Iowa – Le potager de l’Amérique

Des Moines et Madison County

Les 11 et 12 juin

Nous poursuivons notre cheminement sur la I-80 vers l’Ouest. Le paysage change dès qu’on s’éloigne des villes en périphérie de Chicago. Les petites fermes et les petits boisés du Michigan deviennent peu à peu un souvenir.

La plaine du Mid-West américain n’est pas un terrain plat; c’est plutôt une plaine vallonnée, très agréable à l’œil. À la limite ouest de l’Illinois, on enjambe le Mississippi qui a déjà l’allure d’un grand fleuve. On pénètre en Iowa, le potager de l’Amérique. C’est une région agricole avant tout, mais on y trouve aussi une activité industrielle, principalement liée à l’agro-alimentaire.

Il a beaucoup plu et le temps a été frais tout au long des mois de mai et juin partout en Amérique du Nord. Les champs n’absorbent plus l’eau des orages qui se succèdent de façon un peu déprimante.

Les distances sont longues. Nous passons la journée sur la route. Nous arrivons en fin d’après-midi à Des Moines. Le soleil fait une apparition dès que nous arrivons au terrain de camping. Les francophones d’Amérique tout autant que ceux d’Europe et d’Afrique ne reconnaîtront pas la façon dont les Américains prononcent le nom de la capitale de l’Iowa : Des Moines. Il est d’ailleurs difficile de le transcrire avec fidélité.


Samedi matin…

Nous sommes partis depuis plus d’une semaine. Il est temps d’aller faire notre marché pour remplir le garde-manger et le réfrigérateur : œufs, fromages, pain, fruits et légumes… Nous nous rendons donc au « Farmers’ Market », le marché des fermiers au cœur historique de la ville de Des Moines… une véritable fête qui attire plus de 15 000 personnes à chaque semaine. Il est difficile de trouver du stationnement.

La foule est dense. Le soleil suscite la bonne humeur, autant chez les producteurs que chez les clients. L’ambiance est festive. On jase avec les producteurs, on goûte, on se laisse tenter. Nous avons trouvé du bon « bacon » aromatisé aux bois de pommier, « un » bon fromage (un peu dispendieux toutefois), du pain artisanal, un miel délicieux. Et on découvre que les Québécois n’ont rien à envier aux gens de la place. Nous ne nous attendions pas à trouver les produits auxquels nous sommes habitués au Québec. Mais nous avons été surpris du peu de variété et de la qualité moyenne de la production locale en Iowa.

L’apiculteur prend le temps de jaser avec une cliente venue de loin

Dans un article qui a été publié il y a plus d’une centaine d’années sur l’art de voyager (reproduit dans L’Art de l’oisiveté), Hermann Hesse déplorait la mauvaise habitude de ses compatriotes de vouloir retrouver à l’étranger ce qu’ils ont pourtant laissé chez eux : exiger, par exemple, une bière ou de la saucisse à leur goût, en Sicile.

Toutefois, tout en demeurant ouvert d’esprit et en adoptant une attitude de curiosité, il est bien naturel de comparer. C’est à se demander comment, dans une nation qui se vante de la diversité de ses origines, composée de gens dont les ancêtres sont venus de toutes les régions du monde, on a pu oublier comment préparer la nourriture. On y affirme que le modèle du marché qui y domine est le plus efficace : où l’intérêt égoïste de l’un s’équilibre à celui de l’autre, pour offrir ce qu’il y a de mieux, au bénéfice des clients. Il faut bien constaté que le modèle est imparfait, puisque, aux États-Unis, il impose une uniformisation des goûts, un nivellement de la qualité par le bas, la facilité.


Samedi après-midi

Nous avons poursuivi notre exploration de l’univers rural de l’Iowa en visitant le site thématique du « Living History Farms ». Nous y avons passé un moment des plus instructifs et agréables.

Le site est situé au cœur de la région urbaine de Des Moines. Pourtant, dès qu’on franchit l’entrée au centre d’accueil, on a l’impression de se retrouver non seulement en campagne, mais aussi dans un autre siècle.

Après avoir passer du magasin général à l’apothicaire, et de la boutique de la modéliste à l’atelier d’imprimerie, parmi d’autres dans l’aire de la reconstitution d’un village rural typique de la fin du 19e siècle (1875), on se dirige vers l’univers des trois fermes de trois époques différentes : une ferme du 17e siècle, du peuple des Ioway, qui ont commercé avec les Français avec les coureurs de bois de la Nouvelle France jusqu’à l’arrivée des Américains à la fin du 18; une deuxième ferme, des années 1850 des premiers colons américains, et une troisième, un demi-siècle plus tard, des descendants de ces colons.

Reconstitution : la rue principale du Village de Walnut Hill, vers 1875

Ce qui nous a le plus impressionné de cette visite, c’est le souci pédagogique qui anime cette entreprise. Tout ce qu’on y montre est le résultat de recherches historiques sérieuses et bien documentées.

