilisé d’autres pères pour cerner un terrain vague dans notre voisinage afin de créer une petite patinoire pour les enfants. Nous en avions profité pour organiser, à l’occasion, des parties de hockey en soirée. Des adolescents nous y rejoignaient. Je m’étais rendu compte que j’avais perdu la forme : manque de souffle et faiblesse des genoux… c’est à cette époque que j’ai éprouvé les premières manifestations de l’inéluctable usure du temps.

Aujourd’hui, j’ai de la difficulté à me pencher pour lacer mes souliers… et mes patins.

Je me contente de rêvasser sur le bord de la patinoire…

lhiver-au-parc-laurier

Jeudi matin…

ruelle-lhiver

… j’erre à travers les rues, les ruelles et les parcs de Montréal… une pause au café, une autre pour une session de tai chi hebdomadaire…

portrait-sans-visage

retournant me fondre dans la ville tout en laissant ma voix intérieure ruminer, divaguer, en s’égarant parfois ici, en se concentrant sur une vision quelconque, ou là, en immobilisant la vision, fascinée, sur un objet…

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janvier est doux cette année, quoique parfois ponctué d’une journée froide, ou encore vraiment frette comme on l’dit en canayen ici au Québec… peu de neige, malheureusement…

parc-laurier-debut-janvier-2017mais les augures qui scrutent les données que leur fournissent les instruments qui leur servent d’entrailles de volailles, nous avertissent qu’il y aura une bordée de neige cette nuit… ( les jointures de mes doigts me le confirment ) … et que, à plus long terme, février sera froid ( ce que mes jointures n’ont pas encore perçu ).

parc-laurier

Mardi matin, au marché

À Montréal, en hiver, on se réfugie à l’intérieur dans les deux principaux marchés publics de Montréal. Au Marché Jean-Talon, dans l’arrondissement Rosemont-Petite Patrie, on réduit l’espace pour les étals de fruits et légumes frais et on érige des murs à l’intérieur desquels on peut les vendre à l’abri des éléments. Plusieurs produits sont locaux, telles les tomates cultivées dans des serres. Des oiseaux réussissent à pénétrer à l’intérieur et à s’y établir pour la saison.

Au cours de la fin de semaine, le marché grouille de monde : petits et grands, tout le monde se faufile dans un espace restreint. Si l’on veut éviter cette cohue, il faut s’y rendre en début de semaine.

marche-jean-talon-interieur-lhiver

marche-jean-talon-allee-centrale-hivermarche-jean-talon-allee-centrale-interieur-lhiver

Dimanche matin à la mi-janvier…

… au lever du soleil : une belle heure pour jouer au hockey…

hockey

 

Veille de Noël

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Il a neigé ce matin sur Montréal.

Noël sera blanc cette année.

un matin d’été

couleurs palpitantes

frétillement des cigales

jardin d’ombres intense

... au jardin d'ombres, souvenir de juillet
au jardin des sous-bois, en juillet

route 66

route crevassée

une automobile rouillée

maisons placardées

La route - Souvenir de la vieille Route 66 à Granite City
,,, en longeant la vieille Route 66, à Granite City …

Découvrir où le chemin nous mène

La route - Route de campagne en OhioParfois, alors qu’on croit savoir où on va, on se rend compte qu’on s’engage sur un chemin qu’on ne reconnait pas, qui n’est pas celui qu’on avait prévu, ou qui ne mène pas là où on veut se rendre.

À ce moment, on court le risque de se perdre au détour… mais c’est là que commence la découverte.

La plupart du temps, on ne découvre que ce que l’on veut bien découvrir. Là où commence la véritable exploration toutefois, c’est de découvrir l’inattendu. Et la découverte la plus inattendue que l’on puisse faire, celle qui nous surprendra le plus, c’est de découvrir un nouveau point de vue sur soi-même… Ce peut-être le point de départ d’un autre voyage… Il faut parfois du courage pour s’y aventurer.

Quelques campings sur les Grandes Plaines de l’Ouest

Salina, Kansas – le 8 juin 2016

Cinq heures de route depuis Independence Missouri, incluant l’arrêt pour le lunch sur le bord de l’autoroute. Il fait chaud, très chaud, c’est sec et il vente, il vente très fort, un vent qui soulève la poussière ; mais on est bien à l’intérieur, à l’air climatisé.