Plusieurs conversations avec les guides-animateurs (docent), qui nous expliquent la vie quotidienne des gens il y a quelques siècles, nous ont révélé qu’ils et elles sont des diplômés de sciences humaines, surtout en histoire. Ils sont employés à plein temps, toute l’année, et non pas seulement pendant la saison touristique.

Au cours de l’année scolaire, ils vont dans les écoles de la région, animent des conversations entre des jeunes et des personnes âgées, afin de stimuler le partage des expériences et de rendre vivante cette transmission des connaissances sur le passé.

Le bureau de poste était situé dans le magasin général. On y trouvait de tout et on y venait non seulement pour acheter ce qu’il fallait, mais aussi pour y jaser, prendre des nouvelles. C’est notre point de départ dans le village et les environs

Les ponts de Madison County

Dimanche matin…

Le temps était incertain lorsque nous avons entrepris une activité typique du dimanche : laisser couler le temps, lentement, faire une randonnée en automobile pour visiter les ponts de Madison County.

Madison County, le dimanche, c’est tranquille. Comme dans le film de Clint Eastwood, qui le mettait en vedette avec Meryl Streep.

Les ponts couverts de Madison County ont été bien conservés. Et ils attirent beaucoup de visiteurs, ce qui suscite une activité économique qu’on apprécie dans la région. Nous ne sommes pas les seuls à les avoir visités ce jour-là.

Il faut bien avouer que ces ponts conservent un cachet bien romantique. Mais ce n’est pas leur seule valeur et la Chambre de commerce locale du chef-lieu du comté le sait bien. Ils ont acquis, grâce à la popularité inattendue du film, une valeur commerciale. On n’aura pas avantage à les abandonner, à les laisser dépérir.

Il n’y a pas beaucoup d’activité à Winterset le dimanche matin, même au début de la saison touristique. Un service religieux… à deux pas de la maison natale de John Wayne. Puisque Winterset, le chef-lieu du comté, est aussi le village natal de John Wayne. Celui-ci attire tout autant les visiteurs que les ponts d’ailleurs. Mais ce n’est pas la même clientèle.

Il est intéressant d’observer le contraste entre les deux modèles d’homme que représentent John Wayne et Clint Eastwood : deux générations différentes, mais encore plus, deux systèmes de valeurs. L’agent en service au bureau d’information touristique de Winterset nous a confié qu’il pouvait d’ailleurs reconnaître, avant même qu’ils s’identifient, les touristes intéressés à l’un plutôt qu’à l’autre, entre John Wayne d’une part et les « fans » de Clint Eastwood.

Ceux qui ont vu le film se souviendront d’une scène dans un restaurant où le personnage de Clint Eastwood se lève sans terminer son café pour protester contre l’esprit mesquin des gens de la place. Nous y avons pris notre repas du midi. Une dame d’un âge respectable a dit à ma conjointe : « You’re so young… For you, it’s Clint Eastwood… John Wayne is more my type of man. »

Le film « The Bridges of Madison County » est basé sur un roman, qui raconte une histoire dont certains soutiennent qu’elle est vraie. C’est d’ailleurs presque un reportage autant qu’un roman. Le personnage que joue Clint Eastwood dans le roman aurait existé. Le personnage de la femme, Francesca, que joue Meryl Streep, aurait aussi existé. C’est un tableau bien fidèle de l’Amérique de l’époque des années 60 …

Finalement, le soleil a parfois percé les nuages au cours de la journée. Parfois, il est tombé quelques goûtes, sans nous importuner toutefois. Nous nous attendions à une randonnée bien ordinaire. Une journée pour faire de la photo… Ce fut aussi une journée très instructive.

 

Starved Rock State Park

Jour 11 : 9 juin 2011

Les grands explorateurs français de la Nouvelle-France

Les premiers Européens qui ont exploré tout le territoire que nous traversons depuis une dizaine de jours ont été des Français : des explorateurs, des aventuriers, des coureurs de bois. Ces derniers ont commercé avec les autochtones et certains ont établi des racines. Ils y ont pris femme et fait des enfants, leur laissant leurs noms.

Au sud de l’Illinois, ils ont établi des fermes, des villages et des forts plus permanents. On trouve aussi leurs traces partout, jusqu’aux Rocheuses : noms de lacs et rivières, de villes et de villages, de rues… Des Moines, Eau Claire, Belle Plaine, Belle Fourche, Cœur d’Alène.

La mémoire est une faculté sélective. La mémoire des peuples choisit de cultiver certains souvenirs plus que d’autres; elle évolue aussi avec le temps. Les gens de cette grande  région du Middle-West que nous explorons à notre tour, au début du 21è siècle, savent que l’origine de beaucoup de ces noms est française. Ils n’en savent guère plus cependant. Les Américains sont en général assez discrets sur le rôle qu’ont joué les Français dans la région. Lire la suite …

Chicago

Chicago

Jours 8 à 10 

Deux jours à Chicago et un jour de récupération

Dès qu’on descend du train de banlieue à la station LaSalle au cœur du quartier financier de la ville de Chicago, on change de rythme de vie. Ici, pas question de « slow travel » ou de « slow food », ou tout simplement de ralentir… on accélère plutôt le pas, vite, brusquement, tout de suite!

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Jours 6 et 7 : Sur les routes…

Entre Détroit et Chicago

Après avoir quitté notre camping en banlieue ouest de Détroit, nous aurions pu atteindre Chicago au cours d’une seule journée. Nous avons choisi de le faire en deux jours.

C’est un voyage au long cours que nous effectuons. Des centaines, des milliers de kilomètres — quelques milliers de « miles », puisque nous sommes aux USA. À l’automne dernier, en France, nous nous sommes rendus compte, que pour ce genre de voyage, il est important de se rythmer. Il est facile de s’épuiser si on n’y porte pas attention. La fatigue peut ruiner le plaisir, atténuer les sens… On devient impatient, on n’écoute plus, on regarde mais on voit moins, on se ferme l’esprit.

C’est pour cette raison que nous éviterons, autant que cela est possible, d’additionner les milles au cours d’une même journée : trois heures de route, si nécessaire quatre… Exceptionnellement, et parce que nous n’aurons pas le choix, il y aura des journées où nous devrons accumuler cinq heures de route ou plus. Nous nous relayons derrière le volant et nous nous offrons le luxe de pauses fréquentes.


Le paysage du Michigan ressemble à celui de la province canadienne voisine, l’Ontario, que nous connaissons très bien. Mais les aires de repos installées le long de la I-94 sont très différentes de celles parsemées le long de la 401, de la frontière du Québec jusqu’à Windsor.

Les centres de services de l’Ontario sont commerciaux. Les aires de repos du Michigan n’offrent que les services essentiels : toilettes, machines distributrices, tables de pique-nique, présentoirs de dépliants touristiques publicitaires. Elles sont bien aménagées. C’est dans ce décor très agréable que nous avons diné, dehors, sur une table de pique-nique, à l’ombre, par une belle journée ensoleillée.

Aire de repos typique du Michigan

Ce qui étonne aussi en voguant sur l’autoroute I-94 au Michigan, c’est le nombre de carcasses d’animaux morts qu’on observe sur le bord de la route : des chevreuils (cerfs de Virginie) surtout, mais aussi des animaux plus petits. Quiconque a déjà vu un chevreuil traverser la route devant soi alors que la voiture file à 100 km/h, sera partagé entre l’admiration et la peur. On est impressionné par la beauté et l’agilité de l’animal. Mais on comprend vite à quel point une collision avec un chevreuil peut être dangereuse, voire fatale autant pour l’animal que pour les personnes qui se retrouvent dans le véhicule. En Illinois qu’on a dressé des affiches sur le long des routes, pour recommander la prudence à l’égard d’animaux comme les chevreuils. Étonnamment, nous avons observé beaucoup moins de cadavres d’animaux dans les autres états.

Nous avons quitté l’autoroute I-94 afin de faire le plein d’essence. C’est à ce moment que nous avons choisi de rouler vers le sud plutôt que vers l’ouest, sur des routes secondaires moins achalandées, à deux voies qui s’opposent, en direction de l’Indiana et de notre terrain de camping tout près de Grand Bend. Nous y sommes arrivés assez tôt en après-midi. Auparavant toutefois, nous nous sommes arrêtés sur le bord de la route, pour faire une petite épicerie.

Nous y avons demandé si nous pouvions payer avec un chèque de voyage d’American Express. La gérante du magasin nous a raconté qu’elle avait utilisé des chèques de voyage lorsqu’elle avait accompagné son mari en Europe à plusieurs occasions, alors que celui-ci travaillait toujours pour IBM. « But you know, these times are over now… », a-t-elle ajouté, d’un ton nostalgique, résigné… Nous n’avons pas cherché à connaître ce que signifiait cette remarque.

Le lendemain, un dimanche, nous avons repris la route… sans nous presser : de nouveau, une autoroute, la I-90 cette fois, jusqu’à Joliet, en banlieue ouest de Chicago. Juste avant de passer de l’Indiana à l’Illinois, nous nous sommes arrêtés dans une aire de repos : un centre de service où on a le choix de fréquenter plusieurs restaurants… pas de table de pique-nique. Nous mangeons dans notre autocaravane, à côté de camions beaucoup plus gros.

Encore une fois, nous arrivons tôt au camping. Nous y passerons quatre jours avant de reprendre la route. Il fait chaud, très chaud : le thermomètre oscille entre 30 et 36 C.

On se repose… le lendemain, nous entreprenons notre visite de la ville de Chicago.