Les préposés à l’accueil du camping à Salina, Kansas, nous disent que le mercure du thermomètre s’élèverait rapidement bien au dessus des 100 degrés F s’il n’y avait pas de vent.  On s’installe en milieu d’après-midi, avant l’arrivée de tous les autres voyageurs.

Le camping se remplit progressivement jusqu’en début de soirée. Sur le bord de l’autoroute I-70, au milieu des champs de blé. De passage pour une nuit ; une nuit chaude. On reprend la route tôt le lendemain matin, pour s’engager sur la Piste de Santa Fe.

Camping - Salina
Fin d’après-midi, bien installés à l’ombre, à Salina, Kansas ; en arrière-plan, les camions à remorque filent sur la I-70 vers l’est.


Dodge City, Kansas – les 9 et 10 juin 2016

Après un premier arrêt au cours de l’avant-midi à Pawnee Rock, le lunch à midi dans un restaurant mexicain à Larned, et une visite du site historique du Fort Larned National Historical Park, on file vers Dodge City. On passe la nuit au Gunsmoke RV Park.

Le lendemain, tôt le matin, il fait déjà chaud, très chaud, comme la journée précédente. On part visiter la ville : le Boot Hill Museum, une visite guidée des environs de la ville… ( pour les fans de Lucky Luke, les Dalton, ce n’est pas une fiction ; ils ont réellement existé ; on peut même visiter leur maison familiale à quelques km de distance, un peu plus à l’ouest de Dodge City ). Nous retournons au camping.

Camping - Gunsmoke RV Park
Tôt le matin, un employé nettoie la piscine devant le complexe d’accueil du Gunsmoke RV Park à Dodge City, Colorado.


Las Vegas, Nouveau Mexique – 13 juin 2016

En quittant, on pousuit vers l’ouest sur la US 50, jusqu’à La Junta, Colorado. Nous y passons deux nuits, puis nous filons à nouveau vers le sud, en direction de Santa Fe.

Une dernière halte d’une nuit au KOA, à Las Vegas, Nouveau Mexique, avant de se diriger le lendemain à Santa Fe. Le camping est bien situé sur une colline rocailleuse, mais boisée : un beau paysage montagneux devant notre emplacement. On ne sent pas la présence de l’autoroute 25, juste de l’autre coté de la colline.

Quelques jours plus tard, nous apprenons qu’il n’est pas rare d’y croiser des serpents à sonnettes ; puis, on nous informe par la suite qu’il n’y a plus d’eau au camping de Las Vegas. Nous comprenons alors pourquoi, bien que le camping soit bien entretenu, l’état des douches et des toilettes laisse néanmoins à désirer. Et je ne regrette pas d’avoir été prudent ; je n’y ai pas risqué de m’aventurer dans les sentiers environnants.

Camping - KOA Las Vegas NM
Au camping KOA de Las Vegas, Nouveau Mexique, perché sur un colline rocailleuse devant un paysage montagneux semi-désertique, enchanteur.


Pueblo, Colorado – le 25 juin 2016

Il n’y a qu’une heure et demi de route entre Las Vegas NM et Santa Fe. Nous nous arrêtons au Parc national historique de Pecos avant de nous diriger vers la capitale du Nouveau-Mexique, au pied des montagnes Sangre de Cristo. Nous y séjournons une dizaine de jours, avant de reprendre la route vers la nord… direction Laramie, Wyoming.

Un arrêt de quelques heures à Trinidad, Colorado — un lunch délicieux avant une visite du musée d’histoire locale — la Piste de Santa Fe, la découverte de métal, notamment le charbon, le développement de la ville, les luttes syndicales…

Halte d’une nuit, environ à mi-chemin, en bordure la I-25, près de Pueblo, Colorado. Il fait déjà moins chaud qu’à Santa Fe.

Conversation intéressante avec mon voisin de camping, qui est originaire de la région, mais qui vit aujourd’hui la moitié de l’année à Taos NM et l’autre moitié à Talahasse Floride.

Diane - Camping de South Pueblo
On peut entrevoir un camion sur l’autoroute I-25, en arrière-plan. L’hôtesse vous souhaite la bienvenue à la porte de son domicile sur roue.


Cheyenne, Wyoming – les 29 et 30 juillet 2016

De Pueblo, on roule vers le nord ; on traverse Denver, sans s’arrêter. On poursuit sur la I-25 jusqu’à Fort Collins. On s’engage ensuite sur la US 287, qui longe, pendant quelques instants, la rivière Cache la Poudre, un affluent de la South Platte.

On se retrouve dans les contreforts des Rocheuses ; en quelques minutes, on s’élève jusqu’à plus de 8 500 mètres avant de redescendre à Laramie. Une nuit, une journée à visiter Laramie, puis on file vers la capitale du Wyoming, Cheyenne.

Visite du Jardin botanique le matin ; lunch ; on entre, par curiosité, au Boot Barn, anciennement le magasin phare des jeans Wrangler ( achat d’une paire de jeans et d’un manteau d’hiver, en vente – une véritable aubaine ), suivie d’une visite au Cowgirls of the West Museum en après-midi, puis on se dirige vers le KOA de Cheyenne, à quelques km à l’ouest en bordure de la I-80.

Une deuxième nuit ; une journée complète immergé dans l’univers de l’épopée des trains dans l’Ouest américain ; lunch à l’Albany, à côté de l’ancienne gare de la Union Pacific. Vers la fin de la journée, on subit un orage, une véritable douche. Puis le temps se dégage pour la nuit.

Camping - Cheyenne
Au KOA de Cheyenne Wyoming : des installations minimales, mais un accueil chaleureux. La tempête passe au sud… au-delà de la I-80…

Cheyenne - camping koa

Le lendemain, on entreprend la traversée du Nebraska.

Road Trip : Le Nebraska, de l’ouest vers l’est

Le 30 juin, nous entamons la dernière partie de notre virée à travers l’Amérique. Au cours d’une dizaine de jours, nous traversons quatre états américains et une province canadienne — le Nebraska, l’Iowa, l’Illinois, le Michigan et l’Ontario –, nous franchissons trois fuseaux-horaires — Mountain, Centre, et Est — et, sans nous en rendre compte, nous effectuons une longue descente progressive de plus de 5 500 mètres sur 3 000  kilomètres.

La route -I 80 au Wyoming 2
La I-80, peu avant de passer du Wyoming au Nebraska… toujours le relief plat des Grandes Plaines de l’Ouest américain… très peu d’arbres, mais on commence à observer des étendues de terres cultivées.

Nous embobinons derrière nous, à 75 miles à l’heure ( 120 km/h ) et plus parfois, le ruban de béton des autoroutes, tout en étudiant le paysage qui défile sur l’immense étendue des grandes surfaces planes du centre du continent.

Nous nous offrons deux pauses : un premier arrêt de deux jours, au cours de la fin de semaine du Fourth of July, la fête nationale américaine, à mi-chemin, à Omaha, sur le bord du Missouri, là où l’Ouest bascule dans l’Est de l’Amérique ; puis, après trois jours consécutifs sur la route, un deuxième arrêt, de deux jours, à Leamington, dans l’extrême sud de l’Ontario, pour une réunion de famille.

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Le jardin de Cheyenne

Jardin botanique de Cheyenne - Labyrinthe

Cheyenne, Wyoming – Le 28 juin 2016

Ce jour-là, pour la première fois depuis presque deux mois, nous nous sommes dirigés vers l’est.

Je croyais que je mettrais, ce matin-là, les Rocheuses derrière moi, et que je ne les reverrais plus pour longtemps, sinon jamais. Je me trompais.

Sur l’autoroute I-80, à partir de Laramie, nous apercevons ce qui semble être une longue colline, qui barre l’horizon. Nous ne voyons pas où mène la route.

C’est que rendu dans un détour, nous nous rendons compte que nous sommes en train de nous engager « dans » cette « colline ». Celle-ci nous masque ce qui deviendra une longue ascension… qui nous amènera, quelques miles plus loin et, en quelques minutes, quelque 2 500 pieds plus haut, à environ 8 700 pieds d’altitude, le point le plus élevé de toute notre virée américaine.

Le spectacle qui se déroule devant nous, nous coupe le souffle, presque littéralement. Le moteur de notre autocaravane est assez puissant. Mais il faut tout de même passer en 3è. Nous ralentissons, jusqu’au point le plus élevé : l’autocaravane reprend son élan, et nous avons alors l’impression de planer sur un plateau. Puis, très graduellement, l’altimètre baisse. Une heure plus tard, nous arrivons à Cheyenne, la capitale du Wyoming.