Le Detroit Institute of Arts

Détail d’une des gigantesques murales de Diego Rivera au DIA

3 juin 2011 : Jour 5

Détroit a tellement mauvaise réputation que nous allions contourner la ville sans nous y arrêter. Ç’aurait été dommage. Il y a quelques semaines, en fouinant sur l’Internet, j’ai lu un article sur un site d’information « alternatif » : on y faisait état des efforts de groupes de citoyens pour revitaliser leur ville, Détroit. Quelques jours plus tard, j’ai lu un autre article, dans le New York Times cette fois, qui suggérait au lecteur quelques endroits à visiter, tout en faisant aussi état de la volonté des autorités municipales de rehausser la réputation de leur ville. J’ai donc poursuivi ma recherche. C’est ainsi que j’ai décidé d’insérer une courte visite de cette ville dans notre itinéraire de voyage.

C’est dans le cadre de ma recherche que je découvre le DIA. Une visite au Detroit Institute of Arts s’impose à mon esprit  pour trois raisons principales : sa galerie d’art amérindien, le hall des murales de Diego Rivera et la galerie d’art américain.

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Le Greenfield Village, Dearborn Michigan

Jour 4 — 2 juin 2011

Visite du Greenwich Village, à Dearborn, Michigan

Lorsque nous nous sommes inscrits au camping Detroit Greenfield RV Park en banlieue de Détroit, j’ai demandé aux deux personnes à l’accueil si la visite du complexe Henry Ford en valait la peine. Elles ont esquissé un grand sourire, celui des personnes qui connaissent un secret qu’elles veulent bien partager. Elles m’ont assuré que oui, mais qu’il nous faudrait prévoir d’y passer beaucoup plus qu’une journée pour tout voir.

Visiter le Greenfield Village, c’est faire un voyage dans le temps. On retourne à l’époque où Thomas Edison et Henry Ford inventaient respectivement l’ampoule électrique et l’automobile, tandis que les frères Wright devenaient les premiers à s’envoler dans le ciel et que Noah Webster rédigeait un nouveau dictionnaire de la langue américaine.

C’était une période magique pour une nation encore jeune, qui venait de sortir de l’épreuve traumatisante d’une guerre civile, qui croyait dans sa destinée; c’était une société qui se voulait ouverte et accueillante, qui s’épanouissait : tout était possible… un modèle pour le reste de l’humanité. On croyait à l’Amérique, à ses espaces immenses, ses richesses, son potentiel…

Il y a, bien entendu, deux côtés à toute médaille. C’est probablement une tout autre histoire, un tout autre point de vue que les descendants des premiers habitants du continent nous raconteront de cette même époque lorsque nous traverserons les grandes plaines dans quelques semaines.

Noah Webster est présenté comme étant le maître d’école de la nation. Est-ce qu’on respecte autant aujourd’hui les maîtres et maîtresses d’école de la nation comme le faisaient les générations qui nous ont précédés?

***

Henry Ford est devenu très riche en inventant le processus continu de fabrication des automobiles. Au cours des années 20, il décide de financer non seulement la construction d’un musée, mais aussi la reconstitution d’un village typique des États Unis de la fin du 19e siècle. Il fait démonter et reconstituer le laboratoire de son ami Thomas Edison, ainsi que d’autres édifices typiques de cette époque : le magasin général, les ateliers de mécanique générale, une ferme, etc. Le complexe Henry Ford est une institution d’éducation populaire; toute personne curieuse de mieux connaître une version de l’histoire et de la société américaine d’il y a une centaine d’années y apprendra bien des choses.

C’est étonnant de constater à quel point on prend pour acquis plusieurs de ces inventions, comme celle de lumière électrique, qui ont été élaborées, expérimentées et mises en œuvre à grande échelle à cette époque.
Reconstitution de la centrale électrique expérimentale de Thomas Edison. Il fallait générer beaucoup de pouvoir pour illuminer une ville artificiellement la nuit.
Un arrêt à la Eagle Tarvern, pour le lunch…
Un plat traditionnel délicieux, une bière excellente, une expérience agréable…
Le temps d’un digestif, avant de retourner flâner dans le village…
L’intérieur de la rotonde du dépôt ferroviaire adjacente à la gare de triage
Un tour autour du village

Il est intéressant de se promener ainsi, pendant toute une journée, et de jaser avec les « guides ». C’est là qu’on découvre un autre visage de l’Amérique : celui de l’Amérique d’aujourd’hui. L’observateur qui écoute et observe attentivement pourrait soupçonner qu’il y a des fissures sous la façade. De tous petits détails sont révélateurs.

Un grand nombre de ces « guides/présentateurs » sont des personnes assez âgées. C’est bien et c’est là un grand avantage d’avoir des personnes qui ont connu une autre époque pour parler aux plus jeunes en connaissance de cause de certains aspects de la société d’il y a un siècle. Par contre, certains commentaires de ces guides, glissés au sein d’une conversation nous suggèrent un autre portrait de l’ambiance qui règne au sein de l’Amérique d’aujourd’hui.