Il est trop tôt pour nous rendre au camping, trop tôt aussi pour les musées, qui n’ouvrent qu’à 11 h 00 pour la plupart. Nous décidons de nous rendre au Jardin botanique de Cheyenne.

Nous n’avions pas d’attente à l’égard de ce jardin. Et, suite à l’expérience vécue au Jardin botanique de Sante Fe, nous hésitions à nous y rendre. Ç’aurait été dommage de ne pas le visiter. Ce jardin est un véritable bijou.

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Road Trip : Deux jours sur l’autoroute I-25, de Santa Fe à Fort Collins

Première journée

Au Nouveau Mexique, entre Santa Fe et le Col de Raton… le plateau est semi-aride, peu à pas d’arbres, parfois quelques troupeaux de vaches… On nous avertit de faire attention à la faune…

Route I-25 NM 2
Un horizon hypnotisant, qui nous enivre, nous aspire… on roule roule roule à toute vitesse…

Au Colorado, une pause… Sur le bord de l’autoroute, une plaque historique. En filant vers le Nord, à 70 miles à l’heure ( lorsqu’on respecte les limites de vitesse ), au pied des montagnes Rocheuses à gauche, qui surplombent un plateau semi-aride à droite.

Route I-25 - Colorado

Route I-25 - Colorado - Rocheuses
Les montagnes à l’ouest de la I-25, face au camping à South Pueblo, Colorado… Fin de la première journée sur la I-25.

Deuxième journée

On traverse des zones plus urbanisées… Pueblo, Colorado Springs, Denver, Fort Collins… Des voies ferrées longent l’autoroute sur de longues distances…

Route I-25 CO Pueblo
Un train de la BNSF ( Burlington Northern and Santa Fe ), vient se coller contre l’autoroute, puis s’en éloigne aussitôt

 

À partir de Colorado Springs environ, on se rapproche des montagnes…

À Fort Collins, nous nous engageons sur une route qui nous amène à travers les montagnes, jusqu’à 8 500 pieds d’altitude, avant de redescendre sur un plateau, vers Laramie, au Wyoming.

Route I-25 CO Zone urbaine
En arrivant à Colorado Springs

L’autre Santa Fe

En attendant l'autobus qui amène les passagers vers le cœur historique de Santa Fe, sur Cerrillos Drive, le matin... La chaîne de montagne Sangre de Christo, en arrière-plan.
Sur Cerrillos Drive, le matin, en attendant l’autobus qui amène les passagers vers le cœur historique de Santa Fe… La chaîne de montagne Sangre de Christo, en arrière-plan.

Nous avons passé une dizaine de jours à Santa Fe.

Il faut bien quitter un jour… poursuivre le voyage…

La veille du départ, nous passons chez un concessionnaire Chevrolet, pour une mise au point des aspects « mécanique automobile » de notre motorhome, notre domicile motorisé — vérification d’huile, de la climatisation, des pneus…

Chez le concessionnaire, on nous offre de nous conduire au centre commercial tout près du garage. Nous y arrivons trop tôt. Tous les commerces n’ouvrent qu’à 10 h 00. Nous marchons un peu dans des couloirs presque vides… à l’exception de vieux de notre âge qui pratiquent la marche rapide d’un bout à l’autre, revenant, repartant… mieux à l’intérieur qu’à l’extérieur… trop chaud à l’extérieur ; d’autres vieux, des hommes, jouent aux échec…

À une extrémité, des bureaux de recrutement pour l’armée, la marine, le corps des Marines, et l’aviation militaire ; à l’autre extrémité, un bureau de recrutement pour la garde nationale. Entre les deux, des boutiques de vêtements, de meubles, d’appareils électroniques, de téléphonie, de soins des ongles… et des comptoirs de nourriture… On constate que beaucoup de locaux sont vides… à louer. Nous en déduisons que ce centre commercial est de construction récente, d’autant plus qu’il y a un nouveau quartier résidentiel qui semble se développer tout autour.

Le temps passe. Une heure et demie plus tard, on nous appelle pour nous informer que le travail est terminé. Le chauffeur de la navette vient nous chercher. C’est un ancien policier à la retraite. Il nous corrige : oui, c’est un développement résidentiel récent tout près ; non… le centre commercial existe depuis plus de dix ans ; c’est que celui-ci ne s’est jamais relevé de la crise économique de 2008. Notre chauffeur ne croit pas un mot de ce que les experts et les politiciens disent à propos d’une reprise économique ; les emplois créés, nous dit-il, sont des emplois précaires, à temps partiel, au salaire minimum. Il est très critique à l’égard du gouvernement fédéral.

Santa Fe - Centre commercial
Un arrêt d’autobus devant un centre commercial au sud de la ville de Santa Fe… une architecture qui se conforme au style dit Santa Fe… des enseignes américaines pour la plupart…

Prendre l’autobus

À l’exception d’une seule occasion, pour aller au Jardin botanique un dimanche matin, je me suis déplacé en transport en commun dans la ville. Les usagers du transport en commun ne sont pas riches. Il y a des gens pauvres à Santa Fe. Ils ne fréquentent pas les secteurs plus touristiques. En passant du quartier du Railyard et de la Guadalupe à celui de la Plaza de Santa Fe, au moment de traverser la rivière Santa Fe, je les ai croisés, des jeunes et des plus vieux, sans travail, qui se retrouvent dans des parcs, tôt le matin.

J’observe attentivement le paysage urbain le long du circuit d’autobus. Même si la plupart des commerces s’efforcent de se conformer à un style d’architecture, selon le style dit de Santa Fe, les enseignes des commerces sur l’interminable Cerrillos Drive nous révèlent que la présence des Espagnols, des Mexicains et des Indiens y est moins forte que dans les quartiers plus touristiques.

La grande majorité des établissements affichent des marques de commerce de chaînes connues : Wal Mart, Walgreen, Verizon, Macdonald, Taco Bell, Wells Fargo, Days Inn… et ainsi de suite pour l’essence, l’hôtellerie, etc. La volonté d’être « différente » est superficielle sous certains aspects ; c’est une marque de commerce, touristique. La ville est américaine et il semble qu’elle se soit de plus en plus américanisée au cours des deux ou trois dernières décennies. Le visiteur venu d’ailleurs qui se confine uniquement dans les secteurs touristiques ne verra pas l’autre Santa Fe.

D’autres types de voyageurs

Nous étions l’exception parmi les visiteurs qui sont venus s’installer au camping du Trailer Ranch RV Resort. Ces gens n’étaient pas venus pour visiter ; les musées et les boutiques d’art et d’artisanat de haute gamme ne les intéressent pas.

Nous venions du Nord ; eux venaient du Sud, une contrée tout aussi mythique pour nous que le Nord l’est pour eux.

Nos voisins, qui ne sont pas pauvres ( ils possèdent un véhicule récréatif ), sont pour la plupart des retraités ; ils fuyaient le Texas, le sud du Nouveau-Mexique, de l’Arizona et de la Californie, où le thermomètre dépassait régulièrement les 110 degrés F depuis des semaines. On étouffe dans le Sud.

Santa Fe, en vertu de son altitude, les attirait pour la douceur de son climat : le ciel est bleu, pratiquement sans nuage, tous les jours, mais le thermomètre se maintient entre 90 et 100… ce qui, pour les habitants de Santa Fe, est perçu comme étant chaud, même durant le mois de juin, le mois le plus chaud de l’année. Curieusement, aucun d’entre eux ne songerait à s’aventurer encore plus au nord, vers le Wyoming, ou le Montana, par exemple. La plupart ne connaissent pas cette région de leur pays. Leur perception de cette région est qu’elle est trop froide.

Les Américains ne cesseront jamais de m’étonner.

Santa Fe – Terminus

La Plaza de Santa Fe, avec le Palais des gouverneurs au bout de la rue. Autrefois, il n’y avait pas d’arbres, ni de bancs pour se reposer. La Place est aujourd’hui un parc. Les Indiens vendent leurs oeuvres d’artisanat à l’ombre, devant la Palais des gouverneurs. La Place est entourée de boutiques qui vendent des objets de luxe à une clientèle principalement constituée de touristes.

Mercredi 22 juin, sur la Old Santa Fe Trail, jusqu’à la Plaza de Santa Fe

Depuis quatre siècles, tous les voyageurs qui arrivent à Santa Fe se hâtent d’abord vers la Plaza Santa Fe, devant le Palais des gouverneurs, le centre historique de cette ville envoûtante.