Certains apprécient d’avoir un emploi à temps partiel, pour une partie de l’année : « Cela me tient occupé », de dire un tel. Celui-là connaît très bien l’édifice où il « travaille », ainsi que la fonction qui y est attachée. Il a plaisir à expliquer comment fonctionnait tel appareil, quelle était son importance. L’autre, dans la bâtisse d’à côté, est mal à l’aise lorsque nous lui demandons des questions trop précises. Tel autre déplore le fait que les guides ont un horaire et qu’ils ne sont pas assignés à une tâche particulière; ils doivent apprendre plusieurs routines. La rotation les importune. Un dernier se sent obligé de justifier son comportement devant un superviseur.

Passant devant la pension de Sarah Jordan

Lorsque nous exprimons l’avis, d’un ton léger, que ce doit être un plaisir de conduire une vieille voiture Ford d’époque, le guide répond poliment, sans le dire expressément, que « c’est un emploi, pas très bien rémunéré ». Combien de ces gens, dont certains étaient des professionnels à une époque récente, travaillent plus par obligation que par intérêt? On devine que la crise économique se profile en arrière-plan.

On est loin de l’atmosphère qui régnait dans ce même pays il y a cent ans.

Départ – Traversée de l’Amérique

Jours 1, 2 et 3

Sur le pont Champlain, à la frontière du Québec et de l’Ontario… le début du voyage

Le 30 mai, nous partons à nouveau pour un long voyage de plusieurs semaines. Nous irons jusqu’au Pacifique, en traversant les Grandes plaines américaines et les Rocheuses. On franchira les frontières non seulement du Canada et des USA, mais aussi celles de nombreux états américains.

Moins de quinze minutes après le départ, nous traversons la première, celle de l’Ontario et du Québec.

Depuis trois jours, nous avons parcouru environ 900 kilomètres.

Le deuxième jour, nous avons fait une escale à l’usine où fut fabriquée notre autocaravane il y a sept ans : une Roadtrek 200 Versatile. Ce véhicule deviendra notre appartement mobile au cours des prochaines semaines. Notre guide nous a expliqué que l’activité dans l’usine était beaucoup moins intensive aujourd’hui qu’il y a trois ans. Ils fabriquent une douzaine de véhicules récréatifs par semaine présentement; il y a trois ans, le rythme de production était plus du double — trente-deux par semaines, lorsqu’ils fonctionnaient à pleine capacité. La crise économique a touché l’industrie des véhicules récréatifs durement.

J’ai été particulièrement impressionné du souci de la qualité du produit qu’on livre au client. Notre véhicule est conçu pour durer des années. C’est rassurant.

C’est ce matin, au début de la troisième journée de notre périple que nous avons traversé la frontière américaine, à Port Hope, Michigan.

Sarnia ON — Port Huron MI

Le passage à la douane a été relativement facile et rapide. La douanière nous a demandé si nous transportions divers aliments : poivrons, citrons et autres agrumes, tomates. Nous en avons été quitte pour lui laisser deux citrons et une dizaine de petites tomates cerises. Le plus ironique, c’est que nous avons acheté ces produits originaires des USA chez un marchand de fruits et légumes de chez-nous. Cet après-midi, nous avons fait une épicerie aux USA, non loin du terrain de camping que nous avons réservé pour quelques jours. Nous y avons trouvé des tomates cerises, importées du Mexique… allez y comprendre quelque chose.

Demain, c’est dans le temps que nous irons voyager : nous nous baladerons dans une reconstitution d’un village américain composé d’édifices datant de la fin du 19e siècle. Le lendemain, nous avons l’intention d’aller visiter le Detroit Institute of Art.

À suivre…

La fleur de lys sur son sac de dos…

Le Moyen-Orient bouillonne depuis quelques semaines.

Je pense souvent à ce jeune homme que nous avions croisé l’automne dernier, à la sortie du camping de Bordeaux-Lac, à l’arrêt de la ligne d’autobus qui nous amenait au terminus de la ligne de tramway. Lire la suite…

Écritures éphémères

Écriture publique - Thé glacé
… merci !

Bien souvent, une écriture conçue pour être circonscrite dans le temps pourra acquérir une dimension sentimentale qui lui vaudra qu’on veuille la conserver : un billet de remerciement, une carte de souhait, une carte postale…La plupart du temps toutefois, l’écriture est éphémère… des notes de travail, une annonce sur un babillard, un échange de numéro de téléphone…

On ne conserve pas ces écritures. On jettera à la poubelle la première ébauche d’un rapport ou celle d’un compte-rendu d’une réunion, une liste d’épicerie ou de choses à faire… On effacera au cours de la journée même le menu du jour dans un restaurant…

La plupart du temps d’ailleurs, les outils dont on se sert pour ce genre d’écriture… crayon, craie, même les stylos-bille, sont aussi éphémères que les traces qu’ils ont laissées sur un support matériel. Les utiliser revient à les détruire. Pourtant, ils sont omniprésents dans nos vies.