Il y a environ un peu plus d’un siècle et demi, comme l’illustre le tableau suivant, la Plaza de Santa Fe était le point d’arrivée, la destination de tous les entrepreneurs américains qui s’étaient rassemblés en divers points, au Missouri, pour se lancer à l’aventure sur la Piste de Santa Fe, pour aller échanger des biens avec des clients au Nouveau-Mexique.

À l’inverse, pour les Mexicains qui quittaient Santa Fe en direction opposée, la même Plaza de Santa Fe était un point de départ.

La plupart de ceux qui s’embarquaient dans cette aventure, des commerçants surtout, faisaient le trajet dans les deux sens. La Piste de Santa Fe était d’abord et avant tout un couloir de commerce international. Il faut savoir aussi que la Plaza de Santa Fe était un lieu de rencontres : la route qui menait vers les régions plus au Sud du Mexique, El Camino Real de Tierra Adentro, ainsi que celle qui menait vers l’Ouest, la Californie, se rejoignaient toutes à cette même Plaza.

Dans les musées et les sites historiques nationaux situés plus au Nord et à l’Est, de La Junta ( au Colorado ) à Independence ( Missouri ), on évoque surtout les noms des entrepreneurs américaines. Plus au Sud, au New Mexico Museum of History à Santa Fe, ou au musée local à Trinidad ( Colorado ), on nomme aussi des entrepreneurs néo-mexicains qui se sont aventurés sur cette voie commerciale.

Animé par la curiosité…

J’étais curieux d’aller retracer ce trajet, les derniers pas jusqu’à la Plaza de Santa Fe… de reconnaître les dernières ou les premières longueurs,  selon le point de vue, de cette Piste.

C’est à partir du pont qui enjambe la rivière de Santa Fe ( à vrai dire, plutôt un ruisseau qu’une rivière ), que je me suis dirigé vers l’Est, à  la rencontre d’une caravane imaginaire… qu’on attendait depuis quelques jours, puisque des gens des villages voisins venus à cheval nous avaient avertis qu’une caravane arrivant de Independence, Missouri, était en route, aux environs de Pecos.

Santa Fe - Old Santa Fe Trail 2
À gauche, à quelques coins de rue de la Plaza Santa Fe, sur l’ancienne Route 66 qui, à cet endroit se superpose à l’ancienne Piste de Santa Fe : le Garrett’s Desert Inn. Les voyageurs qui arrivaient de Independence Missouri, vers 1840, 1850, aurait certes apprécié s’y installés.

À l’époque, en 1830, on n’aurait pas aperçu un motel à gauche, sur la route, à quelques pas de la Plaza.

Ce n’est qu’à partir de 1846 que le Nouveau-Mexique a été cédé aux États-Unis, de force, en vertu d’un traité mettant fin à la Intervencion norteamericana en Mexico.  Santa Fe a conservé son statut de capitale du territoire. Des bureaux de l’administration publique du gouvernement de l’État du Nouveau-Mexique sont dispersés un peu partout dans la ville. À droite ( photo ci-haut ), à quelques pas de marche, de l’autre côté de la voie, le flâneur d’aujourd’hui constate la présence d’un bureau du State Land Office, qui gère les propriétés publiques de l’État.

Poursuivons la marche, de quelques centaines de mètres avant de rebrousser chemin vers notre destination…

Les touristes d’aujourd’hui, tout comme les voyageurs d’il y a quelque 150 ans, passeront devant l’église de la Mission San Miguel, une des plus vieilles églises des États-Unis ( érigée il y a environ quatre siècles, à la même époque que la fondation de la ville de Québec ). Le fouineur méthodique féru d’histoire trouvera sur Internet des photos d’époque de cette église : il, ou elle, constatera qu’elle était dans un piteux état au 19è siècle. Heureusement, on l’a restaurée depuis peu.

Les flâneurs curieux qui s’engageront dans la rue, à gauche de l’église, y découvriront un autre édifice, encore plus ancien que cette église.

Santa Fe - Mission San Miguel
L’église de la Mission San Miguel

Santa Fe - Un vieil édifice
La plus vieille maison de Santa Fe, en adobe : c’est aujourd’hui un musée.

Après avoir visité l’église et la maison, le visiteur d’aujourd’hui retournera sur la Old Santa Fe Trail en se dirigeant vers la Plaza.

Il fait chaud, l’avant-midi passe vite, l’heure du lunch approche : on pourrait être tenté de s’arrêter à la pizzeria Upper Crust, où on sert, selon l’affiche, de la Samuel Adams, une marque américaine de bière bien connue, et pas pire à mon avis. Il, ou elle préférera peut-être continuer son chemin : il y a tellement de restaurants sur cette route et dans les environs. Le visiteur retiendra que le voyageur d’antan n’avait pas autant d’options : ce voyageur d’antan n’avait qu’une obsession, se rendre à la Plaza…

Santa Fe - Old Santa Fe Trail
Upper Crust Pizza, sur Old Santa Fe Trail, à Santa Fe

Santa Fe - Architecture Hôtel de luxe
Inn and Spa at Loretto

Une centaine de pas plus loin, nous traversons le pont sur la rivière/ruisseau Santa Fe, on admirera l’architecture du Inn at Loretto, on résistera à l’envie d’entrer dans les boutiques d’art et d’artisanat de l’autre côté de la rue. On passera devant la chapelle Loretto, on se retrouvera face à l’hôtel La Fonda ; on bifurquera à gauche pour contourner cet hôtel, et enfin, on arrivera à la Plaza.

À l’emplacement du légendaire hôtel La Fonda, qui occupe tout le quadrilatère aujourd’hui, il y avait déjà un hôtel qui accueillait les voyageurs dès le début de la création de la Piste de Santa Fe. Le voyageur d’aujourd’hui aurait beaucoup de difficulté à s’imaginer l’apparence de celui-ci, s’il n’existait pas d’archives photographiques de l’époque de la deuxième moitié du 19è siècle. Le voyageur d’antan n’aurait jamais pu s’imaginer non plus à quel point on modifierait les lieux sur une période de cent ans. Après tout, l’évolution de la ville avait été lent au cours des deux siècles précédents, lorsque Santa Fe était un poste frontalier à la limite nord de la colonie espagnole du Mexique.

La grande dame des hôtels de Santa Fe, l’hôtel La Fonda a acquis une réputation enviable, dès sa fondation. Les voyageurs fortunés, dont un grand nombre de personnalités célèbres, qui débarquaient du train qui arrivait à Santa Fe appréciaient le service qu’on y offrait. Le New Mexico History Museum consacre présentement une salle d’exposition à l’histoire de cet hôtel, à son architecture, ainsi qu’au personnel féminin de cet hôtel.

Santa Fe - Hôtel La Fonda
Tourner à gauche sur Water St, puis à droite pour contourner l’Hôtel La Fonda, et déboucher sur la Plaza de Santa Fe…

Mais ce n’est pas à La Fonda que je me suis dirigé en arrivant à Santa Fe à la mi-juin, après avoir passé une semaine à suivre les traces des voyageurs sur des routes modernes, le long de la vénérable Piste de Santa Fe. Ce n’est pas non plus à la Plaza de Santa Fe.

C’est plutôt au camping du Trailer Ranch RV Resort, sur le boulevard Cerrillos, que nous nous sommes installés pour une dizaine de jours. Un des circuits du transport en commun de la ville passe devant ce camping. Les voyageurs ont plusieurs options aujourd’hui : ils peuvent voyager aujourd’hui en train, en avion, en automobile, et en véhicule récréatif. Ce dernier mode de transport nous convient bien.

 

Autoportrait

Je ne pratique pas souvent l’autoportrait.

C’est en parcourant, cet après-midi, une exposition de la photographe Anne Noggle, sur l’autoportrait, dans le New Mexico Museum of Art, que je me suis souvenu m’être livré à cet exercice en visitant un autre musée, le Saint-Louis Art Museum ( SLAM, pour les initiés ), il y a quelques semaines.

En passant d’un étage à un autre, pour passer d’une galerie à une autre, j’ai descendu cet escalier. L’édifice où loge le SLAM est une œuvre d’art en soi, tout comme le New Mexico Museum of Art d’ailleurs, dont vous pouvez admirer des prises de vue extérieures, que j’ai affichées plus tôt cette semaine ( voir ici ).

Autoportrait, au SLAM
Autoportrait, au SLAM
New Mexico Museum of Art - Exposition sur l'autoportrait
New Mexico Museum of Art – Exposition sur l’autoportrait
New Mexico Museum of Art - Escalier intérieur
New Mexico Museum of Art – Escalier intérieur
New Mexico Museum of Art - cour intérieure
New Mexico Museum of Art – cour intérieure