Prise de notes éphémères
Prise de notes éphémères

A shorter English version of this text can be found on Rhodia Drive.

Éphémérides

Une gaine de papier-collant enserre une partie de l’affiche sur le poteau de téléphone. Le papier déchiré révèle à l’observateur attentif la dure réalité des marques du temps. J’en déduit qu’il y eut une conférence sur Platon quelque part…

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L’humain abat les arbres des forêts, les déforme, les transforme, les informe.

L’humain abat ces arbres et les déchiquette pour en faire du papier, sur lequel il imprime des informations, des conversations, des messages, des annonces de vente de garage, de cours de danse, des mots d’amour, des réflexions…

Il les taille aussi, pour en faire des poteaux de téléphone, qu’il replante dans le sol des villes, tels de grands crochets, pour y tisser des réseaux de fils de métal. Il y stimule des électrons, qui se relaient pour porter des messages éphémères, se codant, décodant, se recodant à nouveau, se répondant, se croisant, s’entremêlant, se composant et tournant en rond dans une tour de Babel…

Le tout se décompose, lentement, devient artefacts, pour l’examen de générations à venir : ravages du temps…

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La pensée immatérielle, lorsque matérialisée par les écritures, traverse les âges miraculeusement… autrefois entreposée dans des cavernes oubliées et dans des bibliothèques tapissées de volumes de parchemins défiant le temps, aujourd’hui dans des nuages de données invisibles…

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En flânant, au hasard du temps qui passe, auriez-vous perdu un code?

Méditation sur le temps qui passe…

Il y a 23 ans, j’amorçais une nouvelle étape de ma carrière. J’avais obtenu un nouvel emploi qui m’obligeait à rehausser mes compétences en rédaction de textes dans ma deuxième langue, l’anglais. Je m’étais donc inscrit à un cours du soir, Essay Writing, à l’université.

Le 11 janvier 1988, à la veille de mon quarantième anniversaire, j’ai donc commencé à rédiger un journal en anglais. Quatre mois plus tard, je remettais un « essai » d’une dizaine de pages pour répondre aux exigences de ce cours. Ce texte s’intitulait « On the Eve of Turning Forty ». C’était le bilan d’un homme, encore jeune, qui avait vécu le Flower Power une vingtaine d’années plus tôt, qui avait participé activement aux mouvements sociaux et politiques de son époque… et qui prenait acte de l’embourgeoisement de sa génération, celle qui avait contesté non seulement les guerres impériales et la course aux armements nucléaires, mais qui avaient aussi remis en question le matérialisme ambiant de notre société.

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Je voulais tout simplement renouer avec le plaisir d’écrire à la main…

Reconstitution personnelle de vieux souvenirs de l'enfance... pupitre d'écolier, encrier, encre, plumes, porte-plume, papier buvard, coffre à crayons...
Reconstitution personnelle de vieux souvenirs de l’enfance… pupitre d’écolier, encrier, encre, plumes, porte-plume, papier buvard, coffre à crayons…

Rien n’est plus léger que de tenir une plume, ni plus heureux; les autres plaisirs sont éphémères, et leurs ravissements nocifs. La plume apporte la joie quand on la prend en main, et la satisfaction quand on la pose.

Pétrarque

Mes plus lointains souvenirs sont liés à l’écriture. J’ai toujours aimé écrire, tout comme j’ai toujours aimé lire. Néanmoins, le plus lointain souvenir que je puisse rappeler à la surface de la conscience est vague, imprécis : tracer des suites infinies de lettres sur des lignes dans un cahier d’écolier, avec une plume qu’on trempait dans l’encre. De grandes grosses lettres… aussi belles et parfaites que le bras et la main d’un enfant pouvaient le faire. Bien entendu, on tachait la page blanche du cahier de pratique et on se tachait les mains d’encre… Il fallait bien casser les œufs pour faire une omelette, n’est-ce pas?

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Voyager en France en auto-caravane

Septembre et octobre 2010

 

Farniente… l’après-midi, fin septembre, sur le bord de la Méditerranée, au sud de Barcelone… un courant d’air frais traverse l’autocaravane…

Comment s’y prend-on pour parcourir 3 000 kilomètres pendant six semaines, sans changer de chambre à tout bout de champ, sans avoir à refaire ses valises à tous les deux ou trois jours, ou même à chaque semaine, et en ne mangeant dans les restaurant qu’environ une fois sur trois en moyenne?
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Dernière journée à Lyon — visite de la Croix Rousse en matinée…

Mercredi 13 octobre, Lyon :

un retour aux sources des mouvements ouvriers modernes en Occident

C’était notre dernière journée complète en France. Rappelons qu’il y avait grève générale ce jour-là en France.

Nous décidons de visiter le quartier de la Croix Rousse en matinée. Une visite opportune en quelque sorte, étant donné le climat social en France.

La Croix Rousse, vue de la rive droite du Rhône…
toute une colline à monter.

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Digérer le voyage, le refaire et le raconter

Gatineau, le 6 novembre

Il y a un mois, lorsque j’ai affiché ma dernière rubrique dans ce carnet électronique, nous amorcions la dernière étape de notre voyage à travers le sud de la France.

Le mouvement social de protestation contre la réforme du régime de retraite prenait de l’ampleur et on avait annoncé la tenue de journées de grève pour la semaine qui suivrait. On avait de surplus évoqué la possibilité que les journées de grève se prolongent sur plusieurs jours, notamment, dans le secteur des transports. Nous ne savions pas comment nous réussirions à revenir de Lyon à Genève, pour la dernière étape de ce voyage. Finalement, nous avons éprouvé plus d’inquiétude que d’inconvénients, puisque nous avons pris le train régional qui assure la liaison entre Lyon et Genève, au jour et à l’heure où on l’avait prévu dans notre itinéraire original.

Le voyage continue

Tel que le philosophe Michel Onfray le souligne si bien dans sa méditation sur l’art de voyager, Théorie du voyage*, le voyage ne se termine pas au moment où on retourne dans sa région ou son pays, ni au moment où on ouvre la porte de notre domicile, qu’on ouvre les portes et fenêtres pour aérer une maison fermée depuis six semaines et qu’on reprend possession de ses biens… On gagne beaucoup à digérer les voyages que l’on fait. Lire la suite…

Le début du retour…

Avignon, dimanche après-midi, 10 octobre

C’est l’automne ici. Pas le même automne qu’au Québec, mais l’automne tout de même. Des feuilles qui jaunissent et tombent.

La semaine qui vient peut encore nous réserver des surprises. Les mouvements sociaux en France peuvent nous compliquer la vie. Mais ce n’est pas à nous de s’en plaindre… au contraire. Environ trois quarts des Français appuient ce mouvement de protestation. On composera avec la tournure des événements dans les jours à venir. Telle est la nature même des voyages : apprendre à composer avec la réalité.

Trente jours dans notre « cabane motorisée en France », c’est à la fois long et court. Notre parcours était épuisant. Nous avons appris bien des choses sur les voyages de longue durée. Entre autres, que nous devons apprendre à nous rythmer, à nous donner du temps pour digérer, se reposer, reprendre le souffle. Nous ralentissons nos activités. Nous multiplions les journées de pause.

Demain, donc, nous quitterons Avignon pour retourner à Lyon. On nous annonce de la pluie. Nous devons remettre l’auto-caravane à l’agence de location mardi matin.


Depuis quelques jours, nous avons bénéficié de journées splendides, chaudes et ensoleillées. En partant de Marseillan-Plage, où nous avions passé six jours, nous avons traversé la Camargue, en direction d’Avignon. Le lendemain, nous avons pris le train régional, pour un aller-retour d’une journée jusqu’à Marseille. Hier, nous avons visité Avignon. Aujourd’hui, nous sommes allé faire un tour dans la campagne environnante du Vaucluse, pour visiter, entre deux averses de pluie (puisque le temps a changé), le Village des Bories.

Le Village des Bories

On baigne dans l’histoire depuis le début du voyage.

À Marseille, on nous a fortement recommandé, étant donnée le temps que nous avions l’intention de passer dans cette ville, d’aller visiter le Jardin des vestiges et le Musée d’histoire de Marseille, qui lui est attenant. Diane, qui a enseigné l’anthropologie à des étudiants du Cégep pendant un tiers de siècle, était dans son élément.

Il y a 25 siècles, des Grecs venus de la Turquie d’aujourd’hui, fondaient un comptoir sur le site illustré ci-dessus, qui allait devenir la ville de Marseille avec le temps. Selon la légende, leur chef a épousé une princesse originaire du peuple qui habitait les environs. Une légende qui explique fort bien la nature de cette ville et l’image que se font les Marseillais d’eux-mêmes.

La visite de ce site nous en apprend beaucoup sur Marseille et les Marseillais. Nous avons particulièrement été impressionnés par le travail d’une jeune femme qui guidait en groupe d’enfants de six ou sept ans à travers le Musée. À ces enfants, elle expliquait les origines de « leur » ville. Elle s’adressait à eux, des enfants d’origines diverses, en leur disant constamment, « Nous, les Marseillais, nous… » Une belle leçon d’intégration.


Depuis quelques jours, nous nous répétons constamment qu’il faudra revenir un jour, dans quelques années, dans cette grande région.

Il y a tant à voir et le temps que nous avions nous a obligés à faire des choix difficiles : Nîmes, Aix-en-Provence, ou Avignon? Comment véritablement connaître une ville lorsqu’on n’a qu’une journée pour l’explorer? Ce qui n’empêche pas d’y faire des découvertes inattendues.

Sous le Pont d’Avignon
Nous avons vraiment aimé traverser la Camargue. Hier, à Avignon, nous avons marché sur le Pont Saint-Bénézet à Avignon et on a appris que ce n’est pas sur le pont qu’on danse, mais bien sous le pont qu’on y dansait. Le pont n’est vraiment pas assez large pour y danser une sarabande ou une farandole.
 
À suivre…

Quelques mots à la sauvette…

Marseillan-Plage, Languedoc

Le 4 octobre 2010

Que le temps passe vite. On en perd la notion du temps.

Nous voyageons depuis quatre semaines. Il ne nous reste plus qu’une dizaine de jours avant notre retour au Québec.

Je m’excuse de mon manque de constance. J’ai cessé d’afficher des notes de voyage sur ce carnet électronique parce que cela me prenait trop de temps. Le temps de télécharger les photos sur l’ordinateur dans leur état brut, de les traiter par la suite, de les télécharger sur Internet, et de les afficher ici. Puis de rédiger un texte, un texte que je trouvais trop superficiel, qui ne rendait pas justice à ce que nous ressentons en faisant ce voyage.

Il y a tellement de choses à raconter…

Par exemple, ce vieux monsieur de 90 ans rencontré sur un quai à Bordeaux, qui nous a parlé de ce que Bordeaux avait l’air il y a un demi-siècle et plus. On pouvait imaginer, en regardant ses yeux pendant qu’il nous décrivait ces lieux où il a vécu et travaillé toute sa vie, à quoi pouvait ressembler le port de Bordeaux, et ces demeures somptueuses de la grande bourgeoisie des négociants vinicoles qui a régné si longtemps sur la ville.

Sur les traces de nos lointains ancêtres, à l’entrée du Musée national de la préhistoire

Aussi cette visite très émouvante et inspirante au Musée national de la préhistoire à Les-Eysies-de-Tayac : dire que l’humain, nos ancêtres à tous, habite le territoire que nous visitons depuis 40 000 ans et plus.

Sous un abri de pierre à Les-Eysies-de-Tayac,
à l’extérieur du Musée national de la préhistoire

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Figeac

Nous avons été chanceux jusqu’à présent, quant à la température. Les journées ont été généralement très automnales : fraîches, voire carrément froides la nuit, se réchauffant au cours de la journée. Mais en général, le temps a été beau.

Le temps s’est couvert graduellement lorsque nous avons quitté Ambert, en direction d’Issoire.

Nous nous sommes arrêtés sur le bord de la route pour dîner, à la sortie de Parentignat, tout près d’Issoire, juste avant de rejoindre la E11/A75, la Méridienne, l’autoroute qui mène vers le Languedoc et la Méditerranée. L’avantage de voyager en motorisé, c’est qu’on peut prendre le temps de faire la sieste, le temps qu’il faut pour digérer, en s’allongeant sur un lit.

Deux heures plus tard, nous reprenions la route. À Massiac, nous avons bifurqué vers l’Ouest en empruntant la N122, en direction d’Aurillac. Le ciel devenait graduellement de plus en plus lourd. À Murat, il a commencé à pleuvoir.

J’aurais tellement voulu admirer le paysage des montagnes volcaniques de l’Auvergne, entre Ambert et Figeac. Les éléments ne me l’ont pas permis. À la station du Lioran, nous avons dû tortiller pour monter dans la montagne, où nous nous sommes retrouvés dans les nuages. Je n’ai donc pu admirer le vieux volcan du Puy Mary. Nous avons poursuivi notre route vers Aurillac, où nous avons fait le plein d’essence. Une heure et quelques minutes plus tard,  nous sommes entrés à Figeac, en fin de journée.

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Ambert

Malgré toutes les merveilles des techniques télématiques aujourd’hui, outre le fait que je n’ai pas beaucoup de temps pour afficher mes petits reportages, j’ai été incapable d’établir une communication par Internet depuis quelques jours.

Nous avons fait du chemin depuis que nous avons quitté Lyon, mardi dernier.

Notre voyage se déroule un peu comme nous l’avions prévu quant à l’itinéraire. Mais il faut parfois s’adapter.

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Lyon

La France est un pays familier pour nous Québécois, surtout pour ceux qui, comme moi, ont fait leur « cours classique » à l’adolescence. Ce n’est pas tout à fait un pays étranger. Mais cela demeure un pays étranger, de bien des points de vue, malgré toutes les affinités entre Québécois et Français.

Nous nous en rendons compte, de multiples façons, depuis trois jours que nous y séjournons.

Un guide touristique est un instrument indispensable pour quiconque veut pleinement profiter d’un voyage à l’étranger. Mais rien ne vaut le contact direct avec les gens qui habitent les pays qu’on visite. Ce sont eux qui y vivent quotidiennement. Ils peuvent nous apprendre bien des choses qu’on ne trouverait pas dans des livres, ou dans des pages de l’Internet.

Nous avons eu le bonheur, dès la première soirée, d’avoir été accueillie par une famille française, en fin de journée, au début du « week-end ». Nous avons passé une agréable soirée à jaser… de tout et de rien.

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